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Ashok Mooroteea, de la gastronomie à l?hôtellerie
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Ashok Mooroteea, de la gastronomie à l?hôtellerie
Un petit bonjour par-ci à un couple d?étrangers qui passe, une salutation par-là à un autre client, quelques indications ici et là avant d?esquisser un sourire. Grand, vêtu d?un polo et d?un pantalon ivoire, Ashok Mooroteea, 45 ans, est un directeur qui met la main à la pâte. Il occupe ce poste depuis deux ans et demi et a introduit maintes innovations, à une époque où le tourisme rodriguais connaît des turbulences. Et en bon pilote qu?il est devenu, avec ses 24 années d?expérience, Ashok Mooroteea tient la barre de son trois-étoiles, après avoir crapahuté à travers le monde de l?hôtellerie.
Pourtant, il ne pensait guère tomber dans cette marmite. Il rêvait d?être ingénieur aéronautique. Originaire de l?Espérance, à Quartier-Militaire, Ashok a grandi auprès d?un père, camionneur, d?une mère s?occupant du foyer, et de six frères et s?urs. À l?époque, la scolarité est payante et les temps sont durs. Il suit des cours à l?école ainsi qu?avec son oncle, maître d?école, qui en dispense aux garçons de la famille. Puis Ashok Mooroteea fréquente les collèges Mauritius, Impérial et Eastern.
Après le secondaire, il se renseigne pour des cours spécialisés en ingénierie aéronautique en Inde. « C?est un rêve que je caressais depuis l?enfance. J?étais curieux de savoir comment cet appareil fonctionne lorsque j?en ai vu un voler dans le ciel », indique Ashok Mooroteea. Toutefois, il se tournera vers un autre domaine ? la restauration, et s?inscrit à l?École hôtelière de Curepipe. « J?ai été sélectionné pour suivre des cours dans le cadre d?un C.A.P en cuisine. À cette période, mon père s?y opposait car il voulait que je le seconde pour les camions. Mais c?était la cuisine qui m?intéressait. Cela n?était pas bien perçu par les gens du village qui disaient que ce n?était pas un métier pour les hommes. Ils me taquinaient, mais je voulais persévérer dans cette voie », confie-t-il.
Pendant six mois, il fait sa formation ainsi qu?un stage pratique au St-Géran où il travaillera pendant un an et demi.
« C?était un nouveau monde pour moi, difficile aussi. Il y avait beaucoup à faire et moi j?étais tombé dedans par hasard », indique-t-il. Après quelque temps, Ashok Mooroteea travaille au restaurant de l?hôtel Trou-aux-Biches comme serveur. Parallèlement à ce nouveau poste, il suit des cours en bar et restauration et se démène pour conjuguer ses cours et son boulot.
Il fait neuf ans de service au sein de l?établissement, passant d?Acting Head Waiter à la gestion du restaurant. Il sera ensuite Restaurant Manager à l?hôtel Grand-Gaube pendant quatre ans. Puis, il part pendant trois mois à Lausanne, en Suisse, pour se perfectionner.
« Je crois au tourisme rodriguais »
De retour, il occupe le poste de maître d?hôtel au Canonnier avant de rejoindre la British American Tobacco (BAT) en tant que Chief Officer Catering and Welfare. Après quatre ans, il reviendra à l?hôtellerie, devenant Restaurant Manager au Berjaya avant d?occuper le poste d?Assistant Food and Beverages Manager au Grand-Gaube. Puis, Ashok Mooroteea travaille au Legends pendant deux ans. Il obtient aussi un diplôme en Hotel Management et est examinateur pour les épreuves de l?École hôtelière ainsi qu?Assessor and Moderator pour le MES, pour les cours de restauration et bar pendant plusieurs années.
En 2004, il se voit confier les rênes du Cotton Bay à Rodrigues. Comme il ne connaît pas du tout l?île, il la découvre à bord d?un ATR 42 pour faire un état des lieux de l?hôtel. « J?ai réalisé qu?il y avait un grand potentiel, mais en même temps, beaucoup de choses à faire. J?ai pris cela comme un challenge et je voulais faire bouger le service de l?hôtel », déclare-t-il. C?est ainsi qu?il devient le directeur de l?établissement. Ashok Mooroteea crée une équipe de management et chapeaute lui-même la formation des employés. Il fait aussi venir des formateurs étrangers et relance le programme culinaire en introduisant des buffets à thème chaque soir, agrémentés d?une bonne animation musicale.
Pour rehausser le service, Ashok Mooroteea introduit un centre de massage, un Kids Club, un centre de plongée avec Jacky Degremont, professionnel français, de l?équitation, ou encore des crêpes et des apéritifs gratuits pendant une heure en sus des services existants.
Comme il a appris à parler plusieurs langues sur le tas, Ashok communique aisément avec les clients étrangers et tâche de répondre au mieux à leurs attentes. « Je crois au tourisme rodriguais. C?est une destination de détente et de repos, et je pense que nous devons miser sur cela », ajoute-t-il.
Marié et père de deux filles, Ashok voit sa famille pendant les vacances scolaires. Grand amateur de football, il a joué au sein de l?équipe du collège Imperial et pour le Barcelone FC à Petit-Raffray, à Maurice.
Après avoir passé deux ans et demi à la direction du Cotton Bay, Ashok Mooroteea est plus que jamais déterminé à relever des défis : « Je ne m?attendais pas à être directeur d?un hôtel un jour. Je me voyais rester dans le F & B Management. Et voilà, c?est arrivé ! L?appétit vient en mangeant. J?entends contribuer à ce que le Cotton Bay atteigne sa vitesse de croisière, puis je m?engagerais dans d?autres challenges », souligne-t-il.
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