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Agalega, futur grenier de Maurice ?
ALIMENTER le marché en légumes produits en terre agaléenne. Une trentaine de planteurs des Plaines-Wilhems ont cultivé activement l?idée. Regroupés au sein de l?Agricultural Development Marketing Association (ADMA), ils ont pratiquement réuni les Rs 150 millions nécessaires et s?apprêtent à prendre le large?
Le gouvernement a donné à l?association le feu vert la semaine dernière. Elle a obtenu un terrain de 235 arpents, sous certaines conditions, et a payé le bail il y a quelques jours. Dernière étape : l?ADMA n?attend plus que le contrat de bail, qui sera sans doute émis avant la fin du mois par le ministère du Logement et des Terres.
Respect de l?environnement
Entre l?île du Sud et l?île du Nord, qui ensemble composent l?archipel d?Agalega, le c?ur des planteurs a penché pour la première. Les planteurs prévoient d?y faire pousser oignons, pommes de terre et agrumes. ?Son climat et son sol sablonneux sont idéals pour l?oignon. Les tests effectués à petite échelle ont donné de bons résultats?, se réjouit Ashok Bundhoo, président de l?ADMA.
Le projet a vu le jour en 2001. L?association a été approchée par des membres influents du gouvernement. ?Ils nous ont demandé si nous étions intéressés à mettre sur pied une plantation à Agalega. Nous n?avons pas hésité. Nous avions même demandé 1 000 arpents au départ?, raconte un des responsables de l?association.
La première des conditions du bail est le respect de l?environnement. L?ADMA devra tout mettre en place pour préserver l?écologie fragile de l?île. Une culture intensive classique sur le sol poreux de l?île du Sud peut affecter les nappes phréatiques qui ne se situent qu?à six pieds sous terre. Or, ce sont essentiellement ces nappes qui fournissent en eau les habitants de l?île.
Des consultants étrangers ont été approchés pour trouver une méthode écologiquement viable. La culture hydroponique sera tentée. ?Le système que nous avons préconisé est à l?avant-garde de ce qui se fait à Maurice. Elle est entièrement eco-friendly. Nous n?allons pas investir dans le vide?, explique Iswardeo Seetaram, membre de l?ADMA, qui a occupé dans le passé les fonctions de speaker et de ministre des Coopératives. Proche du Mouvement socialiste mauricien, il est l?un des artisans du projet.
Les planteurs sont conscients que la récolte ne sera pas pour demain. Il leur reste de grands obstacles à franchir. Il faudra faire venir des machines pour déboiser la partie de l?île à cultiver. Mais la main-d??uvre en revanche ne devrait pas manquer : l?île du Sud compte environ 150 habitants.
Le projet devrait avoir un effet favorable sur l?économie mauricienne, pensent les promoteurs. ?Si la plantation est une réussite, nous espérons pouvoir suppléer à l?importation de ces produits pendant une période donnée. Cela permettra à Maurice d?économiser des devises étrangères?, affirme l?un d?eux.
Outre le marché local, l?ADMA espère avoir pour client l?établissement hôtelier qu?IBL projette de construire sur l?île du Nord. Les 17 chalets d?Agalega Resort s?étaleront sur 25 arpents. IBL bénéficiera également d?un bail de 87 arpents qu?il utilisera pour l?aménagement de ses équipements nautiques.
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