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Bush défend sa politique en Irak
LE PRÉSIDENT George Bush s?est engagé à maintenir sa ligne en Irak en dépit d?une nouvelle flambée de violence, et il a déclaré qu?il fallait respecter l?échéance du 30 juin pour le transfert de la souveraineté aux Irakiens.
Au cours d?une conférence de presse à la Maison blanche mardi, Bush a exhorté l?imam radical chiite Moktada al Sadr à dissoudre sa milice, engagée depuis plusieurs jours dans de sanglants affrontements avec les forces américaines.
Ces dernières se sont massées mardi aux portes de la cité sainte de Nadjaf, prêtes à une possible intervention contre Sadr et sa milice, en dépit du risque de se voir accuser de profaner un lieu saint.
Promettant de maintenir les forces américaines en Irak aussi longtemps qu?il le faudra et d?accorder au Pentagone les ressources supplémentaires qu?il réclamerait, Bush a estimé que la recrudescence des violences était le fait d?extrémistes mais qu?il ne s?agissait pas d?une guerre civile ou d?un soulèvement populaire.
Le général John Abizaid, commandant des forces américaines dans la région, a déclaré lundi qu?il avait demandé deux brigades supplémentaires ? environ 10.000 hommes ? en Irak. ?Si c?est ce qu?il veut, il l?aura?, a promis Bush. Quelque 130 000 militaires américains sont actuellement déployés en Irak, sur un total de 145 000 hommes pour l?ensemble de la coalition.
Au même moment, aux Philippines, la présidente Gloria Macapagal Arroyo faisait savoir que son gouvernement envisageait de retirer ses forces de maintien de la paix et ses travailleurs humanitaires d?Irak face à la détérioration des conditions de sécurité.
Le bilan s?alourdit
Les Philippines ont envoyé l?an dernier une centaine d?hommes pour participer à la reconstrruction de l?Irak. Il y a actuellement une cinquantaine de soldats et de policiers philippins en Irak.
Les Etats-Unis ont demandé aux Philippines d?envoyer un contingent de 175 militaires en Irak. Mais à l?approche des élections du 10 mai aux Philippines, la présidente est soumise dans son pays à de fortes pressions en faveur d?un retrait.
Tentant de rassurer son opinion, Bush a assuré que le calendrier de transition en Irak était maintenu.
?Nous avons fixé l?échéance du 30 juin. Il est important que nous la respections. Peuple fier et indépendant, les Irakiens ne supportent pas une occupation illimitée, et l?Amérique non plus?, a dit le président américain.
Il n?a en revanche fixé aucun échéancier pour les forces américaines, se contentant de dire qu?elles pourraient devoir rester en Irak encore un certain temps ?aussi longtemps que nécessaire, et pas un jour de plus. Le peuple irakien a besoin de nous là-bas pour sa sécurité.?
Bush n?a donné aucune précision nouvelle sur le type de gouvernement qui prendra la relève en Irak. Il a déclaré que l?émissaire des Nations unies, Lakhdar Brahimi, se trouvait à Bagdad et s?employait ?à déterminer la forme exacte de gouvernement qui assumera la souveraineté le 30 juin?.
Sur le terrain, les autorités américaines ont fait savoir que quatre corps avaient été trouvés en Irak et qu?ils pourraient faire partie des sept civils américains disparus depuis que leur convoi a été attaqué vendredi.
Par ailleurs, l?armée américaine a annoncé que quatre Marines avaient été tués au combat lundi et mardi, ce qui porte le nombre de militaires américains tués depuis le début de la guerre à au moins 484.
Mardi, des groupes armés opposés à l?occupation de l?Irak ont relâché certains otages étrangers ? cinq Ukrainiens et trois Russes ? mais ils ont formulé de nouvelles revendications.
Prises d?otages
Des hommes armés ont exhibé quatre Italiens en demandant que Rome retire ses forces d?Irak, ce à quoi le président du Conseil Silvio Berlusconi a opposé une fin de non recevoir. Un journaliste français, Alexandre Jordanov, s?est ajouté à la liste des personnes prises en otage. L?agence Capa a précisé qu?il avait été enlevé dimanche près de Bagdad.
Le danger est tel sur les routes que l?armée américaine a décidé de suspendre certains convois de ravitaillement.
Le général Mark Kimmitt, directeur adjoint des opérations militaires américaines en Irak, a déclaré qu?une force puissante se rassemblait devant Nadjaf, au sud de Bagdad, où Sadr se serait réfugié à proximité du principal sanctuaire.
Une rébellion des miliciens de Sadr s?est étendue ce mois-ci aux quartiers chiites de Bagdad et dans le sud de l?Irak, ouvrant un nouveau front pour les forces américaines qui combattaient déjà les sunnites à Falloudja, dans l?ouest, où la plupart des otages ont été enlevés.
A Nadjaf, un porte-parole de Sadr a prévenu que si les forces américaines entraient dans la ville, cela déclencherait des violences dans tout le pays. Mais une délégation de religieux chiites qui ont rencontré Sadr ont rapporté qu?il avait laissé entendre qu?il dissoudrait sa milice si les autorités religieuses le lui demandaient et qu?il avait nommé un émissaire chargé de négocier avec les Américains.
De nouveaux affrontements en bordure de Falloudja ont menacé la trêve dans la ville, théâtre la semaine dernière de violents affrontements entre marines américains et insurgés sunnites.
Ahmed al Ani, un responsable de l?hôpital principal de Falloudja, a déclaré qu?au cours des huit derniers jours, les combats avaient fait au moins 625 morts.
Steve Holland
DISPARUS
Découverte des cadavres de quatre Américains
Les corps non identifiés de quatre personnes qui pourraient faire partie des sept civils américains disparus lors de l?attaque de leur convoi, vendredi, ont été découverts mardi en Irak a déclaré un haut responsable américain. Le département d?Etat a dit que, bien que les identités ne soient pas confirmées, il avait contacté les familles des sept disparus qui travaillaient pour Kellog Brown & Root (KBR), filiale de la compagnie de services pétroliers Halliburton. ?Il est possible qu?ils figurent parmi les sept Américains disparus?, a déclaré un haut responsable américain sous le couvert de l?anonymat, ajoutant que l?Autorité provisoire de la coalition s?employait à les identifier. Un autre responsable, qui a requis l?anonymat, a déclaré que les quatre corps avaient été trouvés à proximité de l?endroit où un convoi de carburant a été attaqué, à Abou Graib, à l?ouest de Bagdad, et où les sept employés de KBR ont disparu. Deux soldats américains ont également disparu à la suite de cette attaque et un photographe de Reuters qui s?est rendu sur place a vu au moins neuf cadavres, en grande partie carbonisés. L?un des sept employés, Thomas Hamill, a été pris en otage et des images de lui ont été diffusées par des chaînes de télévision. Halliburton, qui a obtenu de nombreux contrats de l?armée américaine en Irak et qui, jusqu?en 2000, était dirigée par le vice-président Dick Cheney, a dit ne pas encore savoir si les quatre corps étaient ceux de certains de ses employés.
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