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Coup d’essai, coup de maître
Sandrine Adam n’a pas eu de brillants résultats aux examens du Certificate of Primary Education (CPE) mais il lui a fallu une année d’étude seulement à l’Atelier du savoir, le centre d’éducation de Terre de Paix, pour qu’elle maîtrise parfaitement le créole mauricien et décroche le premier prix d’un concours national de poèmes, organisé par le National Children’s Council pour marquer le World Poetry Day.
My Dream for my country ou Mo rev pu mo pei était le thème du concours. La lauréate a concouru dans la catégorie des 13 à 15 ans. Coup d’essai, coup de maître pour cet adolescente de 13 ans.
C’est peut-être un défi qu’elle lance à la vie après avoir échoué aux examens du CPE. Mais dans ses écrits, elle parle avec un cœur plein d’innocence. Elle rêve d’un monde meilleur, d’une île Maurice où il ferait bon vivre, sans violence où les enfants sont heureux. Une île où la religion et le communalisme n’auraient pas leur place. Les méchants seraient mis au ban de la société. Tous les Mauriciens seraient fiers du quadricolore.
Le changement chez Sandrine est flagrant. Ses yeux brillent d’une lueur nouvelle : celle d’une confiance retrouvée. José, le père est étonné. “Elle écrit et peut aussi lire en créole. Ce sont des choses qu’elle ne faisait pas alors qu’elle fréquentait l’école primaire de Bambous. Elle savait ni lire ni écrire”, constate-t-il. “Tigit-tigit mo in resi.” Sandrine a aussi appris à compter en créole. L’anglais est la prochaine langue qu’elle rêve de pouvoir maîtriser..
Pour les enfants de mille races</B>
Mais même dans ses rêves les plus fous, Sandrine n’aurait pas pensé qu’elle décrocherait un prix à un concours de poèmes. Georges Legallant, le professeur de langues lui a fait confiance. C’est lui qui a choisi le groupe d’élèves qui allait travailler sur le thème arrêté. Sandrine a été la seule à pouvoir le terminer. Bien sûr, le professeur était là pour l’aider.
Les membres du jury se sont laissés séduire par le rêve de cette adolescente. Elle a reçu son prix lors d’une cérémonie au Rajiv Gandhi Science Centre. Un moment de bonheur qu’elle s’est empressée de partager avec sa mère Georgette et son père. Le trophée trône désormais sur un meuble dans le salon. Il l’incitera à écrire de nouveau.
Mo rev pu mo pei. L’adolescente a peur du monde dans lequel elle vit en ce moment, un monde où la violence et l’hypocrisie règnent au quotidien. Elle rêve que les Mauriciens se “mélangent un jour sans aucune barrière”. Un monde que les adultes doivent construire pour les enfants de demain...
LE POÈME PRIMÉ
<B>Mo rev pu mo pei</B>
Mo rev mo pei
pena kuler
ni relizyon
Kat kuler pavyon
Kole
lame dan lame.
Wi! mo reve
vyol, vyolans
sarite, droge
kuyone, asasine
finn arete
zanfan nepli maltrete
pu dormi lor lari
ros nepli poze
lor leker mama
ek lespri papa.
Mo rev mo pei
gran nwar
napli gran nwar
ipokrezi, zaluzi
finn fini
latrap lorgey
pwazon lager
antere dan profonder lamer.
Mo rev mo pei
enn pep enn sel surir
anba kat kuler nu pavyon.
Marie Sandrine Adam Mida
13 an 05 mars 2007
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