Publicité
Conflit entre Soodhun et la direction de Rossana Textiles
Par
Partager cet article
Conflit entre Soodhun et la direction de Rossana Textiles
Une réunion entre la direction du groupe de textile Tara, propriétaire de Rossana Textiles, et le ministre du Travail et des relations industrielles au sujet du licenciement de 173 employés a tourné au vinaigre. Showkutally Soodhun aurait insulté Joseph Lee, Managing Director, avant de l?expulser de son bureau en le menaçant. Ce dernier exige des excuses.
Selon le ministre, il serait sorti de ses gonds lorsque Joseph Lee lui aurait reproché de se faire l?avocat de travailleurs paresseux (?you are begging for lazy workers?). Le ton était insultant, affirme Showkutally Soodhun après cette rencontre tripartite qui s?est tenue lundi. Elle avait pour objectif de définir les raisons du licenciement de 173 ouvriers mauriciens.
Hier, au cours d?une conférence de presse au siège du groupe à Plaine-Lauzun, la direction a réagi : Joseph Lee n?a jamais tenu de tels propos, assure-t-elle. A son tour, elle reproche au ministre des mots déplacés : ?Go ahead and close the whole factory ! From now on, I will scrutinize each and every of your work application?, aurait-il dit en se levant de sa chaise avant de mettre le directeur à la porte.
Le ton est monté, explique le ministre, lorsqu?il a insisté pour que les ouvriers congédiés soient indemnisés au plus vite (full compensation) et qu?ils aient la possibilité d?être exemptés des trois mois de préavis. Une insistance qu?il explique par le fait qu?il se trouve en présence de deux offres de reprise du personnel, Star Knitwear Ltd et Rashid International ayant exprimé le souhait de recruter au plus vite ces ouvriers mauriciens.
Mais la direction de Rossana Textiles dit ne pouvoir payer en une fois les trois mois de préavis, en raison de contraintes financières. Joseph Lee aurait proposé que les ouvriers continuent à travailler et que, dès qu?ils trouvent un autre emploi, ils soient libérés et payés jusqu?à cette date.
Le débat s?est corsé sur le temps de préavis que doit donner l?employeur. Joseph Lee affirme avoir invoqué la loi qui stipule que lorsqu?une entreprise de la zone franche se trouve en difficulté, il est en droit de licencier avec un préavis minimal. Showkutally Soodhun a cherché à comprendre ?pourquoi Tara congédie 173 travailleurs mauriciens pour recruter, en juin prochain, quelque 200 travailleurs étrangers.? C?est alors que le directeur de Tara aurait expliqué, affirme le ministre, que les travailleurs mauriciens sont ?paresseux?.
La direction ?traumatisée?
Soutenu par son Financial Manager, Arvind Unrodee, et son Personnel Officer, Veeman Ramiah, Joseph Lee nie avoir utilisé ces mots. ?Je n?ai jamais dit que les travailleurs sont des paresseux.? Il poursuit en disant qu?il a tout simplement déclaré au syndicaliste qu?il n?y a pas lieu de faire la ?charité?. ?I told the trade unionist that instead of begging like this let the workers work in dignity?, affirme Joseph Lee.
Lall Deonath, négociateur du syndicat des employés, qui assistait à la réunion, se déclare satisfait de l?attitude du ministre. ?Je n?ai pas apprécié lorsque le directeur de l?usine est venu dire qu?il ne faut pas demander l?aumône lors de cette négociation?, a-t-il déclaré. Selon le syndicaliste, le ministre a signifié son intention de rapporter le cas au Premier ministre, Paul Bérenger.
Les trois membres de la direction ont adressé une lettre conjointe à la presse, hier, dans laquelle ils affirment avoir été ?traumatisés? par l?attitude (outrage behaviour) et la ?déclaration irresponsable? du ministre. La direction du groupe affirme que le ministère aurait dû savoir qu?il fait tout pour sauvegarder l?emploi des quelque 1 300 employés. Après avoir consulté les actionnaires et les ?amis de la compagnie?, le groupe souligne qu?il demandera au ministre Soodhun de présenter des excuses à Joseph Lee et réclamera des garanties qu?il n?y aura aucune persécution personnelle à l?encontre de l?entreprise en ce qui concerne les permis de travail.
La décision de congédier 173 ouvriers mauriciens des unités de Goodlands et de Rose-Belle, en raison d?une baisse dans les commandes, remonte à la semaine dernière. La direction informait alors le syndicat qu?elle accorderait un préavis de trois mois aux employés renvoyés. Ce qui n?a pas plu au ministère du Travail et des relations industrielles qui estime que la direction devait l?en informer préalablement. La direction maintient pour sa part qu?elle a agi en toute bonne foi et qu?elle doit licencier en prévision de la baisse de commandes.
Implantées à Goodlands et à Rose-Belle, les deux unités de Rossana Textiles Ltd font partie du groupe Tara. Se spécialisant dans la fabrication de t-shirts, ces usines emploient environ 800 ouvriers. Le groupe Tara, qui est implanté à Maurice dans la zone franche depuis 33 ans, brasse un chiffre d?affaires de 450 millions.
Publicité
Publicité
Les plus récents