Publicité

Connaître ses limites

24 décembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ah, enfin les fêtes ! Tout le monde est d?humeur festive, dîner et cocktails s?enchaînent avec la famille, les amis et les collègues. Et surtout, tout le monde veut trinquer pour terminer l?année en beauté. Et tchin ! On boit pour le travail, la santé, les études, les amours, etc. Toutes les raisons sont bonnes pour lever son verre.

Pour beaucoup, ce serait ringard de trinquer avec du jus de fruits ou une boisson gazeuse. Donc, place à une bonne bière fraîche, un petit whisky on the rocks ou l?incontournable champagne le soir de la Saint-Sylvestre. En une soirée, ce sont ainsi plusieurs verres qui se suivent sans même que l?on s?en rende compte. À la fin, tout le monde est content. Voilà encore une bonne soirée, tout le monde rentre chez soi après une bonne cuite.

« Les fêtes de fin d?année ne doivent pas être une raison pour se saouler tous les soirs. L?alcool est avant tout une drogue et l?accoutumance peut s?installer sans compter les conséquences néfastes pour la santé », déclare le psychiatre, Charles Yip Tong. Pour beaucoup, s?amuser est égal à consommer de l?alcool de manière immodérée, que cela soit dans les réunions familiales ou en discothèque.

« Une des raisons pour lesquelles les gens consomment de l?alcool lors des fêtes c?est parce qu?avec cette boisson, les inhibitions diminuent. Il devient plus facile de parler, de danser, de faire des choses que l?on n?aurait pas faites en temps normal », explique le psychiatre. Mais un comportement immodéré peut amener à des conséquences assez graves telles que des disputes et des accidents de la route.

Il ne tient qu?à chacun de se responsabiliser pour éviter d?arriver à de telles situations. Les invités comme les hôtes peuvent s?imposer des limites et adopter de bons réflexes. Nul besoin d?accepter tous les verres qui sont offerts ou de ne boire que des boissons alcoolisées tout au long de la soirée. Alterner avec du jus ou des boissons gazeuses n?est pas une mauvaise idée.

L?hôte peut également modérer sa consommation d?alcool afin d?être suffisamment sobre pour gérer la situation. Il peut aussi prévoir des numéros de téléphone de taxis et également des couvertures et de la place pour dormir au cas où les invités ne seraient pas aptes à conduire pour rentrer chez eux.

« Un faux ami qui vous veut du mal »

Et puis, tout le monde n?est pas égal vis-à-vis de l?alcool. Chacun a ses propres susceptibilités. La même quantité d?alcool peut ne pas avoir les mêmes effets sur deux personnes dû aux facteurs biologiques. Pour Charles Yip Tong, « chaque individu est différent. Par exemple, les femmes sont de corpulence moins élevée. Pour elles, boire la même quantité qu?un homme peut les amener à avoir une plus forte concentration d?alcool dans le sang. » Donc, les femmes doivent encore plus faire attention à leur consommation d?alcool.

Prendre un verre lors de la période des fêtes fait partie des m?urs. Pas de bonne fête sans trinquer avec les proches. Mais le mot d?ordre demeure la modération puisque même si, comme le dit la chanson « boire un petit coup, c?est agréable », il ne faut pas oublier que l?alcool est « un faux ami qui vous veut du mal ». Pour Charles Yip Tong deux verres par soirée sont amplement suffisants et ce n?est pas nécessaire de se saouler à toutes les fêtes. Alors pourquoi ne pas rester suffisamment sobre pour apprécier les fêtes à leur juste valeur !

LES IDÉES REÇUES

Bien manger avant de boire peut effectivement aider à diminuer le taux d?alcool qui aurait été absorbé par l?organisme, car comme l?explique le psychiatre, Charles Yip Tong, « lorsque l?estomac contient quelque chose, cela peut diluer l?alcool ». Voilà pourquoi consommer beaucoup de liquide comme de l?eau peut aider à diluer l?alcool, et moins d?alcool est alors absorbé dans l?organisme.

Mais il n?existe aucune solution miracle pour dessoûler. Le bon vieux café a la capacité de stimuler l?organisme et peut donner la sensation d?être plus éveillé puisque l?alcool a des effets soporifiques. Mais cela n?a aucun effet sur l?alcoolémie. Et il ne sert à rien de danser, de faire du jogging, de chanter, crier ou uriner et de se dire que l?on réussira à se débarrasser de l?alcool.

Rien qu?une infime quantité de ce breuvage est éliminée par les larmes, la salive et la transpiration. « Pour une personne de taille moyenne en bonne condition physique il lui faut approximativement quatre heures pour que l?alcool soit éliminé de l?organisme », précise Charles Yip Tong. Inutile donc, de s?abreuver d?alcool en se disant qu?il existe des moyens pour dégriser et, par la suite, prendre le volant sans aucun risque. Le temps et la patience sont les seules solutions pour cuver son vin.

BOB AU VOLANT, SÉCURITÉ AU TOURNANT !

On ne cessera jamais de le dire, il ne faut pas prendre le volant après une trop grosse consommation d?alcool. Afin d?éviter tout dérapage routier, un nouveau concept a vu le jour et les Mauriciens y seront initiés jusqu?au 4 janvier. Il s?agit du fameux Bob qui a déjà fait ses preuves ailleurs. Bob est un conducteur désigné qui fait la promesse de ne pas consommer d?alcool durant toute la soirée et, par la suite, de ramener tous les autres chez eux. Selon le caporal Sergio Jogool, ce concept ne pourra pas aussi bien fonctionner qu?à l?étranger où des boissons non alcoolisées sont offertes gratuitement au Bob et où les membres d?associations viennent même se mettre devant la porte pour lui offrir des cadeaux. Malheureusement, à Maurice, les moyens ne sont pas les mêmes et il n?existe pas d?associations. Chaque gérant de discothèque récompense le Bob comme il le peut. Pour Sergio Jogool, « il ne faut pas que cela se limite à la discothèque. Même lors des fêtes familiales, une personne devrait être désignée pour reconduire tout le monde chez soi. Nous voulons surtout que les gens comprennent le concept de ne pas boire lorsqu?ils prennent le volant. »

Par ailleurs, le gouvernement multiple actuellement les campagnes de sensibilisations à l?alcool au volant. Il y a par exemple, en ce moment, une campagne intitulée « L?alcool au volant : Stop ! ».

Pour rappel, si vous conduisez après avoir bu, sachez que vous n?êtes pas à l?abri des alcootests. Il y a trois façons d?évaluer le taux d?alcoolémie chez une personne. La première se fait par l?haleine dans laquelle un maximum de 23 microgrammes d?alcool par 100 ml d?air expiré est toléré. La deuxième est par le sang. Il ne faut pas qu?il contienne plus de 50 mg d?alcool par 100 ml de sang. Et la troisième est par l?urine. Un maximum de 67 mg d?alcool par 100 ml d?urine est la limite autorisée par la loi selon le caporal Sergio Jogool de la Road Safety Unit. Et depuis peu, une autre loi est entrée en vigueur, explique ce dernier. « Depuis le 7 août de cette année, ceux qui ont été interpellés au volant avec un taux d?alcoolémie deux fois supérieur à la limite autorisée verront la suspension immédiate de leur permis. »

Ces mesures sont là pour une bonne raison ; l?alcool altère la conduite et ce, de plusieurs façons d?après le caporal Sergio Jogool. Quelques exemples :

● L?alcool incite le conducteur à être plus audacieux puisque l?alcool enlève les inhibitions. Il fait donc des choses qu?il n?aurait pas osé faire.

● Le champ de vision du conducteur rétrécit et plus spécifiquement la vision latérale. Il perçoit moins les dangers et les obstacles qui peuvent se dresser sur le côté.

● Le temps de réaction de la personne augmente.

● Les réflexes de la personne diminuent.

● Les risques de somnolence augmentent même si la personne n?est pas fatiguée.

Toutes ces raisons ont conduit à 229 accidents de la route liés à la consommation d?alcool en 2006, alors qu?en 2005 ce nombre était de 216. Mais selon Sergio Jogool, ces chiffres peuvent très bien être en dessous de la réalité à cause des arrangements à l?amiable.

Publicité