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?C?est le monde à l?envers !?
<B>Comment accueillez-vous la décision du COJI malgache d?exclure le badminton aux prochains JIOI ? </B>
? Nous avons beaucoup de mal à accepter cette décision. D?autant plus que le badminton a toujours figuré au programme des Jeux des îles de l?océan Indien (JIOI). Ce avant même qu?il ne soit introduit aux Jeux Olympiques. Maintenant que cette discipline a rejoint la famille olympique, Madagascar décide de l?éliminer pour inclure la pétanque qui n?est pas une discipline olympique. C?est le monde à l?envers !
Venir dire que la Grande île n?a pas les infrastructures et les moyens financiers pour organiser la compétition en badminton sont des arguments qui ne tiennent pas debout. Le problème d?infrastructure ne se pose pas, car le badminton figurait au programme des Jeux de 1990. Pour ce qui est des contraintes financières, je pense qu?héberger une cinquantaine de plus sur 1 500 participants n?est pas la mer à boire. Seul l?achat des volants exige un investissement assez important. Le problème peut être résolu avec l?aide de la Fédération internationale et africaine de badminton. Ces instances, à travers ses sponsors, pourraient fournir une partie des volants.
Mais disons les choses telles qu?elles sont, Madagascar a fait preuve de mauvaise foi en décidant d?exclure le badminton au programme des JIOI de 2007. Les autorités malgaches savent qu?elles n?ont aucune chance de médailles dans cette discipline. Elles ont donc préféré sacrifier le badminton pour introduire la pétanque. Ce qui importe pour Madagascar c?est de gagner le plus de médailles. Cette attitude va malheureusement à l?encontre de la philosophie des JIOI qui est avant tout de regrouper les athlètes des îles en une seule famille.
<B>Que compte faire l?Association mauricienne de badminton pour contrer la décision de Madagascar ? </B>
? Nous allons nous battre jusqu?au bout. Il n?est pas question de laisser faire le COJI malgache. Nous allons voir avec le Comité national olympique mauricien et le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) s?il n?y a pas moyen de pousser la Grande île à revoir sa décision. Supprimer une discipline olympique pour faire de la place à la pétanque, je trouve cela aberrant. En ce faisant, Madagascar risque de priver les Maldives des Jeux des îles car c?est la seule discipline dans laquelle elles sont représentées. C?est un manque de respect envers ce pays.
<B>Les autres pays de la région vont-ils emboîter le pas à Maurice ? </B>
? Je ne sais encore. Mais nous avons l?intention d?entrer en contact avec les fédérations seychelloise, maldivienne et réunionnaise, pour voir dans quelle mesure on pourrait faire pression sur Madagascar pour qu?elle reconsidère sa position.
<B>Vous êtes en poste depuis presque deux mois. Avez-vous déjà défini les priorités de l?AMB ? </B>
<B>?Les autorités malgaches savant qu?elles n?ont aucune chance de médailles dans cette discipline. Elles ont donc préféré sacrifier le badminton pour introduire la pétanque.?
? Nos priorités pour l?instant sont la régionalisation et le recrutement d?un directeur technique national (DTN). En ce qui concerne la régionalisation, nous attendons que l?accord entre le MJS et celui de l?Education pour l?utilisation des gymnases des State secondary School soit finalisé. En attendant, la formation des entraîneurs, à travers le BECS, se poursuit.
Nous allons également nous concentrer sur le Mauritius Internationals et les préliminaires de la Thomas et Uber Cup qui devraient se tenir à la mi-février. Pour ce qui de la préparation des athlètes en vue de ces événements qui précéderont les Jeux du Commonwealth et les Championnats d?Afrique, nous avons négocié avec succès un stage de trois semaines au sein du centre d?entraînement de Prakash Padukon à Bangalore.
<B>Où en êtes avec le dossier DTN ? </B>
? Nous avons abordé la question avec le MJS. Ce dernier nous a fait comprendre qu?il entamera des négociations avec l?ambassade de Chine pour le recrutement d?un expert de ce pays. A notre niveau, nous essayons de voir du côté des autres pays asiatiques. Mais tout dépendra des salaires que proposera le gouvernement mauricien. Si c?est pour travailler pour 1 000 dollars américains par mois, même les Chinois refuseront l?offre. Il faudrait leur proposer au moins 2 000 dollars américains.
<B>Avez-vous déjà eu l?accord du MJS pour l?organisation des préliminaires de la Thomas & Uber Cup en terre mauricienne ? </B>
? La décision d?organiser une compétition internationale chez nous revient à la fédération. Toutefois, nous devons informer le MJS car nous avons besoin de son apport financier et logistique. Nous ne pouvions refuser l?offre de la fédération internationale car c?est une occasion en or de nous refaire une réputation auprès des instances internationales.
<B>Comment allez-vous financer l?organisation de cet événement vu qu?aucune prévision n?a été faite, à cet effet, dans le budget de l?AMB ? </B>
? Nous allons certainement frapper à la porte du MJS mais nous allons également nous tourner vers les sponsors. Quoique nous avons décidé de reporter les Internationaux de Maurice vers la même période que les prémilinaires de la Thomas & Uber Cup pour diminuer les coûts liés à l?organisation.
<B>Vous n?êtes pas sans savoir que le niveau du badminton a chuté considérablement. Avez-vous un plan pour le sortir du gouffre ? </B>
? Nous ne pouvons du jour au lendemain ramener le badminton au même niveau que dans les années 90. Il faudra un travail de longue haleine car il faut plus de temps pour se remettre d?une chute. Il faudra 3 à 4 ans minimum pour que le badminton mauricien puisse refaire surface.
Mais sans un DTN, le badminton ne pourra retourner à son plus haut niveau. Je l?ai bien fait comprendre au nouveau ministre des Sports, Sylvio Tang. Pour information, cela fait six ans que nous n?avons pas de DTN.
Et puis, il faudra créer une pépinière de qualité qui alimentera l?élite. Ce qui pourra se faire uniquement si nous avons à notre disposition les infrastructures nécessaires. D?ailleurs, nous prévoyons de créer quatre centres de formation à travers l?île qui seront attachés aux écoles de badminton de la région.
<B>Vous envisagez donc d?investir gros dans la formation des jeunes ? </B>
? Nous allons, en effet, nous concentrer davantage sur les jeunes que sur les anciens. Il nous faut songer à l?avenir. Ceux qui ont 28, 29 ou encore aujourd?hui 30 ans, vont raccrocher dans deux ou trois ans. L?ancien DTN, Venu Gopal, avec la bénédiction de l?ex-ministre des Sports, Michael Glover, avait osé sacrifier les anciens pour se concentrer sur les jeunes. Cette stratégie avait porté ses fruits avec l?émergence des joueurs tels que Martine de Souza, Eddy Clarisse ou encore Gilles Allet.
<B> ?Contrairement à l?Europe , les pays asiatiques sont beaucoup plus accessibles financièrement et (...) c?est l?Asie qui domine le badminton mondial.? </B>
<B>Depuis pratiquement cinq ans, Maurice n?a participé à aucune compétition hors Afrique, à l?exception des Jeux du Commonwealth et des Jeux Olympiques... </B>
? Le contact régulier avec le haut niveau est important. Mais nous allons surtout nous concentrer sur l?Asie. Premièrement, parce que contrairement à l?Europe, les pays asiatiques sont beaucoup plus accessibles financièrement et deuxièment parce que c?est l?Asie qui domine le badminton mondial. L?idéal serait de trouver des stages dans des pays asiatiques et de les faire coïncider avec les tournois de province.
<B>Les seniors n?ont eu qu?une compétition locale depuis le début de l?année. Y aura-t-il d?autres tournois d?ici décembre ? </B>
? Nous allons bientôt introduire un système de ranking pour les joueurs. Les compétitions suivront automatiquement.
<B>Interview réalisée par Neeta PERSAND</B>
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