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<U>BP 247</U>

15 juin 2004, 20:00

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<B>La taxe aux touristes : une mesure légitime</B>

Je voudrais partager avec les lecteurs de l?express mes commentaires quant aux réactions qu?a pu susciter la nouvelle taxe imposée aux touristes. S?il est vrai que le secteur touristique arrive à créer l?emploi, ce n?est certes pas cette taxe qui va mettre un frein à son développement. La nouvelle taxe est minime par rapport à l?investissement fait par l?Etat pour l?amélioration des services et facilités à l?aéroport, les concessions accordées aux opérateurs et chauffeurs de taxi sur l?achat des véhicules de luxe pour le transport des touristes et la visite de l?île, la formation du personnel, la police du tourisme, les facilités que reçoivent les opérateurs touristiques à travers la MTPA et Air Mauritius, l?embellissement des régions côtières, les eaux usées, les routes, etc.

Les hôteliers devront plutôt revoir l?emploi des étrangers et le marketing de leurs établissements. Ces deux postes de dépenses doivent peser lourd dans les coûts d?opération en raison des salaires et bénéfices princiers que reçoivent ces expatriés. Sans compter la frustration des cadres mauriciens qui ne peuvent aspirer à ces postes, alors qu?ils sont nombreux à avoir la même formation et l?expérience que leurs homologues étrangers. Cela peut aussi déboucher sur un problème social.

Pour ce qui est du marketing, les grands groupes d?hôtels ont leur propre représentation commerciale dans les grandes villes européennes et un budget supérieur à celui de la MTPA. Il est temps de revoir le concept adopté pour vendre Maurice. Aujourd?hui, on vend son hôtel avant de vendre la destination. Les décideurs devront donc trouver une formule commune et regrouper les ressources pour mieux vendre l?île et, ainsi, laisser l?Etat investir davantage dans les infrastructures d?accueil et de facilités pour le touriste aussi bien que dans la formation.

Il faut à tout prix éviter d?en arriver au même point que l?industrie sucrière, qui pendant les années de boom, n?a pas épargné pour l?avenir; c?est aujourd?hui l?Etat qui doit légiférer pour permettre un dégraissage et baisser les coûts. Les hôtels peuvent diminuer leurs coûts pour permettre une tarification plus honnête de leurs établissements. Ils peuvent aussi offrir des tarifs compétitifs en période creuse de manière à augmenter leur taux d?occupation. Les hôtels doivent également revoir la formule de pension, qui permettra inévitablement une diminution du gaspillage de nourriture ? et des frais relatifs. Cela aura également une influence sur la mobilité de la clientèle et sur une meilleure répartition des recettes, puisqu?elle permettra aux taxis, aux restaurants du village, aux boutiques et autres commerces de bénéficier d?une part de gâteau.

Il y a une culture touristique à développer pour permettre aux visiteurs étrangers de rencontrer les Mauriciens, qui en retour découvriront l?art du voyage. C?est à ce prix que nous permettrons à nos enfants de préserver notre sens d?accueil et de partage, qui est un élément incontournable du choix de Maurice comme destination de rêve. Nous sommes loin des Club Med des années 70 et du bronzage idiot. Les touristes ont aujourd?hui soif de savoir : ils veulent connaître l?histoire de Pierre Poivre ou de Sir Seewoosagur Ramgoolam, découvrir les maisons coloniales, savoir ce que consomme le Mauricien, assister à un mariage hindou?

Ensemble, les opérateurs touristiques et la MTPA devront mettre au point de nouvelles formules pour faire découvrir le pays. Il y a des pays qui vendent la restauration locale lors des salons touristiques; d?autres font découvrir leur culture, d?autres leur artisanat. Mais l?île Maurice a son atout, la gentillesse de son peuple. Qui peut mieux vendre son pays que le Mauricien lui-même ?

<B>Berty BARBE</B>

<B>The terrorists are winning</B>

No matter how shocking the thought, we must recognize the objective pointers to a victory of international terrorism : America will lose the war in Iraq. The ?hyper power? cannot be beaten militarily. However, like in Vietnam, it will be defeated by public opinion.

The ?majority? did not want this war. Now, it is not prepared to stomach the strong arm methods necessary to keep the peace in face of guerilla warfare. At the same time, it turns a blind eye on the atrocities, past and present, of the other side and to the duty of protection towards genocide victims. The so-called allies of America regard its hegemony as more of a threat than terrorism and they are out to ?break? it. They may have their way: realistically, there must be a possibility that America will retire behind its frontiers, licking its wounds in isolationist disgust. Unlike the rest of us, it can sustain economic isolation.

It is doubtful that Europeans have the strength and determination to pick up the burden of fighting terrorism, even though EU is currently expanding to territories uncomfortably close to the problem areas : they were incapable of sorting genocide within their own contingent. A single terrorist attack changed the course of elections in Spain.

We face the probability of several years of unspeakable chaos because of the absence of agreement as to the right pitch in this struggle. It is creating the perception to the terrorists that opinion is, directly or indirectly, on their side.

<B>Roland FAYOLLE</B>

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