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Béton prêt à l’emploi : Pas de contrat... en béton
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Béton prêt à l’emploi : Pas de contrat... en béton
Les compagnies qui proposent du béton prêt à l’emploi pour les toits n’offrent aucune garantie d’étanchéité. Ces compagnies arguent que le béton, de toute façon, n’est pas étanche et qu’il faut un revêtement supplémentaire sur le toit si on le veut garanti contre les effets de la pluie. Un état de fait qu’ignore bien souvent les clients de ces compagnies, qui ne savent plus à quel saint se vouer quand il se met à pleuvoir à l’intérieur de leurs maisons.
Chez Premix, une firme spécialisée dans le béton prêt à l’emploi pour les toits, on nous fait comprendre que le béton, d’après les normes, n’est pas un produit étanche. D’ailleurs, nous dit Jean-Marc Selvon, directeur des ventes de cette firme, les vendeurs recommandent en permanence à leurs clients de faire appliquer une couche supplémentaire d’un ciment particulier sur leurs toits pour assurer son étanchéité. “Même là, ajoute-t-il, les compagnies qui proposent des revêtements étanches ne donnent qu’une garantie de dix ans.”
<B>Quinze toits par jour</B>
Pour ce qui est des échantillons, Jean-Marc Selvon déclare que lorsque le béton prêt à l’emploi venait de faire son apparition à Maurice, des échantillons étaient prélevés pour chaque toit. Aujourd’hui cependant, ajoute-t-il, sa compagnie doit assurer en moyenne une quinzaine de toits par jour. Il est donc pratiquement impossible de procéder à des tests individuels. La compagnie procède alors à des vérifications de qualité sur des échantillons prélevés sur les chantiers de la compagnie eux-mêmes.
Les échantillons sont testés selon des normes très strictes en fonction du grade de béton que le client commande car le client peut, à n’importe quel moment, réclamer un échantillon pour qu’il procède à une vérification. La compagnie lui donne alors un cube de béton qu’il peut faire tester par le ministère des Infrastructures publiques ou l’université de Maurice.
Betonix, elle, avance que les garanties qu’elles proposent reposent sur deux facteurs uniquement : la résistance du béton et son épaisseur. Raj Gokhool, le Quality Assurance Manager de Betonix, affirme que si certains clients ont des problèmes avec leurs toits, c’est sans doute parce qu’il y a eu des manquements durant la construction de la maison ou au niveau du ferraillage avant le coulage du béton au niveau du toit.
Il est malheureux, dit-il, que l’entreprise spécialisée dans le béton soit le dernier à intervenir lors de la construction d’une maison car elle tombe souvent sur des maison “bien mal faites”. Il est encore plus malheureux, ajoute-t-il, qu’à Maurice, les architectes et les ingénieurs civils ne suivent pas une maison du début à la fin. “Résultat : on tombe souvent sur des maison qui comportent bien des imperfections”, dit-il.
<B>Attention aux normes</B>
Au niveau du coffrage en vue du coulage du béton, selon Raj Gokhool, les plaques sont souvent trop loin les unes des autres et la structure de fer n’est souvent pas réalisée selon les normes. Ce sont là, dit-il, les principales causes de fissure. Il ne faut pas oublier non plus, ajoute-t-il, qu’une base mal faite et mal coulée entraînera automatiquement un toit à problèmes. Il est donc impératif de rester vigilant à toutes les étapes de la construction si on veut une maison solide.
Néanmoins, l’ICP estime qu’un consommateur qui dépense jusqu’à Rs 50 000 pour une dalle devrait bénéficier d’une certaine garantie. Eu égard aux explications fournies par les “contracteurs” de béton, couler sa dalle relèverait d’un jeu de hasard. Quant à l’affirmation selon laquelle les architectes ne suivent pas la construction du début à la fin, elle ne tient pas debout. Il n’est pas donné aux particuliers qui font construire une maison aux coûts de maints sacrifices, d’avoirs recours aux services d’un architecte.
Il est par ailleurs à déplorer que les “contracteurs” ne fassent plus tester les échantillons de béton, pour cause de contrats trop nombreux. Ce faisant, ils ignorent carrément le droit du client à l’information.
L’ICP estime qu’étant donné que l’Etat accorde aux particuliers des subventions à hauteur de Rs 50 000, il incombe à celui-ci de réglementer ce secteur. L’ICP fera des représentations à ce sujet aux autorités concernées dans les jours à venir.
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