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National Aviation Council
Plus de compagnies, moins d’ambiguïté : Les attentes pour faire décoller l’accès aérien
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National Aviation Council
Plus de compagnies, moins d’ambiguïté : Les attentes pour faire décoller l’accès aérien
Ethiopian Airlines opère des vols directs vers Plaisance depuis le 12 juillet 2026.
L’annonce de la création d’un National Aviation Council (NAC) intervient alors que Maurice cherche à renforcer ses liaisons aériennes avec le reste du monde. Umarfarooq Omarjee, directeur d’Omarjee Aviation, accueille favorablement la création de ce conseil. Mais sa priorité reste l’accès aérien. À ses yeux, les transporteurs souhaitant établir de nouvelles liaisons devraient pouvoir disposer d’un cadre leur permettant de le faire.
Cette évolution est déjà visible. Depuis la reprise du trafic après la pandémie, plusieurs compagnies ont lancé ou renforcé leurs opérations vers Maurice, notamment Air Belgium, Air India, IndiGo et Iberojet. Cette diversité pourrait aussi jouer sur le prix des billets. Le problème se pose particulièrement autour de Noël et du Nouvel An, lorsque le nombre de places disponibles diminue. Pour certains étudiants ou membres de la diaspora, le coût du voyage peut alors conduire à le reporter, voire à l’annuler.
Diversifier les dessertes
Les correspondances constituent également une piste. Dubaï avec Emirates, Istanbul avec Turkish Airlines, Addis-Abeba avec Ethiopian Airlines ou encore Abu Dhabi avec Etihad permettent de rejoindre de nombreuses destinations par l’intermédiaire de ces hubs.
Umarfarooq Omarjee rappelle qu’avant la pandémie, Maurice bénéficiait notamment de liaisons directes avec la Chine, Hong Kong, Singapour et la Malaisie. La réouverture de certaines de ces routes permettrait, selon lui, de rééquilibrer la provenance des visiteurs et de réduire la concentration sur quelques bassins touristiques.
Cette stratégie ne se ferait pas au détriment d’Air Mauritius, mais la compagnie nationale est appelée à évoluer dans un secteur plus concurrentiel. L’intérêt de l’arrivée de nouveaux transporteurs dépasse par ailleurs le seul trafic aérien. Une compagnie qui établit une liaison vers Maurice peut aussi promouvoir la destination dans son pays d’origine. «Lorsqu’une compagnie ouvre une nouvelle liaison, elle ne vend pas seulement des billets. Elle fait aussi la promotion de la destination», souligne Omarjee.
Clarifier la gouvernance
Si Umarfarooq Omarjee insiste sur l’accès aérien et la diversification des dessertes, un ancien haut cadre du secteur estime, pour sa part, que le futur NAC devra aussi examiner l’organisation institutionnelle de l’aviation mauricienne. Il souhaite notamment que soit clarifié le rôle d’Airports Holdings Ltd (AHL) dans la future architecture du secteur.
Il ne préconise pas la suppression d’AHL. Son interrogation porte plutôt sur son mandat et sa valeur ajoutée. Une holding peut, selon lui, se justifier lorsqu’elle permet de coordonner les investissements, de créer des synergies ou d’améliorer les performances de ses filiales. Encore faut-il que ses responsabilités soient clairement définies et que ses résultats puissent être évalués.
Cette clarification doit également concerner les relations entre l’État, le Department of Civil Aviation, AHL, Airports of Mauritius et Air Mauritius. Si une Civil Aviation Authority indépendante voit le jour, il faudra, selon lui, déterminer précisément qui définit la politique nationale, négocie les droits de trafic, réglemente et contrôle, conseille le gouvernement, supervise la stratégie aéroportuaire et gère les infrastructures.
Pour cet ancien responsable, une bonne gouvernance repose sur une séparation nette entre le décideur, le régulateur, l’actionnaire et l’opérateur. «AHL ne doit pas devenir un super-ministère de l’aviation», affirme-t-il, estimant que la holding ne devrait pas cumuler des fonctions relevant de l’État ou d’un futur régulateur indépendant. L’ancien cadre insiste également sur la nécessité de définir clairement les responsabilités de chaque institution.
Le même principe vaut, selon lui, pour Air Mauritius. «La compagnie évolue dans un environnement commercial et concurrentiel et sa direction doit pouvoir répondre directement de ses décisions et de ses résultats», explique-t-il. Une multiplication des niveaux entre l’État actionnaire, une éventuelle holding, le conseil d’administration et la direction pourrait, estime-t-il, rendre la responsabilité moins claire.
Reste enfin la question des compétences. La création d’une nouvelle autorité ou d’un conseil ne suffira pas si ceux qui seront chargés de les diriger ne disposent pas de l’expérience, de l’expertise et de l’indépendance nécessaires. «L’indépendance institutionnelle ne se décrète pas dans une loi. Elle se démontre par la qualité et l’indépendance de ceux qui exercent les responsabilités», affirme-t-il.
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