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CPE : sans l?avis des pédagogues
Le gouvernement se félicite d?avoir aboli le ?ranking? au Certificate Primary Education (CPE). Des membres de l?alliance au pouvoir ne cessent de répéter que le gouvernement a ainsi honoré l?engagement pris devant le peuple.
Deux ans après l?abolition du ?ranking? au CPE, un débat animé, passionné et souvent sectaire fait rage dans le pays au sujet de l? inclusion des langues orientales pour les besoins du ??ranking? au CPE. Car sur le fond c?est bien de ?ranking? qu? il s?agit. Which is which?
Le gouvernement se mobilise pour ?brainstorm? ( le VPM, dixit) sur la meilleure formule à adopter après qu?il eut trouvé que sa formule initiale n?était pas juste et équitable ( il n?a pas dit qui étaient les victimes de l?injustice et de l?inequité). Après avoir mobilisé tant de ressources et tant d?énergies, le gouvernement annonce une décision qui serait plus juste, plus équitable et inattaquable en justice.
En précisant les objectifs de la nouvelle formule le gouvernement fait un aveu de taille. La prise en compte de quatre ou de cinq ou de six matières pour les besoins du ?ranking? n?est pas motivée par ce qui est pédagogiquement nécessaire et propice à l?intérêt de l?enfant mauricien et aux besoins du pays. Le brainstorming avait pour finalité la recherche d?une formule juste, equitable et juridiquement inattaquable.
Outre le fait qu? il est prétentieux de déclarer ?inattaquable? une décision politique ? car le judiciaire pourrait toujours se prononcer sur une décision de l? exécutif ? les deux autres objectifs sont des objectifs politiques et non pédagogiques. Le gouvernement voulait avant tout trouver une solution politique face aux pressions des lobbies et ce sont les seuls politiciens qui ont ?brainstorm? pour trouver la solution.
Le coefficient accordé à telle ou telle matière ou la comptabilisation de telle ou telle matière ou encore les options proposées et les retombées de ces choix sur la performance scolaire et l?éducation dans sa globalité, ne relèvent-ils pas du domaine des pédagogues ? Pourtant, personne n?a parlé au cours de la conférence de presse, des consultations avec des pédagogues ou d?études préalables sur les bienfaits ou les risques éventuels que comporte la formule ?four best out of five? ou ?four best out of six?, pour l?avenir de nos enfants. La participation du ministre des Finances à la conférence de presse ne témoigne-t-elle pas de la dimension politique qu?a voulu donner le gouvernement à l?annonce de la décision?
Un dirigeant de l?Église catholique s?est félicité à la radio d?une solution qui satisfait ?les trois parties?. On ne sait si l?Église, elle-même, est une des parties concernées, et à quel titre, mais il serait utile de savoir quelles sont ces trois parties concernées par cette question avant tout pédagogique.
Quelles sont les parties concernées par le cursus scolaire, par les besoins de nos enfants et les besoins stratégiques de notre pays en matière d?éducation dont l?apport a été sollicité dans le processus de recherche d?une ?solution? et qui sont satisfaites de la ?solution? annoncée après le brainstorming des politiciens qui nous dirigent.
Le gouvernement a jugé utile de consulter le parquet. Mais a-t-il aussi jugé utile de consulter par exemple les spécialistes du Mauritius Institute of Education pour déterminer les implications possibles de la formule proposée ? Le choix des consultations est très révélateur des objectifs prioritaires et des préoccupations réelles.
Il paraît que le Premier ministre et le vice-Premier ministre se sont partagé les tâches en ce qui concerne les négociations avec les différents ?fronts? engagés dans le débat sur le ?ranking? au CPE. Cet exercice confirme, si c?est encore nécessaire, comment toute cette affaire n?a été, dès le départ, motivée que par des considérations politiques et que l?enfant mauricien n?a servi que de ?political football?.
par Milan MEETARBHAN
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