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ONG: nom de nom !

3 février 2019, 14:15

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ONG: nom de nom !

Larguez les amarres. Loin d’être boiteuses, elles se jettent à l’eau pour vous porter au creux de la vague. En effet, les «Lapat Kanar» mettront la main à la… patte pour que vous soyez comme un poisson dans l’eau. Qu’on ne s’y méprenne, cette association baptisée après cet étrange patronyme, ne milite absolument pas pour la sauvegarde de ces volatiles. «C’est la version créole des palmes que l’on utilise en mer», indique Amar Teeluck, le responsable. À la base, poursuit-il, «Lapat Kanar» est issu du Mauritius Underwater Group, un club de plongée. «Le problème est que l’accès aux activités nautiques est cher. Pour donner la chance à plus de Mauriciens, nous l’avons créée», confie-t-il. Depuis 2012, initiations, portes-ouvertes et autres activités prennent le large avec environ 150 membres mais aussi des enfants placés dans des foyers et issus de milieux défavorisés entre autres.

Avec un patronyme pareil, l’ONG titille la curiosité du public. «On pensait que c’était pour ne pas toucher aux canards», avoue Karine, une commerçante. Idem pour Robert, qui adore en savourer : «C’est un nom bien spécial. Je ne me serai pas douté que c’était lié à la plongée en mer». De son côté, Vicky Duval nous ramène sur la terre ferme sous son «Lekol Enba Pie». Lancée depuis 2013, l’ONG œuvre pour l’enseignement et l’apprentissage sur une base mobile. «On bouge, on fait des activités partout et souvent c’est sous un arbre qui est une source de savoir», déclare-t-elle. Disposant de 53 membres, l’association privilégie un enseignement mutuel. Ceci implique qu’un membre se rend dans une région avec sa famille pour partager les connaissances avec les habitants. Et à leur tour, ces derniers peuvent aussi échanger leur savoir. Pour se faire, on utilise le théâtre, l’art, les chants, les marionnettes entre autres.

Comment réagit le public au résonnement de ce doux nom ? Selon Vicky Duval, la présidente, un citoyen a déjà estropié le patronyme en pensant que c’était «Lekol lor pie», ce qui a amusé les responsables. Dans la même veine, le «Meter reader», venant déposer des factures, et d’autres personnes, croyaient qu’il s’agissait d’une école maternelle. Du coup, plusieurs demandent des détails sur le nombre de petits qui y sont inscrits entre autres. «On leur explique alors qu’on est une ONG et pas une école formelle», ajoute-t-elle.

Quelques amalgames sont également au rendez-vous, estime Sophie Montocchio. Mais bon, il n’y a aucune raison de voir rouge… même sous un parapluie. «On reçoit des appels des gens qui veulent commander des parapluies. Certains nous disent qu’ils ont trouvé notre numéro dans une liste de fournisseurs. On les informe alors de nos activités: une occasion pour sensibiliser à notre cause.» Certes, au sein de Parapli rouz, association dont elle assure la coordination, on milite pour les droits humains des travailleurs du sexe. Comptant une cinquantaine de membres, l’ONG combine le symbolisme du parapluie, une source de protection contre la violence, les abus entre autres et celui du rouge, représentant l’amour et ce qui est sexy.

Enfin, histoire de redescendre sur terre et de tempérer les émotions, cap sur le «Mont Nebo», qui porte aussi un nom étrange, Or, cette fondation, créée depuis quatre ans, est un hommage à cette région éponyme en Terre Sainte. À quoi sert-elle? Elle vise à collecter des fonds pour le service des prêtres âgés et malades, séjournant à la Maison Bethesda près du Thabor. Auparavant, ces derniers devaient rester à la cure paroissiale. «Moïse a vu la Terre promise mais est mort avant de la fouler. En créant cette fondation, c’était pour les y accueillir et aussi car on n’allait pas tarder à y entrer en Terre promise», conclut le Père Gérard Sullivan, fondateur, en souriant.

382 organisations caritatives sont actuellement enregistrées auprès de la National Corporate Social Responsibility (CSR) Foundation.

<p style="text-align: justify;">Selon un représentant, en 2018, la National CSR Foundation a reçu 407 demandes de financement émises par 249 ONG sous le &laquo;General Call for Proposals&raquo;. Au 15 janvier 2019, 100 projets ont déjà été signés. Une première tranche de Rs 44 millions sur un total de Rs 88 millions a déjà été déboursée à cet effet. Et à novembre 2018, 224 projets ont déjà été approuvés pour 174 associations. L&rsquo;analyse d&rsquo;autres projets est actuellement en cours.&nbsp;</p>

 

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