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Ces touristes qui ne veulent pas bronzer idiot?

24 août 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le touriste n?est plus ce qu?il était. Il veut quelque chose de plus que les plages et le confort des hôtels. On le sait, puisque l?on offre désormais le package ?vert?. Mais il faut aller plus loin dans l?originalité de l?offre touristique. L?expérience vécue de Brad Braun et de Leslie Davis devrait provoquer une réflexion plus profonde à ce propos.

Brad et Leslie sont à Maurice depuis deux semaines. Ils viennent tous deux des Etats-Unis : Brad dirige un magasin électronique à Chicago et Leslie est comptable en Californie. Depuis leur arrivée, ils passent leur journée non pas les pieds dans le sable, mais pratiquement le nez à ras du sol. Sur le site de fouilles archéologiques de l?île de la Passe.

C?est la troisième année que Brad vient ainsi passer ses vacances. Passionné d?histoire navale, il prend grand plaisir à effectuer la mission que lui a confiée le couple Summers, Jeff et Françoise, responsable des travaux sur le site. Brad promène une ?poubelle? dans laquelle il place tout objet laissé par les soldats français, aux 18e et 19e siècles : arêtes de poisson, os de cheval et de mouton, morceaux de verre, de briques et de métal, coquillages? tout est soigneusement entreposé, en attendant d?être catalogué.

?Rester dans un hôtel sans rien faire ? Non, ce n?est pas moi, ça ! Si on m?apporte un cocktail, je vais me demander d?où vient la personne qui m?apporte le cocktail et en quoi consiste sa vie.? Brad est de ceux pour qui tout déplacement doit aussi être pédagogique. Il ne serait jamais venu à Maurice si ce n?était pour l?expérience interactive et éducative que lui fournit son ?travail?. ?Je me considère comme un historien de salon mais ce projet me permet de travailler sur une véritable expédition archéologique, sans devoir aller à l?université?, confie-t-il.

?Encyclopaedia Mauriciana?

Leslie, elle, explique qu?elle voulait nourrir sa passion pour l?histoire par ?une expérience pratique?. Les fouilles archéologiques l?intéressaient. Elle voulait aussi découvrir ?un endroit éloigné et chaud?. Maurice s?y prêtait. Le même souci d?aller au-delà de la carte postale l?habite. ?Cette expérience culturelle est fascinante. Aux Etats-Unis, nous avons une diversité semblable à celle du peuple mauricien mais là-bas, les cultures sont distinctes, séparées. Je pense que ce projet devrait cibler les étudiants car c?est à ce type d?environnement qu?on souhaiterait qu?ils soient exposés?, estime Leslie.

Elle et Brad bénéficient de la présence d?étudiants de l?université de Maurice et de celle de Kurt Springs. Celui-ci prépare un doctorat en anthropologie à l?université de Buffalo, dans l?Etat de New York. Avant eux, une équipe de six autres volontaires, venant pour la plupart de l?Amérique du Nord, avait ?uvré sur le site. Françoise Summers espèrent accueillir d?autres équipes du ?touristes? du même genre, en janvier et en août prochains.

Leslie Davis et Brad Braun ont pu tous deux participer à ce projet, organisé sous l?égide du National Heritage Trust Fund (NHTF), grâce à l?ONG Earth Watch (voir encadré). Brad a découvert l?existence de cette organisation à but non lucratif dans une revue spécialisée, et Leslie en a entendu parlé au département d?archéologie et d?anthropologie de la California State University où elle étudie l?histoire.

Philippe la Hausse de Lalouvière, ancien président du NHTF et véritable Encyclopaedia Mauriciana, ne tarit pas d?éloges sur Earth Watch. Il dit tout le bien que l?on doit à cette organisation. ?Avec les fonds que ces touristes versent à Earth Watch, elle finance des projets à travers le monde ; les touristes ont des vacances inoubliables et les projets jouissent d?une main-d??uvre supplémentaire. Enfin, le pays dans son ensemble en sort grandi !?

Voilà qui devrait convaincre les autorités à s?inspirer de tels projets insolites qui donneront un plus à l?offre touristique mauricienne.

EARTH WATCH

Une ONG d?envergure

■ ?Earth Watch? est une organisation à but non lucratif qui permet à des volontaires de participer aux 130 expéditions actuellement en cours dans 47 pays. Les volontaires versent un certain montant à ?Earth Watch? qui réinvestit cette somme dans des projets. Avec l?argent reçu, les responsables doivent couvrir les frais de logement et de nourriture des volontaires, ainsi que le financement de l?expédition. Les frais de transport, tels les billets d?avions, sont assurés séparément par les volontaires eux-mêmes. ?Earth Watch? apporte un soin particulier dans le choix de ses projets. Ceux-ci doivent être supervisés par des professionnels qui établissent des rapports détaillés sur chaque projet.

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