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Ces règles qui contrarient le commerce dans la région

16 janvier 2006, 20:00

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Les échanges intra-régionaux souffrent des barrières non tarifaires et des règles d?origine un peu trop ennuyeuses. Madan Dulloo, ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, plaide pour des normes plus flexibles afin de relancer le commerce au sein des blocs régionaux.

Le ministre intervenait hier lors d?un atelier de travail sur les règles d?origine et les non-tarif barriers (NTB) touchant au protocole commercial de la Southern African Development Community (SADC). Le séminaire, qui s?est tenu à l?hôtel Le Labourdonnais à Port Louis, était organisé par la Chambre de commerce et de l?industrie de Maurice (CCIM) conjointement avec le ministère du Commerce international.

Le protocole a vu le jour en 2000. Quatre ans après sa mise en ?uvre, la libéralisation commerciale n?a connu qu?un progrès timide. L?atelier de travail avait pour but d?identifier les obstacles non tarifaires aux échanges.

?L?expérience pratique de l?application des règles d?origine du protocole commercial démontre que celles-ci sont trop complexes et restrictives de par les normes internationales?, estime Madan Dulloo.

Il met en garde : les règles de la SADC peuvent même mettre en danger tout le processus d?intégration régionale et la compétitivité internationale. Les pays comme Maurice qui ne disposent pas de beaucoup de matières premières sont les plus désavantagés. Ils doivent importer la plupart des intrants utilisés dans les activités de transformation secondaires.

<B>Normes trop sévères, interdictions inutiles</B>

Très souvent, les règles d?origine limitent leur capacité à s?approvisionner à partir des pays tiers, même lorsqu?il s?agit de sources compétitives. Avec des normes plus flexibles, ces Etats-membres seront plus à même d?augmenter leurs bases de production et leurs capacités d?exportation.

Les barrières non tarifaires ont des effets similaires. Peu de progrès a été accompli dans ce domaine également. Ces barrières prennent plusieurs formes telles que les procédures douanières encombrantes, des permis d?importation complexes, des normes sanitaires et d?hygiène trop sévères et des interdictions d?importation inutiles.

?Il y a encore trop d?opacité autour des NTB?, déplore le ministre du Commerce international. Il attire l?attention sur de nouvelles formes de NTB qui ne tombent pas encore sous le système de commerce multilatéral. Il dénonce les grandes chaînes internationales de supermarchés et d?hypermarchés qui dictent des conditions jugées trop rigoureuses à leurs fournisseurs. Les petites et moyennes entreprises n?ont pas les moyens de suivre la cadence et sont exclues des grandes supply chain à l?échelle globale ou régionale.

Le président de la CCIM, Lloyd Coombes, a lui affirmé que le protocole commercial de la SADC offre aux entreprises mauriciennes d?énormes possibilités pour diversifier leurs marchés. Les industries domestiques peuvent également écouler une partie de leur production dans le marché régional. ?Toutefois, selon les chiffres d?exportation de la SADC, le secteur privé n?a pas fait assez pour explorer ces marchés?, affirme-t-il.

Le Dr Régine Qualmann, conseillère en politique commerciale au secrétariat de la SADC, est la principale animatrice de l?atelier de travail. ?Nous voulons à travers ce séminaire collecter suffisamment de preuves afin de justifier des changements dans les règles?, indique-t-elle.

NÉGOCIATIONS

<B>Madan Dulloo en mission à Calcutta</B>

■ Le ministre Madan Dulloo a quitté le pays hier soir pour l?Inde. Il y participe à des consultations informelles autour des négociations à l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces discussions qui se tiennent à Calcutta sont organisées par le ministère indien du Commerce et par la Federation of Indian Cham- bers of Commerce and Industry. Ces consultations permettront aux pays participants de mieux préparer leurs positions dans le cadre des prochains rendez-vous à l?OMC. Le cadre informel des discussions permet également aux pays membres d?envisager des alliances stratégiques et/ou tactiques entre eux par rapport au commerce international.

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