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Ce n?est pas du gâteau?

15 mars 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les boulangers de Rodrigues gèrent mal l?augmentation du prix du diesel et de l?électricité. L?aspect local joue nettement en leur défaveur. Ils espèrent que le gouvernement central prendra en considération leur requête sur l?étude que le Mauritius Audit Bureau entreprend sur les boulangeries. Il leur faut des facilités pour stocker la farine et les matières premières nécessaires pour donner à la clientèle, très réduite dans l?île, un produit de qualité.

A la boulangerie Dool & Co, le seul fabricant de pain à Port-Mathurin, l?analyse est claire : il devient de plus en plus coûteux de produire le pain. Abubakar Fathemamode, un des membres de cette compagnie, explique que le diesel a augmenté de 100 %. Alors qu?autrefois la compagnie dépensait environ Rs 60 000 pour l?achat de carburant, le chiffre a doublé. Il en est de même pour l?électricité. La facture est passée de Rs 20 000 à Rs 35 000, explique Abubakar Fathemamode.

Il déclare qu?à Maurice, on respecte le rumeration order pour cinq employés alors que lui, il le fait pour sept employés. L?achat de la marchandise pèse aussi dans les dépenses des boulangers locaux. Abubakar souligne qu?ils achètent de la farine en grandes quantités pour ne pas avoir à attendre l?arrivée du bateau. ?Nous le faisons pour qu?un jour les Rodriguais ne se retrouvent pas sans pain au cas où le bateau ferait du retard, mais c?est un facteur qui gonfle nos dépenses?, dit-il.

Il ajoute que la dernière augmentation du prix du pain n?a pas amélioré leur situation. Il explique que les Rodriguais consomment peu de pains, au contraire des Mauriciens. Ce qui fait que sa production pour la baguette et le pain maison est très faible. Il doit sa survie à la vente de gâteaux et aux fancy breads (pains spéciaux) pour les hôtels dont les prix ne sont pas contrôlés. Toutefois, Dool & Co n?a pas augmenté le prix des gâteaux.

Le propriétaire du Maïs Doré, Vishnu Toolcann, partage cette façon de voir les choses. Il ne produit pas le pain traditionnel, mais du fancy bread et de la pâtisserie. ?Si j?augmente les prix des gâteaux, il n?y aura pas de vente parce que les Rodriguais ne pourront pas se les payer?, dit-il. Il préfère travailler avec un manque à gagner et renvoyer quelques-uns de ses employés pour continuer à subsister.

De plus, il affirme qu?il n?ose pas augmenter les prix de ses produits parce que le pouvoir d?achat des Rodriguais est faible. Il note aussi que la facture d?électricité a considérablement augmenté.

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