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Liberté de la presse

Rama Valayden : «Quand l’expression est cadenassée ou contrôlée, il n’y a pas de liberté»

2 août 2026, 14:30

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Rama Valayden : «Quand l’expression est cadenassée ou contrôlée, il n’y a pas de liberté»

Rama Valayden, «Senior Counsel».

Une menace proférée contre un journaliste dans l’exercice de ses fonctions est-elle une circonstance particulière ?

Nu bizin fer konpran ki la liberte dexpresyon li importan. Il ne faut pas oublier qu’on a eu la mort de Kistnen dans le pays. Kistnen, c’est aussi la liberté d’expression ; si une personne a des choses à dire qui dérange, on doit l’éliminer. Aujourd’hui, tout journaliste qui va dire des choses qui ne plaisent pas à X, Y ou Z pourrait être pris à partie par des nervis associés à des partis politiques, des associations socioculturelles ou d’autres organisations qui travaillent dans le noir. Nu lalwa ankor feb lor la. Des menaces comme telles ne sont pas considérées par la loi, il faut qu’il y ait une menace associée avec des conditions, du genre «si tu n’arrêtes pas d’écrire sur tel communauté ou tel sujet, on va te tuer». Cela devient alors un arrestable offence. Il faut comprendre que quand on menace une personne, on installe la peur non seulement chez la personne concernée, mais aussi dans sa famille. Dans ce cas, cette affaire peut pousser les journalistes à l’autocensure, à réfléchir 10 fois ou 100 fois avant d’écrire quoi que ce soit. Quand on a peur de dire la vérité, ça devient dangereux.

En quoi de telles menaces peuvent-elles porter atteinte à la liberté de la presse ?

Elles portent atteinte à la liberté de la presse dans le sens que la personne qui écrit ou transmet des informations va s’autocensurer. Quand l’expression est cadenassée ou contrôlée, il n’y pas de liberté. D’autre part, je pense que le journaliste en question, qui a subi les menaces, devrait être encouragé par les associations de journalistes à porter plainte à la police.

Vous avez dit que vous seriez prêt à défendre son cas «pro bono» ?

Définitivement. Il y a aussi beaucoup d’autres avocats aussi concernés que moi pour prendre cette affaire en main. Mais il faut d’abord que le journaliste porte plainte. Je tiens aussi à dire que je regrette que le policier qui était juste à côté n’ait pas pris note de cet incident. C’est un refus d’aider une personne potentiellement en danger. C’est aussi une façon de participer à l’érosion de l’État de droit. A la fin tou dimounn pou soufer.

Au-delà de cette affaire, estimez-vous que le cadre juridique mauricien est suffisant pour protéger les journalistes ? ou des réformes seraient-elles souhaitables ?

Il faut revoir le cadre juridique pour la presse. De même, il faut revoir les lois comme la criminal diffamation, le contempt of court, la diffamation au civil. Tout cela doit venir dans un cadre plus large avec une Freedom of Information Act. Cette loi va aider la presse à faire des enquêtes et à mettre au jour des affaires qui vont bénéficier au grand public.

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