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B.P. 247

29 janvier 2006, 00:00

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<B>Sens unique</B>

Monsieur le Rédacteur,

J?ai du mal à comprendre la logique de l?annulation de la circulation à sens unique entre la jonction des avenues Belle-Rose et Draper, et l?avenue Victoria, à Quatre-Bornes. La circulation y est quasiment impossible le matin. Ce tronçon est déjà trop étroit pour accueillir en même temps, les automobilistes qui s?arrêtent des deux côtés de la route pour faire descendre leurs enfants qui fréquentent le SSS Gaëtan Raynal et ceux qui doivent les doubler pour poursuivre leur itinéraire. Sans compter ceux qui débouchent à quelques mètres de l?avenue Telfair qui longe l?école du gouvernement Baichoo Madhoo.

Si cette décision contribueà alléger les effets de l?embouteillage ailleurs, elle n?a fait que déplacer le problème. Est-ce ainsi qu?on va régler les problèmes de la circulation routière ?

<B> Un automobiliste en colère</B>

<B>Portée historique</B>

Monsieur le Rédacteur,

Je sollicite l?hospitalité de vos colonnes pour faire part d?un événement strictement personnel dont je n?aurais jamais fait état s?il n?avait pas une portée pour l?histoire de l?éducation à Rodrigues.

Nous sommes en 1959. Après avoir assisté à une messe dite par Mgr Daniel Liston, celui-ci accepte de me recevoir sur l?intervention du père Maurice O?Reilly. Notre conversation s?articule autour de mon désir de me consacrer à la prêtrise. L?évêque me propose de poursuivre mes études à Maurice.

Il souligne que ce déplacement est indispensable si je veux réaliser mon projet.

Je réponds que cela est impossible vu que mes conditions modestes ne me le permettent pas. J?ajoute que même si mes parents avaient les moyens de financer mon déplacement, le problème resterait tout entier, car je ne suis pas le seul jeune dont l?avenir serait compromis en l?absence de facilités d?études au cycle secondaire.

Je lui propose alors d?étudier la possibilité de créer un collège dans l?île. Le dignitaire religieux se dit touché qu?un enfant de mon âge puisse faire une telle proposition. Les pères Ronald Gandy et O?Reilly qui assistent à la rencontre sont eux-mêmes étonnés. C?est l?époque où un jeune de mon âge n?ose jamais faire face à un évêque.

Celui-ci promet d?accéder à ma requête. Il me précise toutefois que cela va prendre du temps pour se concrétiser si jamais une étude conclut que le projet est viable.

À ce moment, il m?est difficile de dire si c?est sa promesse ou ma candeur qui m?a le plus impressionnée. Trois ans après, le collège St-Louis, aujourd?hui le Rodrigues College, était né. Je m?y suis inscrit en même temps que d?autres jeunes.

À chaque fois que je passe devant ce collège, je le contemple. J?éprouve le même sentiment que celui d?un père devant un enfant qu?il a secrètement conçu dans sa jeunesse.

<B> Melchiade Prosper</B>

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