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Mairies dans le rouge: l’État leur demande de revoir leur stratégie
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Mairies dans le rouge: l’État leur demande de revoir leur stratégie
Mot d’ordre pour les mairies : aide-toi toi-même. Sans compter uniquement sur le secours du gouvernement central, lui-même durement – et durablement – secoué par la pandémie. Alors qu’un parfum d’élections municipales devient de plus en plus persistant dans les villes, les finances au rouge des municipalités ont poussé les autorités centrales à leur demander de «revoir leur stratégie».
Direction Beau-Bassin–Rose-Hill. Pour l’autopsie de la phase 2 de la rénovation du Plaza. Des travaux qui concernaient la salle des fêtes et le bloc administratif, «l’une des priorités de l’équipe élue à Rose-Hill en 2015», rappelle Ken Fong. Le «premier maire» des villes soeurs, comme il le rappelle, issu des urnes en juin 2015. «Nous avons fait tout notre possible pour que cela se réalise durant mon mandat.» Une rénovation financée grâce aux dotations budgétaires de l’État et d’un emprunt pris par la mairie.
Survient la crise sanitaire en mars 2020. La salle des fêtes fraîchement rénovée est noyée sous l’avalanche d’annulations de locations de l’espace, notamment pour la célébration des mariages. Beau-Bassin–Rose-Hill ne peut plus compter sur les revenus de la salle des fêtes pour rembourser son emprunt. En 2021, nouveau confinement. Avec interdiction de rassemblement d’abord de plus de dix personnes, puis de plus de 50 personnes.
«Quand le ministère de la Santé a demandé à utiliser la salle des fêtes comme centre de vaccination, la mairie dans son ensemble a souhaité participer à la campagne», poursuit l’ancien maire. Sauf que les dépenses encourues sont à la charge de la mairie. «Et si on ne met pas l’accent sur la maintenance de cette structure en bois, dans quatre-cinq ans on risque de se retrouver avec des dégradations.»
Sans les revenus de la salle des fêtes, en octobre 2020, l’exmaire de Beau-Bassin–Rose-Hill se tourne vers le ministère de tutelle pour demander que l’emprunt pris par la mairie soit rayé. «Les conseillers, tous bords politiques confondus, étaient d’accord pour que l’on fasse cette demande», affirme Ken Fong.
Sauf que le constat est sans appel. «La situation de la mairie est au rouge. L’une des raisons, c’est qu’il faut rembourser l’emprunt. Nous avons voulu savoir où en étaient les démarches», dit l’ancien maire. Réponse des autorités officialisée lors de la dernière réunion du conseil municipal : «La mairie doit revoir sa stratégie.» Ce à quoi Ken Fong réagit : «Comment pouvonsnous revoir la stratégie alors que la salle des fêtes est actuellement utilisée comme un centre de vaccination ? J’espère que les autorités vont reconsidérer leur position. Par exemple en accordant un moratoire pour le remboursement.»
Qu’est-ce que Beau-Bassin–Rose-Hill compte faire maintenant ? D’autant plus que la subvention accordée par le ministère de tutelle est «absorbée à plus de 75 % par la paie des employés de la mairie». À ne pas confondre avec le «grant à part» que la mairie reçoit pour ses projets, explique Ken Fong. «Là, il s’agit du déficit dans le fonctionnement au jour le jour.»
Parmi les solutions envisagées : «Louer l’écran géant installé dans la cour du Plaza pour la diffusion de spots publicitaires.» Ou encore louer la place Raymond Chasle, à côté de la poste à Rose-Hill, pour des activités commerciales. «C’est au conseil municipal de décider.»
Beau-Bassin–Rose-Hill n’est pas la seule mairie dans le rouge. À Port-Louis, comme dans toutes les autres villes, les répercussions de la fermeture des foires sur les revenus des marchands est un sérieux problème.
À Curepipe, le conseiller municipal bleu Raj Mootoosamy plaide pour un régime d’austérité. En commençant par les «petites choses». Ne plus «déranger» un employé municipal pour déposer les invitations. «Avec les moyens technologiques, on peut communiquer facilement.»
Il se demande s’il faut continuer de «poursuivre en justice les marchands qui n’ont pas travaillé à cause du confinement. Nou pa kapav galoup deryer dimoun ki pena enn sou dan so lame. Ils sont endettés, n’ont pas payé leurs redevances à la mairie. Et la mairie aussi est dans le rouge. Quels accords est-on en train de négocier avec eux à long terme ?»
D’un autre côté, il trouve que l’idée de la majorité du conseil à Curepipe de réaliser un «catalogue de leur bilan, ce n’est pas le bon moment». Un «catalogue haut de gamme», pour lequel le conseil aurait alloué une forte somme, affirme le conseiller municipal.
Projets: la valse des bazars, gymnases, parcs de loisirs
<p>On se souvient encore de la lecture du discours du Budget 2021-2022. Et de sa très (trop) longue énumération de projets d’infrastructure aux quatre coins de Maurice. Combien d’entre eux sont prévus dans les villes ?</p>
<p><strong>Bazars :</strong> Revoilà le projet de rénovation de la section viande et poisson du marché de Port-Louis. Un projet qui prend du temps avant de se concrétiser parce qu’il a la particularité de se trouver dans la zone tampon du patrimoine mondial qu’est l’<em>Aapravasi Ghat</em>. Cette rénovation est donc sujette à l’approbation de l’Unesco. Le feu vert est attendu (dans la même foulée que celui recherché pour l’<em>Urban Terminal</em> de l’Immigration Square et le musée intercontinental de l’esclavage). En attendant, pour ce projet estimé à Rs 90 millions, le Budget 2021-2022 a (encore) accordé la somme de Rs 15,2 millions. Toujours dans la catégorie bazar, la mairie de Quatre-Bornes a eu Rs 2 millions pour financer les services d’un consultant pour le marché de Belle-Rose.</p>
<p><strong>Salles polyvalentes : </strong>Ces projets sont déjà en cours. Comme la rénovation du centre Idrice Goomany à Plaine-Verte qui reçoit une enveloppe de Rs 30 millions. En termes de construction, Rs 6,6 millions sont prévues pour continuer la salle polyvalente de Camp-Levieux. Alors que celle d’Abercrombie à Port-Louis recevra Rs 35 millions pour poursuivre le projet.</p>
<p><strong>Gymnases : </strong>À Rose-Hill, le Budget prévoit des allocations pour le gymnase de Stanley et le Quorum à Plaisance. À Port-Louis, le centre sportif de Plaine-Verte est pris en compte. À Quatre-Bornes, les infrastructures sportives de la région de Bassin sont concernées. Par ailleurs, la construction d’un centre récréatif à la rue Farquhar, Quatre-Bornes est prévue.</p>
<p><strong>Crématoires : </strong>La construction d’une série de crématoriums est aussi prévue. Notamment à Camp-Levieux, Highlands, Allée-Brillant, Quatre-Bornes, La Marie, Solférino, Bigara et Les Salines. Des projets qui coûtent une dizaine de millions de roupies chacuns.</p>
Budget 2021-2022: l’État donne entre Rs 8 millions et 11 millions de plus aux mairies
<p>Légère augmentation du <em>«grant»</em> accordé par le ministère des Administrations régionales aux cinq mairies. Si Port-Louis se taille la part du lion avec une augmentation de Rs 11 millions, les quatre autres villes reçoivent Rs 8 millions de plus qu’en 2020/2021. La plus petite enveloppe est celle de Quatre-Bornes.</p>
<p>En une année financière, la subvention du ministère des Administrations régionales :</p>
<p>•À Port-Louis, elle est passée de Rs 551 millions à Rs 562 millions</p>
<p>•À Curepipe, de Rs 234 millions à Rs 242 millions</p>
<p>•À Vacoas, de Rs 315 millions à Rs 323 millions</p>
<p>•À Beau-Bassin/Rose-Hill, de Rs 348 millions à Rs 356 millions</p>
<p>•À Quatre-Bornes, de Rs 230 millions à Rs 238 millions.</p>
Théâtres municipaux: l’éternelle saga
<p>Deux fleurons, deux drames. Le théâtre du Plaza est fermé depuis octobre 2004, donc bientôt 17 ans. Celui de Port-Louis est fermé depuis 2008, donc 13 ans. Dans les deux cas, ces théâtres municipaux sont fermés pour une rénovation qui s’éternise. Le Budget 2021-2022 situe le montant de la rénovation du théâtre du Plaza à Rs 268 millions. Il s’agit de la troisième phase d’un chantier de longue haleine. Pour la présente année financière, la somme de Rs 47 millions est prévue comme «grant» du ministère des Administrations régionales à la mairie de Beau-Bassin–Rose-Hill. La réparation du théâtre n’a pas encore commencé. Des démarches légales concernant l’allocation du contrat sont en cours. </p>
<p>À Port-Louis, après une année blanche en 2020-2021, sans aucune dotation pour le théâtre, le Budget 2021-2022 prévoit Rs 10 millions pour lancer la seconde phase de la rénovation. Rappelons qu’après une première phase de travaux, achevée en juin 2019, le théâtre à l’italienne le plus vieux de l’hémisphère sud a refermé ses portes, faute de moyens suffisants pour continuer les travaux.</p>
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