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Bêtise politicienne
« Le pays est si petit que nous ne pouvons nous payer le luxe de gaspiller nos compétences. » Profession de foi réitérée mardi dernier, à sa conférence de presse de la victoire, par le Premier ministre.
Mais pour noble que soit sa déclaration, elle a volé en éclat moinsde 24 heures plus tard avec la lettre de licenciement adressée à Soorya Gayan, directrice de l?Institut mahatma Gandhi.
La correspondance ne fait pas mention des faits reprochés à sa destinataire. La brève déclaration faite le lendemain à la presse par le ministre Dharam Gokhool nous laisse également sur notre faim.
Pour un gouvernement qui ne cesse de revendiquer une gestion transparente, ce refus d?explication ouvre la porte à diverses interprétations, les unes plus malveillantes que les autres envers le nouveau pouvoir. Notamment que le seul crime de celle qui vient d?être limogée est d?être la femme d?un adversaire politique du jour.
Soorya Gayan a passé près de trente ans au service de l?enseignement, de l?art et de la culture. Elle n?a pas attendu d?être prise pour épouse par un juriste cum politique pour se faire un nom. Son nom de jeune fille ? Nursimooloo ? s?était déjà frayé une place dans le patrimoine culturel et artistique d?une île qui continue à se chercher. Vivement que le pouvoir nous communique les raisons de ce limogeage. Sinon, il ne resterait plus qu?à désespérer de la bêtise politicienne, toutes tendances confondues. De cette bêtise qui se contente d?être entourée par des courtisans et qui prend plaisir à faire table rase de tous ceux qui osent la regarder droit dans les yeux en refusant de vivre à genoux.
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