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Ces oiseaux qui pourraient être de mauvais augure
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Ces oiseaux qui pourraient être de mauvais augure
?Nous exerçons la plus grande vigilance au port et à l?aéroport?, répondait, il y a une quinzaine de jours, le ministre de la Santé à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l?opposition, inquiet de la reprise de la grippe aviaire en Asie du Sud-Est. Sans doute cette surveillance ne devrait-elle pas se limiter aux accès officiels. Dans les prochaines semaines, elle devrait s?étendre aux oiseaux migrateurs, qui élisent domicile tous les ans d?octobre à mars, à l?estuaire de Terre-Rouge.
Depuis que la Mongolie a enregistré 89 cadavres d?oiseaux sauvages infectés au début d?août, les migrateurs sont en effet considérés les suspects n°1 de la propagation du virus. La lente progression du virus ces derniers jours vers l?ouest de l?Europe, où des animaux domestiques ont été infectés, a achevé de convaincre l?Organisation mondiale de la santé (OMS) qu?il y a une possibilité que ces animaux transportent le H5N1, lequel a causé depuis 2003 le décès de 61 personnes et ravagé 150 millions d?oiseaux.
Or, certains de ces animaux migrateurs vont pondre dans les pays d?Europe jusqu?en août-septembre puis commencent leur migration vers les pays de l?hémisphère sud. C?est le cas par exemple du Crab Plover ou de l?Eurasian Curlew, deux visiteurs réguliers de Maurice.
Entre avril et août, ces oiseaux venant de divers endroits d?Asie et d?Europe vont pondre dans des endroits au climat tempéré, tels que le golfe d?Oman pour le premier, puis migrent vers les régions chaudes autour de septembre.
Rivaltz Chevreau, observateur de ces oiseaux depuis 15 ans, le confirme. Avec le botaniste France Staub, ils ont relevé une trentaine d?espèces différentes à l?estuaire de Terre-Rouge ainsi qu?à Rivière-Noire et au Morne ? il en existe 1800 et, s?aidant d?ouvrages de référence, ont pu identifier leur provenance: le Nord de l?Europe, de la mer caspienne, la Russie, la Mongolie, le Tibet, entre autres. ?Mais il est difficile de savoir avec précision d?où viennent ces animaux car la plupart ne portent pas de bagues?, dit-il.
Si le constat de l?OMS sur la grippe aviaire n?écarte pas les risques d?épidémie mondiale, elle n?invite pas pour autant les populations du Sud à une quelconque mesure de précaution. ?The instances in which highly pathogenic avian influenza viruses have been detected in migratory birds are likewise rare?, écrit l?OMS dans un communiqué en date du 18 août, tout en reconnaissant que les animaux peuvent porter le virus de longues distances sans développer la maladie.
Transmission directe et indirecte
Il est nécessaire d?intensifier la surveillance, insiste cependant le DrDewan Sibartie, ancien directeur des services de vétérinaire du ministère de l?Agriculture et actuellement officier respon- sable de la grippe aviaire pour le compte de l?Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Selon lui, l?estuaire de Terre-Rouge devrait être surveillé sur une base régulière. ?L?eau devrait être analysée de temps à autre, car le virus peut se transmettre par la fiente des oiseaux,? dit-il.
L?expert recommande également un contrôle dans les élevages de poulet, mesure annoncée par le ministre de la Santé. Le virus se transmet entre oiseaux sains et oiseaux contaminés principalement par contact direct. Notamment avec les sécrétions respiratoires et les déjections des animaux infectés. Mais aussi de façon indirecte par l?intermédiaire de la nourriture, de l?eau, etc. Les animaux les plus vulnérables sont le canard et le poulet.
La prévention, c?est surveiller mais aussi s?équiper en médicaments. Le gouvernement étudie la possibilité de débloquer Rs 75 millions pour l?achat de 200 000 comprimés de Tamiflu. Il faut encore que ce stock existe car l?OMS négocie toujours avec l?institut Sanofi-Pasteur pour constituer une réserve de 3 millions de doses. Le Tamiflu est le seul médicament antigrippal, selon l?OMS. Il n?existe pas encore de vaccin, bien que les recherches aient donné à ce stade des résultats très encourageants.
Aujourd?hui, des experts vétérinaires européens se réunissent pour évaluer plus précisément les risques liés à la grippe aviaire. Un dossier à suivre.
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