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Arafat, le mort virtuel

9 novembre 2004, 20:00

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La vie de Yasser Arafat, le président de l?Autorité palestinienne hospitalisé près de Paris, tenait à un fil hier soir. Son état de santé s?est aggravé dans la nuit de lundi à mardi. La mort du ?raïs?, rapportée de trois sources palestiniennes a été démentie hier après-midi par les autorités médicales françaises.

?Si le pire devait arriver, tout aura lieu à la Mouqataa. La Mouqataa est un symbole car il y a vécu?, a déclaré à Ramallah le secrétaire palestinien à la Présidence, Tayeb Abdelrahim, avec des larmes aux yeux lors d?une conférence. Un comité a été formé pour s?occuper de l?inhumation de Yasser Arafat. Pour le ministre palestinien Nabil Chaath, il est toujours en vie mais il va ?très mal?.

?Le président Arafat est dans une situation très difficile. Nous lui souhaitons un rétablissement rapide?, a déclaré en fin d?après-midi l?ancien Premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas. ?Il est mort?, avait déclaré à la mi-journée un proche du président de l?Autorité palestinienne, s?exprimant sous le sceau de l?anonymat à Paris. Prié de confirmer la mort d?Arafat, un autre responsable proche du ?raïs? avait répondu : ?Oui, il est mort. Il y aura bientôt une annonce.? Un troisième dirigeant précisait que Yasser Arafat avait succombé à la suite d?une hémorragie cérébrale qui avait débuté dans la nuit.

Des règles de succession existent pour les différents organes dont Arafat assumait la présidence : l?OLP, le Fatah ? le principal mouvement de l?OLP ? et l?Autorité palestinienne. Mahmoud Abbas, qui est le numéro deux de l?OLP, n?est pas contesté. Pour ce qui est du Fatah, l?ancienneté de Mahmoud Abbas lui assure également une légitimité. Quant à l?Autorité palestinienne, une élection présidentielle est prévue dans les 60 jours en cas de vacance du pouvoir mais, dans l?intervalle, c?est le président du Conseil législatif qui assure cette présidence.

Pour les Israéliens, la disparition de Yasser Arafat ouvrirait la voie à de nouvelles perspectives dans le processus de paix, particulièrement si de nouveaux dirigeants palestiniens, pragmatiques, entraient rapidement en scène. Arafat était considéré comme un obstacle à la conclusion d?un accord par les dirigeants de l?Etat hébreu. Toutefois, il avait une autorité indéniable et personne chez les Palestiniens n?aurait contesté un accord signé par Arafat.

Aux Etats-Unis, Yasser Arafat était parfois considéré comme un terroriste, mais les Européens, eux, s?en tenaient au fait qu?il avait été élu démocratiquement en 1996 par son peuple, qu?il était donc son représentant. Beaucoup parmi ces derniers estiment que le refus d?Arafat de désigner un successeur pourrait susciter une crise, avec des groupes extrémistes comme le Hamas et le Djihad islamique impatients de combler le vide du pouvoir.

ITINÉRAIRE

Le symbole de la lutte palestinienne

■ Né en août 1929 au Caire, Yasser Arafat rejoint à 17 ans les groupes armés palestiniens qui luttent contre la création d?un Etat juif en Palestine et participe aux combats de 1947-48 entre Juifs et Arabes, puis à la guerre de 1948 qui suit la création de l?Etat d?Israël.

Brisé par la victoire israélienne, Yasser Arafat retourne à l?université du Caire, où il étudie le génie civil et s?implique davantage dans les milieux politiques palestiniens. S?attirant le mécontentement du président égyptien, Gamal Abdel Nasser, il part au Koweït, où il crée en 1959 le mouvement Fatah pour lutter contre Israël.

En février 1969, Yasser Arafat est élu président du Comité exécutif de l?Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il se fait alors connaître sur la scène internationale par son keffieh à damiers et son treillis vert-olive. Avec son renoncement à l?option militaire et le déclenchement en 1987 de la première Intifada, qu?il inspire et contrôle, Arafat opte pour des négociations avec Israël. En 1993, il signe à la Maison-Blanche les accords d?Oslo sur l?autonomie palestinienne. En juillet 1994, Arafat effectue un retour triomphal dans les territoires palestiniens et il est élu président de l?Autorité palestinienne en 1996.

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