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Abdou Soefo : “L’Ile Maurice est fin prête à abriter la table ronde sur les Comores”

25 août 2005, 00:00

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Pour Abdou Soefo, le chef de la diplomatie comorienne qui assure aussi la coordination de l’action gouvernementale, la priorité des priorités en ce moment est la réussite de la conférence des partenaires des Comores prévue le 25 novembre à Maurice.

Le rendez-vous de Port-Louis revêt pour Abdou Soefo une importance toute particulière de par ses répercussions directes sur le devenir des Comores. Lors de son récent passage dans l’île, le ministre des Relations extérieures a pris bonne note de l’entière disponibilité des autorités mauriciennes, à commencer par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à recevoir cette table ronde des bailleurs de fonds sur les Comores.

Ce déplacement lui a permis de faire part à ses hôtes de l’état d’avancement des travaux préparatoires et aux techniciens comoriens de bénéficier de l’expérience mauricienne dans un certain nombre de secteurs. “Nos voisins ont, par exemple, une longueur d’avance en matière de tourisme. Autant profiter de leurs conseils pour affiner davantage nos documents”, nous a-t-il déclaré.

Après son entrevue avec Navin Ramgoolam, Abdou Soefo, a été ensuite reçu par les deux vice-présidents chargés des Finances et des Transports dans le cadre des concertations permanentes (il parle de “complicité”) entre les deux gouvernements.

Deux points focaux sont déjà identifiés au niveau du ministère mauricien des Affaires étrangères et de celui du Tourisme pour le suivi de la conférence. Port-Louis s’est, d’après le ministre Soefo, engagé à mobiliser ses partenaires bi et multilatéraux, notamment au sein du Commonwealth, pour assurer le succès de cette “réunion de tous les espoirs” (expression d’un fonctionnaire de la présidence de la République). Le parrainage sud-africain (Thabo Mbéki co-dirigera la table ronde) est un “cachet fort” (sic) qui ne peut être que de bon augure.

Le chef de la diplomatie comorienne, interrogé sur le cumul de ses fonctions de ministre des Relations extérieures et de coordonnateur de l’action gouvernementale, a expliqué ce choix du chef de l’Etat par la particularité même du contexte.

Tous les rêves sont permis</B>

Et de rappeler les principales priorités de la feuille de route du gouvernement : réussir le programme de référence avec le Fonds monétaire international, tenir la conférence des bailleurs de fonds et organiser les prochaines présidentielles.

A ceux qui veulent brouiller l’image des Comores parce que tout simplement un de ses ressortissants serait impliqué dans les attentats terroristes de Nairobi et de Dar es-Salam en 1998, Abdou Soefo parle d’un mauvais procès, d’une lecture étriquée et rapide des réalités nationales. “Nous avons la chance d’avoir un pays pacifique où se pratique un islam tolérant, loin des extrémismes d’ailleurs”, martèle-t-il.

Au sujet de la présence très discrète des Comores dans les instances internationales, il explique cela par la situation financière difficile, actuelle, de l’archipel.“La question de la représentation est proportionnelle à la capacité du pays à faire face à ses engagements internationaux”, explique-t-il. Il entend cependant “faire quelque chose”. Avec la tenue de la table ronde de Maurice, tous les rêves sont permis, devait-il affirmer.

<B>Micro-finance : pour un service plus proche des ménages</B>

Depuis près d’une dizaine d’années, des efforts importants sont consentis dans le pays pour proposer aux populations les plus démunies, qui n’ont pas accès au circuit bancaire traditionnel, des services financiers de proximité. Si des études d’impact ne sont pas encore menées pour mesurer la place du micro-crédit et de la micro-finance aux Comores, il est cependant permis de dire que les Mutuelles de crédit (Meck) et des Sanduks ont contribué de beaucoup à la réduction de la pauvreté.

L’expérience a prouvé qu’à travers l’ouverture d’un certain nombre d’unités industrielles et de petites entreprises, mais aussi grâce au commerce informel et à la commercialisation des produits agricoles, la micro-finance a permis à de nombreux ménages de mieux subvenir à leurs besoins vitaux, d’améliorer la viabilité de l’économie domestique et de se protéger.

Si les institutions décentralisées (Mecks et Sanduks) sont vulnérables et exigent de garanties – jugées parfois draconiennes – avant d’accorder des prêts, c’est, on le comprendra, pour mieux se protéger et remplir efficacement leurs missions.

Les objectifs de l’Année internationale du micro-crédit 2005, présentés par le secrétaire général des Nations Unies, visent à “contribuer aux Objectifs de développement du millénaire (ODM), en évaluant et en favorisant la contribution du micro-crédit et de la micro-finance à la réalisation des objectifs évoqués”. L’engagement est pris d’améliorer la prise de conscience par le public et sa compréhension de la micro-finance, en définissant son rôle dans l’éradication de la pauvreté et dans la réalisation des ODM.

<B>“Intégration des populations pauvres au sein des flux économiques”</B>

Les pays qui adhèrent aux objectifs des ODM sont sommés d’assurer la promotion de systèmes financiers intégrants, en déterminant les étapes principales qu’auront à franchir les gouvernements pour stimuler des secteurs financiers intégrants et durables, créer des stratégies collectives qui favoriseront l’intégration du micro-crédit et la micro-finance au sein de leur système financier.

Enfin, l’objectif est de promouvoir un accès durable au micro-crédit en augmentant les capacités de microfinancement des fournisseurs de services, en leur donnant les moyens de se faire plus présents et plus efficaces auprès des populations pauvres. Le message principal de l’année 2005 du micro-crédit aux Comores devrait être “l’intégration des populations pauvres au sein des flux économiques, en soutenant la croissance des marchés locaux et en augmentant les opportunités économiques par la création de nouveaux emplois, de nouveaux investissements et de nouvelles infrastructures”.

Il y a quelques semaines, les membres du Comité national de micro-crédit se sont réunis pour la première fois en assemblée générale à l’hôtel Le Moroni. Présidée par Said Abdallah Cheikh, directeur de la Dette chargé des institutions financières décentralisées, cette réunion s’est penchée sur “l’élaboration et l’adoption d’un programme d’activités pour l’Année internationale de microcrédit” et “la mise en place du bureau du Comité national de micro-crédit”.

Le nouveau comité mis en place projette de mener des actions de communication et de sensibilisation, de programmer des réunions de réflexion et d’échanges en vue d’aboutir à l’élaboration de la politique nationale de micro-crédit. L’une des grandes ambitions du comité est d’abriter à Moroni une conférence internationale de micro-finance aux Comores, un projet initié par la Banque Centrale des Comores.

<B>Al WATWAN</B>

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