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Actes de vandalisme au bazar central
Une vingtaine de marchands de légumes du marché central, Port-Louis, ont la désagréable surprise, à leur arrivée sur leur lieu de travail, à la fin d’avril 1981, de constater que des vandales ont saccagé leurs étals pendant la nuit. Le spectacle est, en effet, désolant : tables renversées, légumes éparpillés, un “vandalisme cyclonique”, au dire d’une des victimes. La police enquête, cherchant avant tout de savoir si elle a affaire à des vandales ou à des voleurs, ou encore à des vandales-voleurs. De mémoire de marchands de légumes, c’est la première fois depuis l’entre-deux guerres que de tels désordres ont lieu au bazar central.
Un éboueur est d’avis que cela ressemble à l’action de ceux chargés de faire respecter l’hygiène publique pour contraindre certains marchands à se débarrasser de leurs étagères aussi pourries que certains légumes et rarement nettoyées. Il n’écarte pas la possibilité que les dommages constatés puissent être dus à des légumes avariés dissimulés sous les étals. Il évoque, à ce sujet, une précédente saisie de plusieurs kilos de pommes d’amour avariées.
Le Dr K. Nundoochand, le président de la commission administrative du Port Louis – l’on sait que le Parti travailliste a choisi, après la démission collective des conseillers municipaux MMM, en décembre 1979, de remplacer les conseils municipaux démocratiquement élus par des commissions administratives nommées par le gouvernement central, fonctionnant sans opposition ni mandat électif – ainsi que les inspecteurs du marché central se réfugient dans un silence prudent, prétextant l’enquête policière en cours.
Les connaisseurs des us et coutumes de notre bazar central font état d’une polémique opposant marchands et nettoyeurs, ceux-là n’appréciant guère la manipulation maraîchère de ceux-ci, sous prétexte de nettoyage approfondi et ceux-ci ayant peu goûté les doléances maraîchères de ceux-là les concernant. Nous n’en saurons pas plus, pour ne pas changer.
Ne quittons pas, pour autant, notre bazar central sans un détour dans sa partie la plus odorante, pour ne pas dire quelque chose de plus fort, à savoir le marché aux poissons. Prenant la parole, lors de l’ouverture d’une conférence régionale sur la pêche, organisée par la FAO, le ministre de la Pêche, Iswardeo Seetaram, révèle que le Mauricien consomme en moyenne 18 kilos de poisson par an. En 1969, il n’en consommait que 7 kilos. Mais 60% de ce poisson est importé. Le poisson représente 40% des protéines animales consommées à Maurice. Ce ministre estime qu’ils sont environ 70 000 pêcheurs amateurs à Maurice.
Il est aussi question d’envoyer une délégation, dotée des pleins pouvoirs, à Agaléga et à Saint-Brandon afin de prospecter le potentiel de ces îles en ressources agricoles. On fait ressortir qu’Agaléga représente 6 000 arpents dont 5 000 peuvent être plantés de cocotiers, permettant une production de 2 000 tonnes de coprah. Il y a aussi d’intéressantes possibilités d’élevage si l’on peut régler la question du fourrage. Nous pouvons conclure que cette délégation n’est jamais allée au-delà du “Bell Buoy” car ça se saurait si le potentiel agricole d’Agaléga et de Saint-Brandon est exploité de façon optimale. L’on dit même que c’est “ène tiguitte meillère ki bannes zîles Chagos !”
Quittons à présent notre bazar central pour sympathiser avec la communauté mauricienne tamoule qui a la douleur de perdre, en cette fin d’avril 1981, un de ses membres les plus estimés et les plus respectés. Il s’agit de Soopaya Modely, plus connu comme Vâthiar Soopaya Moodaliar, et même comme Soopaya Gandhi tant il s’efforçait de calquer sa vie sur celle de Mohandass Karamchand Gandhi. Il meurt à l’âge de 79 ans, après avoir passé sa vie à enseigner la langue tamoule à plusieurs générations d’enfants et de jeunes Mauriciens. En 1920, il s’en va étudier la langue, la culture, la civilisation et les traditions religieuses tamoules à Chidambaram, en Inde. A son retour, il fera partie des membres fondateurs de la “Mauritius Hindi Hymn Society”, de la “Parama Bhakta Suguna Vilasa Bhajana Sangam”. Il sera un des promoteurs de la célébration de la fête de Govinden. Il popularisera le “Tiruvalluvar”. Il initiera, avec l’aide de Vadivel Chellen et de Nadess Valaydon Pillay, le mouvement devant permettre aux dévots et aux pèlerins tamouls de disposer d’un terrain dans les environs du temple de l’Albion Dock. Dans les années 1930, il sera en charge de l’école de la “Young Men Hindu Association”. Il sera longtemps un des speakers tamouls des MBS et de la MBC. Il est aussi connu comme peintre, poète et écrivain.
Fin avril voit aussi l’inauguration du JSS de Souillac par le swami Gambhiramandaji. Sa construction coûte une douzaine de millions. Le nom du swami Vivekananda lui est donné. Il serait intéressant de savoir si ce jubilé d’argent a été dignement célébré. Par la même occasion, on pourra vérifier ce que sont devenus les arbres plantés à l’occasion de l’inauguration de ce collège d’Etat mais pas national. Comprenne qui pourra.
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