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Amédée Nagapen jette l?encre à Vieux-Grand-Port
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Amédée Nagapen jette l?encre à Vieux-Grand-Port
Ce lieu, c?est avant tout l?endroit d?une bataille. Vieux-Grand-Port. Echos des canons qui ont dépassé nos frontières pour s?inscrire sur l?Arc de Triomphe à Paris. ?Seule victoire navale de Napoléon.?
Ce lieu, Vieux-Grand-Port, c?est aussi la douleur qui réunit dans une même salle, le Français Duperré et l?Anglais Willoughby qui se remettent de leurs blessures. Août 1810 est à nos portes. Maurice devient britannique.
Amédée Nagapen laisse reposer un instant les blessés pour égrener le temps d?avant leur rivalité. C?est dans le style chronologique qu?il retrace quatre siècles de peuplement. L?ouvrage s?intitule Vieux-Grand-Port, un trésor du patrimoine mauricien. Il sera en librairie à partir de demain.
Dès le préambule, l?historien pose les conditions. Amédée Nagapen entend ?rehausser l?éclat patrimonial de Vieux-Grand-Port, berceau du peuplement mauricien.? Il puise les sources historiques des périodes hollandaise, française et anglaise. Avant d?enrichir son texte grâce aux fouilles archéologiques : celles de 1997 à 2000 coïncidant avec le 400ème anniversaire de l?arrivée des Hollandais à Maurice. L?auteur a la bonne idée de publier en annexe un rapport de fouilles signé par le Dr Pieter M. Floore de Holland Archaeology and Culture History.
C?est sans détour qu?il écrit, en novembre 2000, ?Two houses are being built and during their construction some very important and unexcavated material were destroyed (?). The workers had already destroyed a large stretch of a wall (?) comparable to the Dutch and French structures within the museum premises.?
L?approche holistique de Nagapen le pousse à ressusciter des histoires oubliées. Il nous rappelle l?existence des études techniques menées à Vieux-Grand-Port en 1999, dans l?objectif d?une transformation de la baie, soit en terminal pétrolier, ou de charbon, en port de pêche ou en port de loisir.
L?historien n?occulte rien des supputations entourant la découverte d?une épave à Pointe-aux-Feuilles en 2004. Serait-ce le négrier Le Coureur ? s?interroge t-il. Il n?oublie pas non plus la pierre tombale découverte en novembre dernier sur le chantier du Hawkers? Palace à la rue La Poudrière à Port-Louis, sépulture de Gabriel Igou, curé de Notre-Dame en février 1723.
Vicaire général du diocèse de Port-Louis, Amédée Nagapen ne manque pas d?établir des parallèles entre l?histoire de l?église et celle du lieu qu?il a choisi de visiter.
Une période francilienne malaisée où nous ne manquons pas de croiser Mahé de Labourdonnais. L?une de ses premières actions sera de ?proclamer le Port-Nord-Ouest chef-lieu?. Un transfert qui ne change rien au sort des esclaves. Amédée Nagapen consacre le chapitre cinq à l?Esclavage francilien, notamment aux cruautés de la chasse aux marrons. Tâche aisée pour cet auteur primé en 2001 pour un précédent ouvrage intitulé Le Marronnage à l?Isle de France ? Ile Maurice.
* L?ouvrage sera disponible en librairie à partir de demain à Rs 275.
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