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Réouverture: les coiffeurs s’arrachent les cheveux

4 avril 2021, 16:00

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Réouverture: les coiffeurs s’arrachent les cheveux

«Depuis le 25 mars, j’ai soumis ma demande d’un Work Access Permit (WAP). Je ne l’ai toujours pas reçu. J’ai refait ma demande le 1er avril, mais en vain. On ne peut même pas rouvrir le salon alors que plein de clients nous sollicitent. Par contre, une collègue qui confectionne des pizzas a obtenu son WAP alors qu’elle ne prévoit même pas de travailler. Vraiment je ne comprends pas ce système», s’insurge Queensly Tourmentin. Gérant son salon de coiffure depuis dix ans à Engrais Martial, elle a essayé de contacter les autorités pour les self-employed à plusieurs reprises sans succès. «Même si les clients insistent, je ne peux pas prendre le risque de recevoir une contravention», confie-t-elle, dépitée.

Comme elle, Géraldine Marius, directrice de l’institut Artel à Pailles, est sur le qui-vive, d’autant plus que son salon combine coiffure et esthétique. Une situation complexe puisque l’État n’autorise pas la réouverture des salons d’esthétique. Une mesure que plusieurs opérateurs estiment être… tirée par les cheveux «On a dû fermer la salle d’esthétique. Même si une cliente demande une épilation, je ne vais pas accepter. Au contraire, il nous faut multiplier les gestes barrières car avec cette seconde vague, la contamination semble plus virulente.»

«Je ne cesse de multiplier les démarches pour avoir le WAP mais rien n’aboutit. On est dans le flou. On ne sait même pas si nos demandes sont traitées.»

Guettant l’émission de son WAP avec impatience, elle espère pouvoir rattraper le coup pour Pâques, fête marquée par une affluence des demandes pour la coiffure. Alors que des prestataires se coupaient déjà les cheveux en quatre pour reprendre leurs activités au déconfinement en juin 2020, la résurgence du virus est tombée comme un cheveu sur la soupe. «On doit être deux fois plus vigilants cette fois-ci. Même s’il faut refuser des clients, on n’aura pas d’autre choix», explique-t-elle.

Nadeem Abdool, responsable de Nadeem Hair Xpreso à Rose-Hill, fulmine également. «Je ne cesse de multiplier les démarches pour avoir le WAP mais rien n’aboutit. On est dans le flou. On ne sait même pas si nos demandes sont traitées. 142 coiffeurs dans l’île sont dans cette situation. Dès l’annonce des autorités, beaucoup de clients nous ont contactés. Mais on a dû annuler tous les rendez-vous et publier des posts sur Facebook car on ne sait même pas quand on pourra recommencer», déplore-t-il. Comme il enseigne également les techniques de rasage à l’académie L’Oréal à Maurice, il ne peut pas reprendre cette activité non plus. «On ne pourra faire que de la coiffure. Il y a restriction pour tout rasage ou corrections de barbe, comme le port du masque reste obligatoire.» Cette nouvelle pourrait mettre plus d’un coiffeur barbier de mauvais poil.

De son côté, Reena Chuttur, responsable de Beauty Zone à Curepipe, est au chômage forcé. «C’est interdit carrément comme on est dans la zone rouge. L’établissement, qui existe depuis trois ans, est spécialisé en esthétique. On ne peut donc pas opéré malheureusement.» Elle effectue soins faciaux, manucure, pédicure, massages et épilation, entre autres. Cette mesure plombe l’institut dont la clientèle se bousculait avant le confinement. «C’est dommage car beaucoup de clients voulaient venir pour des soins esthétiques. Maintenant, il faut attendre l’autorisation de l’État pour la reprise», se résigne-t-elle.

Selon le Police Press Office, les autorités s’activent dans le traitement et la remise des WAP. En cas d’opération sans ce permis, l’infraction est passible d’une amende allant jusqu’à Rs 500 000 et une peine d’emprisonnement n’excédant pas cinq ans.

 

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