Publicité

A chaque bobo son médecin

5 juillet 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

A chaque bobo son médecin

«J e n?en peux plus de ce fichu mal de tête. J?ai beau prendre un calmant, ça recommence toujours après quelques jours », déclare Camille, 27 ans, employée de banque. Comme elle, nous sommes nombreux à nous plaindre de migraines, mais aussi d?autres bobos. Brûlures d?estomac, inflammation des sinus, démangeaisons, autant de complications de santé qui nous empoisonnent la vie au quotidien.

« Ces affections sont des problèmes communs », avance Rajendranath Goordoyal, président du Medical Council et anesthésiste. « Les migraines et les ballonnements sont des motifs fréquents de consultation. Dans certains cas, cela peut être dû au stress, alors que dans d?autres, il faut poursuivre les investigations », indique, quant à lui, Ishaq Jowahir, président de l?Association des médecins privés. Comment pallier ces maux ?

En général, la première porte à laquelle frapper est celle d?un généraliste. Mais si le mal persiste, une seule solution : voir le spécialiste ! Le généraliste pourra ainsi référer votre cas à un confrère pour vous soigner. D?ailleurs, la spécialisation en médecine ne cesse de s?étendre !

« Auparavant, un spécialiste faisait tout ! Mais aujourd?hui, nous disposons de diverses domaines de spécialisation pour traiter spécifiquement les patients », ajoute Ishaq Jowahir. Ces spécialisations se sont développées grâce aux avancées de la recherche et de la médecine de pointe. Des tests aux radiographies, en passant par les scanners, des traitements poussés ont été élaborés au fil du temps?

Et les choses ne vont pas s?arrêter là. Plusieurs experts médicaux ont lancé divers centres pour ces soins spécialisés. D?autres vont bientôt faire leur entrée sur la scène médicale, notamment l?Apollo Bramwell Hospital. Ce centre offrira des services étoffés en diabétologie, endocrinologie, pneumologie, urologie entre autres. Une clinique spécialisée des yeux privée sera également mise sur pied à Belle-Rose. Le secteur public n?est pas en reste !

Des centres spécialisés sont aussi à l?agenda. Qu?on se le dise, la médecine se met à votre service pour éradiquer ces maux ! Et pour chaque bobo, un expert sera à votre chevet.

LES BRULURES D?ESTOMAC ET LES BALLONNEMENTS

L?avis de l?expert

Brûlures, crampes, ballonnements. Ces troubles relèvent de la gastroentérologie.

Les raisons de ces affections sont multiples. « Par exemple, une alimentation épicée, pimentée et parfois très alcoolisée », explique Zouberr Joomaye (photo), spécialiste en hépato-gastroentérologie. Selon lui, les brûlures d?estomac se manifestent souvent chez une personne qui ne mange pas à des heures régulières, ne prend pas de petit-déjeuner, ne boit pas d?eau, ou encore qui suit un régime pas très équilibré.

Quand les médicaments font du mal

Les problèmes gastriques peuvent également être causés par certains anti-inflammatoires qui vont entraîner des douleurs, voire même un ulcère. Pour ce qui est des ballonnements, il s?agit d?un gonflement du ventre, essentiellement après avoir consommé un repas, et qui va durer pendant quelques heures. « Cela peut être entraîné par la prise de certaines catégories d?aliments comme le chou, le chou-fleur, le brocoli, les haricots blancs, etc. », poursuit le médecin. En général, ces troubles nécessitent une prise en charge hygiéno-diététique. S?ils persistent, le spécialiste peut poursuivre ses investigations pour diagnostiquer des pathologies sous-jacentes et les traiter.

Règle d?or : Il faut prendre trois repas par jour. Des céréales sont recommandées au petit-déjeuner et elles permettent de bien démarrer la journée.

En effet, les fibres sont une source essentielle pour une bonne alimentation. Il faut compléter cela par deux repas équilibrés et boire de l?eau en quantité suffisante.

LA PERTE DES CHEVEUX

C?est là un processus normal. « Il faut savoir que le cuir chevelu est composé de 150 000 à 100 000 cheveux. Chacun d?eux a une durée de vie de six ans.

La perte normale est évaluée à 35 à 100 tous les jours. Dès qu?un cheveu tombe, il est immédiatement remplacé. En revanche, lorsqu?on en perd plus d?une centaine et que la densité capillaire est réduite, la perte de cheveux est anormale », confie Aboo Bakar Seetal. Les causes des pertes peuvent être physiologiques.

Par exemple, à la naissance, à la suite d?une intervention chirurgicale ou d?une anémie, il est courant de perdre ses cheveux. Il faut aussi savoir que certains végétariens peuvent avoir des carences en vitamines B5, B6 et B8, qui se traduit aussi par des pertes de cheveux. Un traitement sera défini par un dermatologue pour réguler cette perte.

LA DIARRHEE ET LA CONSTIPATION

La diarrhée est souvent d?ordre viral. Elle peut être due à un virus qui traîne dans l?air ou être attrapée lors d?un voyage. « Des changements dus à des microbes vont déranger la flore intestinale », souligne Mike Sooknundun. En suivant un régime à base de sels réhydratés et en proscrivant les matières grasses et les laitages, vous pouvez vous auto-soigner. La prise d?Immodium peut aussi s?avérer efficace.

Quant à la constipation, elle traduit une carence de fibres et une déshydratation dans votre alimentation. Un généraliste pourra définir des médicaments pour le traitement. Il faut aussi rééquilibrer son hygiène de vie. Sachez enfin que certains fruits sont bénéfiques et possèdent des effets laxatifs, les pruneaux par exemple.

LES DEMANGEAISONS

S.O.S. Dermato !

Ah, ces maudites démangeaisons, ça gratouille ! Que faire pour en venir à bout ? Il faut frapper à la porte d?un dermatologue ! Selon Aboo Bakar Seetal, qui est dermatologue, les démangeaisons se manifestent de façon localisée ou généralisée. Dans la majorité des cas de démangeaisons localisées, on les ressent plus fréquemment à l?entrejambe.

Quelles sont leurs causes ?

« Dans 90 % des cas, ce sont les champignons qui les provoquent. Ils apparaissent dans cette zone car la température y est plus élevée, de même que la sudation. De plus, c?est une région plus alcaline qui peut entraîner la multiplication des champignons », indique le dermatologue. Il faut savoir que ces champignons peuvent se loger sous les ongles et que le fait de se gratter va aider à la contamination d?autres zones corporelles.

L?eczéma, maladie de la peau inflammatoire non contagieu-se, est également responsable des démangeaisons.

Lorsque ces dernières sont généralisées, par exemple, sur tout le corps, cela va provoquer un prurit.

« Ce type d?affection est dû à un parasite et peut aussi entraîner la gale », explique le spécialiste. Il faudra alors désinfecter draps et couvertures. Pour ce qui est des démangeaisons, un traitement médicamenteux très spécifique sera prescrit en fonction du diagnostic du dermatologue.

Les bons gestes : Évitez de vous gratter. Cela pourrait propager les démangeaisons. Des crèmes hydratantes les apaiseront temporairement, mais il vaut mieux consulter un spécialiste pour s?en débarrasser définitivement.

LES IRRITATIONS DES YEUX

Vite chez l?ophtalmologue !

Vous en prenez plein la vue avec ces irritations ? C?est un ophtalmologue qu?il vous faut. Les troubles les plus fréquents sont le larmoiement et les irritations. Dans le premier cas, il faut savoir que le larmoiement est une étape normale pour protéger l??il. « Mais lorsqu?il y a excès, cela peut être dû aux agressions climatiques ou à l?exposition à certains produits, comme quand on épluche les oignons », explique Satish Thacoor (photo), qui est ophtalmologue.

« D?autres agents irritants comme l?eau de Javel ou les maquillage peuvent aussi être vecteurs. Une obstruction du canal lacrymal ou une affection de la structure ou du sac lacrymal sont d?autres raisons contribuant au mal », ajoute Satish Thacoor.

Gare aux allergies

Les irritations résultent souvent d?allergies à la poussière, aux fougères qui contiennent des spores minuscules, aux poils d?animaux. Le traitement se fait à base d?antihistaminiques. Outre les allergies, les conjonctivites bactérienne et virale peuvent être sources d?irritations oculaires. Dans le premier cas, l?irritation est souvent accompagnée de pus.

« Il y aura un larmoiement et une rougeur. Cela dure quatre ou cinq jours et on prescrit du collyre antibiotique. La conjonctivite virale est plus difficile à soigner car elle dure trois à quatre semaines. Des enflures et des larmoiements extrêmes peuvent survenir », soutient le spécialiste.

Quel soin adopter ?

Les soins se font avec des antibiotiques et parfois des gouttes antivirales, des antalgiques et des anti-inflammatoires. Attention, la cornée peut aussi être touchée et la conjonctivite déboucher sur une kératite (inflammation de la cornée NdlR). D?autres anomalies sont également fréquentes. Les rougeurs des yeux indiquent parfois une petite hémorragie.

Des kystes bénins peuvent, quant à eux, se loger sur la paupière et des boutons douloureux se former. On les appelle orgelets. Cela peut se compliquer avec la formation d?un abcès. Des crèmes appropriées seront alors appliquées.

Les bons gestes : Attention aux produits que vous utilisez. Les maquillages, crèmes du visage, etc. doivent être emplo-yés avec délicatesse et ne pas pénétrer l??il. Vous pouvez aussi faire des nettoyages avec des sérums physiologiques ou du dacryo-sérum. Évitez d?appliquer des gouttes à base de cortisone car cela peut aggraver votre mal.

LES DOULEURS

Elles ont plusieurs sources. Si elles sont d?origine musculaire, il se peut qu?elles soient récurrentes après un effort physique ou à la suite d?un choc avec un objet.

En général, des anti-inflammatoires vous soulageront.

Quand faut-il voir un spécialiste ?

Si les douleurs persistent, vous pouvez avoir recours à un orthopédiste. Les douleurs articulaires, rachidiennes (relatives de la colonne vertébrale) et musculaires relèvent également du domaine du rhumatologue. Il faut savoir que les rhumatismes sont des d?affections qui ont des origines très diverses, caractérisées par une atteinte inflammatoire ou dégénérative des os et des articulations qui touchent parfois les muscles, les nerfs sensitifs ou moteurs.

« Plusieurs soins thérapeutiques sont disponibles, en fonction du diagnostic. On peut prescrire des anti-inflammatoires ou des antalgiques, et il existe une panoplie de thérapeutiques », souligne un rhumatologue. Selon les situations et les complications où par exemple, les douleurs induisent des déformations, on peut recourir à la chirurgie.

Il existe également d?autres traitements comme la physiothérapie, les infiltrations, ou encore l?acupuncture.

LES MIGRAINES

Quel est le numéro un des petits bobos quotidiens ? Sans doute la migraine ! Mais à ce mal, il y a plusieurs raisons, et qui sont du ressort de plusieurs spécialistes.

Des facteurs multiples

Les causes les plus simples sont souvent dues à l?hypertension ou à une difficulté d?acuité visuelle. Ne vous est-il jamais arrivé de souffrir de migraines atroces quand vous ne portez pas vos lunettes ? Si c?est oui, savez-vous pourquoi ? Eh bien, c?est parce que vous contraignez les muscles oculaires à travailler davantage et à cause de ces efforts, la douleur touche la tête. « Des traumatismes liés à des accidents, la sinusite, l?approche des règles peuvent également provoquer des maux de tête », affirme Mike Sooknundun.

Quel traitement, et par quel médecin ?

En principe, des anti-inflammatoires sont prescrits par un généraliste. Mais si ces produits sont inefficaces, il faut approfondir les investigations. Des radiographies seront alors effectuées pour analyser l?état des os.

Des examens sanguins peuvent aussi être recommandés. Si la migraine persiste et qu?elle est accompagnée de nausées et de vomissements, des scanners simples et par intraveineuse avec une vision contrastée permettront d?y voir plus clair et de détecter des pathologies plus prononcées comme des tumeurs, par exemple.

Si les tumeurs sont bénignes, on peut alors pratiquer une intervention.

À partir de là, cela relève de la neurochirurgie.

LA SINUSITE

Vous avez un écoulement nasal, une douleur au niveau des sinus, des poussées de fièvre ?

Cela indique peut-être que vous couvez une sinusite. Vous pouvez alors consulter un généraliste qui, dans un premier temps, prescrira des antibiotiques.

La sinusite peut être aiguë ou chronique. Dans le premier cas, cette maladie est provoquée par une infection virale, des allergies ou des abcès dentaires, tandis que dans le deuxième cas, elle est la conséquence d?épisodes infectieux pas suffisamment traités. « Si la sinusite devient chronique, il faudra effectuer une radiographie des sinus pour détecter la moindre obstruction nasale. Le cas échéant, il faudra déboucher ou pratiquer une intervention. C?est le domaine d?un oto-rhino- chirurgien. S?il y a un dépôt de pus dans le sinus maxillaire, frontal, ethmoïde et sphénoïde, il faudra procéder à un nettoyage », explique Mike Sooknundun (photo), ENT Specialist, et directeur de la clinique du Nord.

EN CHIFFRES

C?est le nombre de spécialistes enregistrés au Medical Council (MC) en 2006.Le MC a aussi recensé 820 généralistes cette année, contre 806 généralistes et 467 spécialistes en 2007.

Publicité