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Avinash Ramgotee : ?Des officiers de la MCIT m?ont giflé à tour de rôle?
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Avinash Ramgotee : ?Des officiers de la MCIT m?ont giflé à tour de rôle?
C?est vers midi et demi hier qu?Avinash Ramgotee est finalement traduit en cour de Flacq. Devant le magistrat Chrishna Kumar Hurreesing, le suspect dans l?assassinat des ses voisines, Indira et Geeta Jhurry, a fait de graves allégations de bruta-lités policières sur sa personne par les hommes de la Major Crime Investigation Team (MCIT) dirigés par le surintendant de police Prem Raddhoa.
Lorsqu?il descend du véhicule policier, l?étudiant en génie électrique âgé de 22 ans semble impassible. Vêtu d?un denim gris et d?une chemise blanche à carreaux noirs, il se laisse docilement mener par les enquêteurs de la Central Criminal Investigation Division dans la salle d?audience.
Une fois dans le box des accusés, c?est d?une voix calme mais ferme qu?il dépose. Il répond sans ciller à chacune des interrogations du magistrat Hurreesing et de son avocat, Me Jim Seetaram.
D?entrée, Ramgotee réclame que l?enquête soit retirée des mains de la MCIT et placée entre celles de n?importe quelle autre unité de la police car il allègue avoir subi des brutalités policières dès la deuxième visite du responsable de l?équipe, Prem Raddhoa, et de ses hommes à l?hôpital SSRN.
?Raddhoa means tiger?
?Mo ti lor lili et mo pa ti tro okay. Bann la inn enlev mo pansemen. Enn so koleg in enfons so ledoi dan mo lestoma, enn lot inn frap moi lor mo fron kontinueleman. Zot le fer moi kose. Ler mo rest trankil, zot kontinue bat moi lor latet ek lestomac.? Il allègue aussi avoir reçu des coups sur un de ses pieds blessés qui serait encore enflé.
L?étudiant enchaîne en disant que le dernier jour de son hospitalisation l?infirmier qui devait lui enlever les points de suture a réalisé que sa plaie n?avait pas cicatrisé. Il a dû subir encore deux points de suture.
Lors de son interrogatoire au bureau de la MCIT, il allègue que 17 officiers l?ont giflé à tour de rôle pendant trois minutes pour lui faire parler. ?A chaque fois que je disais que je ne déposerai qu?en présence de mon avocat, j?étais giflé. Enn zot sef vini et dir moi : garson ler mo dir ou koze ou oblize cose. Si ou avocat vini, mo pou ferm li. Zot finn kontinue bat moi.?
Lorsqu?il s?est décidé à parler, poursuit-il, c?est là qu?il a été emmené dans un bureau où se trouvait le surintendant Raddhoa. ?Zot dir li mo pou koze aster. J?ai donné ma version et à chaque fois qu?ils n?étaient pas d?accord, j?étais giflé. Je recevais aussi des coups de rotin bazar sur la tête. Ti bann seance kalot. Mo ti pe gaign kalot en instalments.? Il allègue qu?un des membres de la MCIT s?est acharné sur lui. ?Li azir kouma enn maniaque. Li dir : avan mo al lakaz, les mo bat li de kalot.?
Ramgotee affirme aussi avoir été forcé de signer une déposition sans avoir pu la lire. Il affirme pouvoir reconnaître ceux qui l?auraient battu. Il dit s?être entendu dire ?Raddhoa means tiger? ou encore ?ici se moi ki la loi?.
Les menaces auraient succédé aux gifles. ?Ler zot fatigue bat moi, zot fer santaz. Ler mo dir mo version se la verite, zot dir zot pou met mo ser ek mo mama dan kaso.?
Ramgotee déclare avoir appris la mort de son oncle Rajesh Ramlogun dimanche de la bouche de son avocat, Me Jim Seetaram. C?est à ce moment-là qu?il a fait des allégations contre feu son oncle. ?Mo dakor mo tonton enn kriminel e ki en tan ki citoyen mo ti pou denons li, me mo kone kouma linn mor mem si mo pas finn lir rapor lotopsie. Ler mo ti lopital, MCIT inn bat moi. Li li ti bien. Mo mazine ki kantite linn gaign bate.?
Pour la sécurité et le respect des droits fondamentaux de son client, Me Seetaram a présenté une motion pour que l?enquête ne relève plus de la MCIT. Ce à quoi le magistrat Hurreesing a déclaré qu?une telle décision ne peut être prise que par le commissaire de police.
Demande de liberté sous caution
Me Seetaram a aussi demandé une suspension d?enquête car un suspect en détention policière est mort et que les enquêteurs de ce dernier sont aussi ceux de son client. Là encore, le magistrat Hurreesing a déclaré qu?il n?avait pas la juridiction voulue pour décider. C?est la même raison que le magistrat a invoqué pour rejeter la demande d?accès aux dépositions prises par la MCIT.
L?avocat a aussi demandé que les prochains interrogatoires de son client se fassent en présence d?un représentant du parquet. Le magistrat Hurreesing a répliqué qu?il n?est pas en mesure de donner des ordres au Directeur des poursuites publiques (DPP). Me Seetaram s?est donc proposé de formuler sa demande par écrit au DPP.
L?avocat de Ramgotee a souligné que son client qui a été opéré récemment n?est pas en état de rester en cellule policière et a demandé qu?il soit reconduit à l?hôpital. Le magistrat Hurreesing s?est prononcé en faveur d?un examen médical préalable.
Par ailleurs, la motion de Me Seetaram réclamant la libération sous caution de son client sera entendue le mardi 24 devant le même tribunal.
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