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C?est le bazar au marché central

16 février 2008, 20:00

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C?est le ras-le-bol au marché central. Les maraîchers ne savent plus où donner de la tête pour travailler en paix. La raison de leur mécontentement : la présence de marchands ambulants illégaux dans les parages du bazar. Et ce, malgré un ordre de la Cour suprême leur interdisant de vendre leurs produits dans certaines rues ceinturant le marché central.

Une plate-forme anti-marchands ambulants, constituée de la Market Traders?Association (MTA), la Mauritius Auctioneers?Association, la Taxi Proprie-tors?Union et la Shop Owners? Associa-tion, avait été constituée en novembre dernier pour damer le pion aux marchands illégaux. Mais face à l?échec des autorités à faire respecter la loi, la MTA a dû instruire un procès d?outrage à la cour (contempt of court) con-tre la mairie et le commissaire de po-lice pour non respect de l?ordre de la Cour suprême. Un jugement est atten-du le 6 mars.

La situation est telle que les principales victimes, lasses de l?inaction des autorités face aux marchands illégaux, ont décidé de mener un combat sans relâche contre eux. Les associations de maraîchers, chauffeurs de taxi, et autres propriétaires de magasins de Port-Louis se sont regroupés avec Fakebusters pour entamer bientôt une campagne de sensibilisation.

« Nous allons mobiliser le maximum de personnes à notre cause. Il faut décourager le public à acheter les produits, qui vont des légumes aux objets contrefaits, à ces vendeurs qui opèrent en toute illégalité », fulmine Marcel Lapierre, de Fakebusters. Pour lui, cette situation résulte de l?incapacité de la police à agir en appliquant un ordre de la Cour suprême.

« C?est aussi cela le breakdown du Law & Order. Beaucoup de fléaux sont associés à ce phénomène qui perdure. On ne compte plus le nombre de vols à la tire perpétrés contre les passants, sans oublier le trafic de drogue qui se fait sous couvert de vente de légumes? »

« Forte ingérence » politique

Ainsi, au marché central, « sitiasion touzour parey. Boukou marsan ankor pe opere lari Arsenal ek Farquhar », s?insurge Nasser Peerally, le président de la MTA. En effet, jeudi, jour de la Saint-Valentin, à la rue Farquhar, des marchands de fruits et de légumes ont disposé leurs produits dans des boîtes en carton fixées à des brouettes.

D?autres se sont installés sous des parasols, vendant des légumes et d?autres articles susceptibles d?attirer la clientèle. « Ces commerçants opèrent en toute illégalité, alors que nous, nous payons la taxe municipale et que nous devons nous acquitter des frais mensuels pour la location des étals », confie un marchand de pommes d?amour. La situation est telle que 60 % des maraîchers disent éprouver des difficultés à entrer dans leurs frais à chaque fin de mois.

Et certains se révoltent même con-tre l?inspectorat du marché central pour son laxisme. « Je soupçonne qu?ils n?ont pas toute latitude pour agir contre les marchands ambulants. Il y a une forte ingérence politique », soutient Nasser Peerally. Les marchands ambulants se sont aussi frayé un chemin jusqu?aux abords du Central Market Sale Auction, à Pump Street, où s?effectue la vente à la criée, trois fois par semaine.

Des camions de pommes de terre

« Les marchands s?installent près des lieux et écoulent toutes sortes de produits. Ils travaillent bien sûr sans permis, alors que les encanteurs doivent suivre des règles très strictes concernant l?hygiène et la vente des marchandises », affirme Raj Sanassy, lui-même encanteur. Et de fulminer contre ces marchands qui viennent parfois avec des camions chargés de pommes de terre qu?ils revendent à des prix très bas. « Se enn sitiasion kaotik terib. Nou pa kone ki lotorite pe atann pou mett lord ladan? »

La loi, la police dit la faire respecter comme il se doit. Dans un affidavit juré le 14 janvier en réponse à la plainte de la MTA, la police nie les accusations portées contre elle et énumère les actions qui ont été prises depuis l?injonction de la Cour suprême interdisant aux marchands ambulants d?opérer dans certaines rues. Une équipe permanente de quatre agents a été mise en place au poste de police de Trou-Fanfaron pour chasser les marchands ambulants qui se trouvent à 500 mètres du marché central.

La police du marché central dénombre 644 contraventions dressées à l?encontre des marchands l?an der-nier. Elles concernent des colporteurs opérant dans l?illégalité, et ceux qui se trouvent à moins de 500 mètres du marché central.

De plus, une autre équipe policière a été mandatée pour traquer ceux qui travaillent à proximité de la vente à la criée. « Malgré les maigres effectifs, la police de Trou-Fanfaron fait tout son possible pour rendre la partie de la ville qui est sous sa juridiction libre de ce fléau. » Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.

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