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Carburant : l?essence inchangée, le litre du diesel Rs 4,06 plus cher

4 janvier 2008, 00:00

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Soulagement et grincements de dents à la fois. Les sentiments sont partagés suivant la décision du comité de l?Automatic Pricing Mechanism (APM) sur les prix des carburants pour le trimestre en cours. Le prix de l?essence reste inchangé à Rs 41,50 le litre. Par contre, le litre du diesel passe de Rs 31,55 à Rs 35,61, soit une majoration de 12,8 %. L?huile lourde se vend désormais à Rs 16,47 le litre contre Rs 13,72 précédemment. Les nouveaux prix sont techniquement en vigueur depuis minuit.

Si le diesel et l?huile lourde (utilisée dans les usines) suivent l?envolée des cours pétroliers sur le marché international, l?essence prend les prévisions à contre-pied. Ranjit Singh Soomaroah, directeur général de la State Trading Corporation (STC) explique son tour de force. Il faut remonter, dit-il, à juillet 2007 lorsque l?APM avait frappé l?essence d?une hausse de 20 % (augmentation maximale applicable selon les règles de l?APM), alors que l?augmentation du prix du produit était de l?ordre de 34,53 %.

Lors de l?exercice suivant, au mois d?octobre, les 14,53 % restant (équivalents à Rs 4,69) furent repercutés dans les nouveaux prix de vente. «Entre octobre et décembre, nous avons pu récupérer nos pertes. Nous avons aussi bénéficié d?un taux de change favorable sur les importations des produits pétroliers», soutient Ranjit Singh Soomaroah.

Il faut aussi tenir en considération les gains exceptionnels des compagnies pétrolières sur les stocks existants (des consultants indépendants ont effectué hier un inventaire des stocks dans les locaux des entreprises de distribution en gros). Tout compte fait, le prix de l?essence a connu une hausse de 0,49 %. Toutefois, selon les règlements, toute augmentation inférieure à 2,5 % doit être reportée à l?exercice suivant.

Force déstabilisatrice

Les automobilistes qui roulent au diesel n?ont pas cette chance. Les conditions du marché restent sous stress considérable. «Le marché pétrolier reste très tendu, avec les tensions politiques au Pakistan et les instabilités en Irak et au Nigeria. Les forces de l?offre et de la demande influent considérablement sur les cours avec, notamment, la forte croissance de la demande en énergie de l?Inde et de la Chine», explique le directeur général de la STC.

Le cours du brut a touché la barre des $ 100 hier à New York, dans un marché de plus en plus nerveux. L?hiver en Europe et en Amérique du Nord met davantage de pression sur les prix. Il faut ajouter à ces éléments la spéculation, qui devient une force déstabilisatrice majeure dans l?équation. Beaucoup d?investisseurs cherchent refuge dans les matières premières, dont le pétrole, en raison de la faiblesse du dollar qui est un actif sûr de placement en temps normal.

D?autre part, les problèmes de capacité de raffinage persistent. Les goulots d?étranglement dans les raffineries font monter encore les prix des produits pétroliers raffinnés tels l?essence et le diesel.

Face à ces perturbations, l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) maintient sa décision de ne pas augmenter la production. Elle estime qu?il y a suffisamment de pétrole sur le marché et que les causes des turbulences se trouvent ailleurs, notamment au niveau de la spéculation financière sur les contrats à terme des livraisons pétrolières.

L?OPEP n?est pas intéressée non plus à augmenter la fourniture dans un contexte de faiblesse du dollar, devise dans laquelle le gros des exportations pétrolières est facturé.

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