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Badry, Daby et Augustave votent avec le PTr/PMSD

13 juillet 2004, 20:00

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Sauvé ! Une fois de plus, la laborieuse persuasion ramgoolamienne se couronne de sursis, à défaut de réussite. A l’heure du vote sur la motion de censure d’Anerood Jugnauth, non seulement Badry et Daby votent avec le gouvernement, mais encore ce dernier reçoit le soutien inattendu de Jean-Claude Augustave, toujours brouillé avec le MMM. Mais que ce fut long ! Le vote n’intervient qu’à une heure du matin, en ce 14 juillet 1979. Score de 36 voix contre 33. Boodhoo, Gungoosingh et Beedassy font contrepoids en faveur d’une opposition mauve déjà amputée des voix de Moorba, de Harris Ramphul (passés chez les travaillistes) et de K. Coonjan (en voyage en Allemagne fédérale). Le Speaker, Ramesh Jeewoolall, vote pour le gouvernement. Applaudissements nourris dans les rangs majoritaires. Regards désapprobateurs de l’opposition en direction d’Augustave qui quitte l’hémicycle sous forte escorte policière.

Pour Ramgoolam, c’est “No Problem”! pour ne pas changer. Son gouvernement est un livre ouvert. Badry et Daby sont deux gentlemen à qui il n’a manqué que l’occasion de présenter leur défense.

Présentant sa motion de censure, Jugnauth entend donner à tous l’occasion de se positionner clairement par rapport au PTr. L’heure est venue de vérifier si Gaëtan Duval contrôle vraiment les députés PMSD. L’ensemble du gouvernement se couvre de honte. Il se laisse mener par le secteur privé. Quand tout va bien, le secteur privé se tient à carreau. Qu’on touche à son porte-monnaie et il se met à hurler comme un écorché.

Harish Boodhoo dénonce le refus de répondre à certaines questions. En vrac, il dénonce l’affaire Ruparel, les bijoux de Singhania, les achats scandaleux de pièces de rechange à la Police, l’opacité des achats de riz et de farine, les recrutements clientélistes et électoralistes à tous les niveaux, l’abus des recours aux experts anglais. Les tiroirs des bureaux de l’Hôtel du Gouvernement deviennent un cimetière des rapports marginalisés.

Bérenger se félicite de l’action des contestataires travaillistes. Il y voit émerger une aile jeune plus prometteuse que la vieille garde. La majorité change de camp mais la vieille garde se cramponne au pouvoir. Le MMM veut d’un changement de société pour un nouveau départ. Lutchmeeparsad Badry fait l’apologie de sa carrière politico-syndicale et de ses fréquentations soviétiques. On l’accuse à tort d’être un espion à la solde de Moscou et même de participer aux conseils des ministres en dissimulant un magnétophone pour enregistrer les débats. Que possède Maurice qui pourrait intéresser l’URSS ? demande-t-il. “J’ai travaillé comme batchiara au PTr mais je ne serai jamais un transfuge”. Brejnev change, Badry aussi change et accepte même de travailler avec le PMSD. Il préconise la formation d’un gouvernement d’unité nationale avec, à sa tête, un homme à poigne pour… éradiquer la corruption. “Maurice a besoin d’un Staline !” Giandeo Daby se félicite d’avoir entendu, en Badry, la voix des années 1950. Les ministres ne font rien mais sont responsables de tout.

Harold Walter dénonce les interruptions mauves : “Ce sont de petits seigneurs qui exigent qu’on se taise quand ils parlent”. L’affaire Sheik Hossen collera aux basques de Bérenger jusqu’à la fin de ses jours. Ce dernier refuse de reconnaître ses torts ni la magnanimité travailliste qui lui a épargné l’épreuve d’une motion de blâme.

Résumant les débats, Jugnauth conclut que la motion de censure n’a pas pour objectif de discréditer le gouvernement. Cela n’est plus nécessaire car le gouvernement s’est discrédité lui-même. Des réalisations passées ne peuvent en aucun cas justifier le moindre recours à la fraude et à la corruption.

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