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?Anou protez nou bann oter?

20 novembre 2005, 20:00

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par Aline GROËME

Et si Mahendra Gowreesoo, ministre des Arts et de la Culture avait raison ? Qu?il fallait que les auteurs deviennent des petits entrepreneurs. Combien d?entre nous prenons le temps de réfléchir au potentiel économique de la créativité ? à ce que cela contribue au produit intérieur brut.

Les musiciens, voire les comédiens parlent le mieux du dédain, de ce regard mi?condescendant, mi-amusé qui se pose sur eux quand ils disent : ?Mo pe al zoue.? Non, ces auteurs de nos enthousiasmes, ces compositeurs de nos larmes, ces interprètes de nos passions, font tout sauf jouer. Ils gagnent leur vie. Celle de leur famille. Ils participent à l?économie. Fait tourner les cabarets et les théâtres.

Une industrie. Il est temps d?accorder plus d?attention à la dimension industrielle de la culture. Celle qui remplit les ventres, fait baisser le chômage et rapporte des profits. C?est dans ce sens que nous accueillons le symposium orchestré par la Mauritius Society of Authors. Comme en plus, l?événement a le bon goût d?avoir un bon timing, nous ne pouvons qu?espérer que les discussions sous-régionales ne seront pas de vaines déclarations d?intention mais une vraie politique d?harmonisation des efforts.

Bon timing ? Surtout parce que plus la fin de l?année est proche, les jours ont des couleurs de fêtes, pour les pirates, mais surtout pour ces consommateurs (à court de cash, inconscients ou mal informés ?) qui ont recours à leurs services.

Dans ce sens, il n?est pas inintéressant de ressortir quelques définitions venues tout droit du jargon des flibustiers. Nous avons choisi pour l?occasion celle d?un article du e. Bulletin du droit d?auteur de l?Unesco pour juillet ? septembre 2005, intitulé Persistance de la piraterie : conséquences pour la créativité, la culture et le développement durable. Il est signé Darell Panethière, avocat (membre du barreau de l?Illinois et de la Cour suprême des états- Unis), ancien conseiller en chef pour la propriété intellectuelle du Sénat des états-Unis. Son étude a été rédigée à la demande du secrétariat de l?Unesco pour la 13ème session du Comité intergouvernementale du droit d?auteur.

Il n?hésite pas à y qualifier les pirates de ?criminels opérant généralement à grande échelle et de façon organisée, qui se livrent au vol des produits du talent, des compétences et des investissements d?autrui?.

À l?heure où les décideurs se penchent enfin sur la piraterie en ligne et les moyens d?y remédier, beaucoup d?entre nous ? amateurs de fichiers téléchargeables ? sont d?avis qu?ils ne commettent aucun acte répréhensible. Darell Panethière vient remettre les pendules à l?heure. ?Il est devenu courant de voir des actes de distribution non autorisée d??uvres protégées sur l?Internet (?) qualifié de ?piraterie? même en l?absence de motivation économique de la violation des droits.? L?avocat ne tergiverse pas. ?Cette qualification est appropriée. Il y a infraction aux droits de propriété intellectuelle (?) Les considérations d?intention ou de gain commercial s?appliquent généralement à la question des réparations appropriées et sont sans rapport avec la responsabilité.? à méditer.

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