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Chine : les droits de l?homme dans la Constitution

14 mars 2004, 20:00

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LE PARLEMENT chinois devait amender hier la Constitution en y inscrivant le caractère inviolable de la propriété privée et en y mentionnant pour la première fois la question des droits de l?homme. Les 3 000 délégués de l?Assemblée nationale populaire devaient aussi conclure la session annuelle de dix jours qui s?est tenue dans l?enceinte du parlement, à Pékin.

Le Premier ministre, Wen Jiabao, s?est engagé dans son discours inaugural, le 5 mars, à tenir la bride à l?économie après des années de croissance effrénée, fixant pour 2004 un objectif de 7 %, alors que la hausse du PIB a atteint 9,1 % l?an dernier.

Avertissant qu?un creusement du fossé entre des citadins plutôt fortunés et des campagnes pauvres risquait de provoquer des troubles sociaux, Wen a esquissé des mesures pour réduire la fiscalité pesant sur les paysans et pour accroître les subventions agricoles. Il s?est aussi engagé à créer neuf millions d?emplois dans les villes et à réembaucher cinq millions d?ouvriers licenciés.

Wen a tenu une conférence de presse hier à 9 heures GMT. Les sinologues étudieront de près ce qu?il a dit sur Taiwan, où une éléction présidentielle et un référendum se tiendront le 20 mars, sur fond de débat sur l?indépendance.

Un ton conciliant

Wen, qui marquera le 16 mars la première année de son entrée en fonctions, a adopté un ton plutôt conciliant envers Taiwan dans son discours d?ouverture de la session annuelle, proposant de reprendre les discussions avec l?île que Pékin considère comme une province renégate vouée à rentrer tôt ou tard dans le rang. Le Parlement doit quant à lui amender la Constitution en y inscrivant cette phrase: ?La propriété privée obtenue par des moyens légaux est inviolable?.

La Constitution, ainsi remaniée pour la quatrième fois depuis son adoption en 1982, placera la propriété privée pratiquement sur un pied d?égalité avec la propriété publique. ?L?Etat respecte et garantit les droits de l?homme?, lira-t-on aussi dans la Constitution, dont les détracteurs disent toutefois qu?elle place le pouvoir du Parti au-dessus de tout le reste et voient dans un tel amendement une manoeuvre pour consolider un peu plus l?emprise du PC sur la société et pour maintenir la stabilité sociale.

Par ailleurs, Jiang Zemin, qui s?est retiré de la présidence de la Chine en mars 2003 et de la direction du Parti en novembre 2002, entrera dans le panthéon du socialisme chinois avec son principe des ?Trois représentations?, qui sera inscrit dans la Constitution. Celles-ci stipulent que le Parti communiste se bat pour le développement des forces productives, de la culture et défend les intérêts de la majorité du peuple chinois.

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