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Bérenger imprime son style : dialogue et fermeté

11 octobre 2003, 20:00

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Dans le magnifique décor du Trésor, pour sa première conférence de presse comme Premier ministre, Paul Bérenger a presque tout évoqué hier : les mesures prises dans les prisons, le cas du ressortissant Mahmotaky, la réforme à la douane, les actions syndicales au CEB et à la poste, le sort des taxis, le comité interministériel pour le métro léger, le revers juridique des Chagossiens, le village de Mare-Chicose, etc... En tout, il a commenté dix-huit sujets, selon un rigoureux ordre de priorités prédéterminé.

Depuis quelques années déjà, Paul Bérenger ne donne plus d?interviews, mais il affectionne les conférences de presse. Quand il était vice-Premier ministre, il profitait de chaque déplacement à l?étranger de sir Anerood Jugnauth pour inviter les journalistes. Paul Bérenger faisait alors ses fameux « tours d?horizon » de l?actualité, à sa guise.

À chaque PM son style

Lors de l?un d?entre eux, le Premier ministre par intérim d?alors expliquait sa démarche : « C?est chacun son style. Moi j?aime faire part de l?action gouvernementale, lui (SAJ), il travaille beaucoup plus dans la discrétion. » Ayant désormais les mains libres pour imprimer son style, Paul Bérenger promet : « Il y aura régulièrement de telles conférences de presse. Je suis pour le dialogue. »

Si Sir Anerood a orienté sa présidence sous le signe de la Jeunesse, Paul Bérenger entend, lui, placer son Prime Ministership sous celui du dialogue. C?est ainsi qu?il a lancé des appels aux syndicats, aux chauffeurs de taxi, aux membres du secteur privé pour des discussions, « dans l?intérêt du pays».

Mais dialogue rimera avec fermeté : « Il n?est pas question de laisser des protestations sectorielles nuire à l?intérêt général ». Haussant le ton, Paul Bérenger a pointé du doigt ceux dont les agissements peuvent porter atteinte à la nation arc-en-ciel. « Il faut rester vigilant et ferme vis-à-vis de ces groupuscules. »

À terme, c?est-à-dire en 2005, Paul Bérenger souhaite, ni plus ni moins, que « Maurice soit l?un des pays les mieux gérés au monde ».

La prison aura été le premier dossier ?chaud? qui a retenu l?attention du Premier ministre. Il se dit aujourd?hui satisfait du travail abattu et de la série de mesures arrêtées.

Le défi que Bérenger s?est fixé quand il était ministre des Finances tient toujours : réduire le déficit budgétaire à un taux raisonnable. Jusqu?ici, il n?y est pas parvenu. Mais il y croit encore, du moins pour l?année financière 2005-2006. Pour cela, il faut, entre autres, réduire la corruption à la douane et mettre sur pied une Revenue Authority efficiente. La contribution du secteur privé est également souhaitée. Une nouvelle formule de travail pour relancer l?économie sera mise sur pied.

L?énorme projet du métro léger

Pour mettre sur les rails l?« énorme» projet du métro léger, évoqué depuis des années comme la solution pour décongestionner l?axe Curepipe-Port-Louis, Paul Bérenger a déjà retroussé ses manches.

Il présidera un comité interministériel dont les travaux démarreront la semaine prochaine. S?il réussit là où bien d?autres (incluant lui-même) ont piétiné, ce sera l?un des défis majeurs de cette législature. Bérenger en est conscient : « Ce sera probablement le plus gros projet de l?île Maurice... »

Outre les grands chantiers, dont la cybercité, Paul Bérenger, qui a en ligne de mire les législatives de 2005, conservera quelques dossiers qu?il tient à coeur.

À l'instar des misères des habitants du village de Mare-Chicose, où se trouve le seul centre d?enfouissement du pays. « Li mette enn pression terrible lors banne habitants là-bas. Mo pou continié zoine banne représentant forces vives. » Paul Bérenger ne veut pas que ceux-là disent « Bérenger ine vine Premier ministre, li pas oulé joine nous aster».

Au pied du mur, Bérenger sait pertinemment qu?il lui faut faire ses preuves. Le chef de chantier a pris soixante-dix minutes hier pour expliciter sa démarche et ses grandes orientations. Il lui reste un peu moins de deux ans pour les concrétiser, pour passer des paroles aux actes...

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