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Champions du développement durable

7 janvier 2005, 00:00

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Il existe au sein des participants au Community Vilaj un sentiment qu?ils sont les véritables champions du développement durable. En effet, la soixantaine de personnes regroupées dans la salle d?exposition du port franc, ont été invitées par le United

Nations Development Programme (UNDP) à échanger leurs accomplissements et mobiliser leurs ressources pour confronter les défis futurs. Leurs réalisations consistent notamment en des projets qui allègent la pauvreté dans leurs pays, tout en respectant la biodiversité naturelle. Les participants viennent de pays aussi lointains que Samoa, Fidji, Belize et Papouasie Nouvelle Guinée.

?Comme beaucoup de bonnes idées, l?idée du Community Vilaj a commencé par hasard?, explique le directeur de l?Equator Initiative du Bureau de développement des Nations unies, Sean Southey. Tout a commencé lors du World Summit à Johannesburg, en 2002. Les Nations unies avaient invité 60 personnes pour les récompenser ?des projets communautaires exceptionnels qui permettent de réduire de façon efficace la pauvreté grâce à la conservation et à l?utilisation de la biodiversité?. Ainsi rassemblés, les pionniers du développement durable ont pu partager la richesse de leurs expériences et idées. ?Si les meilleures choses sont en train de se passer au niveau local alors ces acteurs doivent contribuer au processus global?, souligne Sean Southey. Le Community Vilaj est arrivé à sa sixième édition.

Quand il évoque le niveau local, Sean Southey parle, par exemple, de la Suledo Forest Community en Tanzanie, du Locally-Managed Marine Area Network aux îles Fidji et de la Green Life Association of Amazonia au Brésil. Alors que les délégués officiels créent des documents, les participants au Community Vilaj ont adopté le développement durable comme mode de vie. Ils enverront une Déclaration communautaire à la Réunion internationale de Maurice qui sera lue, espèrent-ils, lors de la session plénière.

Ces trois jours de dialogue jouent un autre rôle important. Les invités, des gens du peuple, participeront également à la réunion. Le Vilaj est une façon pour qu?ils apprennent à se connaître et prennent confiance avant de côtoyer des chefs d?Etat et autres professionnels de la diplomatie.?C?est la première fois que des groupes locaux ont leur propre espace de dialogue et cela leur permet de s?échauffer?, précise Sean Southey.

Faciliter le partage

Le Community Vilaj compte trois objectifs principaux. Dans un premier lieu, il cherche à célébrer les succès des membres de la communauté dans la gestion du changement et la création de moyens innovants pour le développement des capacités. Ensuite, cet espace communautaire vise à faciliter le partage des connaissances entre les participants, le gouvernement et les organisations non gouvernementales et à présenter des initiatives locales à d?autres communautés pour qu?elles en profitent. Finalement, le Vilaj espère connecter les réseaux locaux qui partagent une perspective et des priorités communes. ?Il ne faut pas sous-estimer leur influence?, explique Sean Southey, ?car ils arrivent à changer les mentalités. Et si nous voulons réaliser les objectifs du millénaire, cela devra se passer au niveau local.?

Il cite l?exemple d?un participant zimbabwéen qui, lors d?un Community Mubaan en Thaïlande, avait pu rencontrer un des ministres de son pays. Community Mubaan veut dire ?un endroit où se trouve la maison?.

A leur retour au Zimbabwe, le ministre lui a demandé de commenter la loi qu?il allait proposer sur la protection de l?environnement. Le participant lui a alors envoyé six pages de recommandations qui sont devenues une partie intégrale de la loi. ?Le Vilaj permet de modifier la balance du pouvoir entre la communauté et le gouvernement. Les participants ont beaucoup plus de facilité à travailler une fois qu?ils rentrent chez eux?, estime Sean Southey.

En sus de l?espace de dialogue, le Community Vilaj inclut une Foire des innovations insulaires, où sont exposées des technologies qui concernent directement les vulnérabilités économiques et environnementales des petits Etats insulaires en développement, et un Institut @ où des cours de formation gratuits sont offerts.

Une fois la Réunion terminée, les participants au Community Vilaj rentreront chez eux pour continuer leur lutte pour le développement durable et la réduction de la pauvreté. La même chose ne peut pas toujours être dite pour les chefs d?Etat. ?La Réunion internationale est un bon début mais la société civile doit être informée pour qu?elle puisse aider à mettre en pratique le Plan d?action de la Barbade?, conclut Sean Southey.

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