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Chirac à Madagascar

22 juillet 2005, 00:00

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Jacques Chirac a entamé hier à Majunga, dans le nord-ouest de Madagascar, une visite officielle de deux jours sur “l’Ile Rouge”, destinée à conforter des relations jadis distantes avec Marc Ravalomanana et à inciter les entreprises françaises à investir dans cet Etat de l’océan Indien, l’un des plus pauvres au monde. Le président malgache a choisi d’accueillir son homologue français à Majunga (ou Mahajanga), premier port de pêche de l’île, pour souligner l’importance de la coopération entre Madagascar et la France, son premier partenaire commercial, premier investisseur et bailleur bilatéral.

Jacques Chirac a donné hier le coup d’envoi officiel d’un projet de huit millions d’euros de l’Agence française pour le développement (AFD) pour la réhabilitation de quatre marchés de la “Cité des fleurs” et l’amélioration des infrastructures routières. Le centre hospitalier de la ville fait également l’objet d’une vaste modernisation dans le cadre d’un partenariat franco-japonais. Majunga, qui fut en 1895 la tête de pont de la conquête coloniale française, s’impose comme le pôle économique de la côte ouest de l’île de Madagascar, qui compte plus de 17 millions d’habitants (dont 25 000 Français) et dont la superficie équivaut à la France et au Benelux réunis.

Jacques Chirac est accompagné d’une quinzaine de chefs d’entreprise français, notamment Gérard Pelisson, président du Conseil des investisseurs français en Afrique et co-président du conseil de surveillance du groupe Accor. Quelque 600 entreprises françaises, notamment réunionnaises, sont présentes à Madagascar et y emploient environ 100 000 personnes.

“Madagascar est un pays qui nous semble en ce moment particulièrement exemplaire de cette politique que préconise le Nepad (Nouveau partenariat pour le développement en Afrique), c’est-à-dire une politique qui allie la volonté de construire un Etat de droit et la volonté de s’insérer dans les canaux d’une économie moderne”, souligne le porte-parole de Jacques Chirac, Jérôme Bonnafont. Plongée dans le marasme après la crise politico-militaire de 2002, l’économie de Madagascar se redresse depuis 2003 et son taux de croissance devrait se stabiliser entre 5 % et 6 % du PIB en 2005, selon le Fonds monétaire international (FMI). Des tensions sociales persistent néanmoins, avec 70% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

Madagascar vient de bénéficier d’une “bouffée d’oxygène” avec la décision du G8-Finances, le 11 juin, d’annuler la dette multilatérale de 18 pays très endettés. L’île se voit ainsi soulagée d’un fardeau de 2,5 milliards de dollars, soit près de 60 % de son PNB. “Le chemin à parcourir à Madagascar est long”, admet-on dans l’entourage de Jacques Chirac, mais Marc Ravalomanana, figure de l’industrie agroalimentaire malgache, sait qu’il peut désormais compter sur l’appui de la France, rétive à reconnaître son autorité après sa victoire sur le président sortant Didier Ratsiraka au premier tour de l’élection présidentielle du 16 décembre 2001.

Marc Ravalomanana, ancien maire d’Antananarivo, a officiellement pris ses fonctions en mai 2002. Didier Ratsiraka, l’“amiral rouge” réfugié en France en juillet 2002, a été condamné par contumace en août 2003 à dix ans de travaux forcés pour “détournement de deniers publics”. Il est accusé par la justice malgache d’avoir détourné quelque sept millions d’euros. Un mandat d’arrêt international a été lancé à son encontre. L’ex-président malgache réside aujourd’hui à Neuilly (Hauts-de-Seine).

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