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On a testé: le Reflet des îles à La Réunion
7 décembre 2014, 08:41
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On a testé: le Reflet des îles à La Réunion
J’entends déjà les râleurs sédentaires: vous persistez à écrire sur des restaurants hors de Maurice. Tant pis pour ceux qui n’ont pas compris le concept de cette page, outre les diverses cuisines/gastronomies locales, c’est aussi une invitation aux voyages, à la découverte d’autres saveurs que nous voulons vous offrir chaque dimanche. Et puis La Réunion, c’est la porte d’à côté et les voyages, ça nous nourrit l’âme…
HEURE : 13 heures et des poussières. Il fait chaud sur le parking de Gillot. Nous sommes toujours à l’aéroport et nous attendons un collègue venu sur un autre vol qui accuse du retard. Nous avons l’estomac dans les talons. Nous savons déjà où aller: le Reflet des îles, une authentique table créole, parmi les plus réputées de St-Denis…
AMBIANCE : Nous retrouvons avec bonheur St-Denis, qui demeure une capitale propre ; le contraste avec Port-Louis est saisissant, même si la chaleur est comparable. Le chauffeur braque en direction du Pont Pasteur. Au carrefour, se dresse le restaurant le Reflet des îles, au décor assez sommaire (pour ne pas dire vieillot), mais reposant. Le restaurant est rempli (de Réunionnais surtout!) et nous n’avons pas réservé, d’où quelques gouttes de sueur sur le front de Patrick, notre collègue qui joue au guide.
Le personnel nous accueille avec un sourire et nous dirige vers une table qui, heureusement, est toujours disponible. Ça cause fort. Ça sent l’achard, le boucané, le massalé, le caloupilé, bref, cette cuisine traditionnelle réunionnaise, si proche mais pourtant si différente de la nôtre. La cuisine-fusion, héritage des anciens venus de l’Afrique, de l’Europe, de l’Asie, de l’Inde, ne cesse de s’enrichir malgré l’arrivée massive des fast-foods. Chez nous, où l’authenticité devient une denrée rare, c’est le phénomène inverse qui se produit.
SERVICE : Une fois installés à notre table, une gentille dame nous apporte de l’eau pétillante et quelques Dodos (la Phoenix de l’île soeur – en moins bonne) bien fraîches. Elle prend le temps de nous expliquer la carte et ses menus traditionnels. Non, il n’y a pas de beecheek (ces alevins d’eau douce préparés à base de coriandre, de cumin, de pulpe de tamarin et de fenugrec). Pas chic... Mais pas grave, le choix est vaste.
REPAS : Nous sommes venus pour un jour seulement et nous tentons de tout goûter (ce qui est quasi-impossible quand on est à quatre seulement). On nous propose une vingtaine de caris et de spécialités créoles qui sont servis dans de petites marmites individuelles.
Nous optons pour l’incontournable rougaille saucisses, le massale cabri, le petit jacques boucané, le riz chauffé avec du poulet, et un autre plat à la morue. Oté! On en parlerait presque créole réunionnais, tellement les parfums nous envahissent la bouche! En savourant ces plats, nous mesurons mieux les mots du directeur de l’établissement: «Au restaurant le Reflet des îles, la cuisine créole est un élément fondamental autour duquel notre société se consolidera.» Nous, plus trivialement, c’est notre panse qui s’est consolidée. Nous pouvons repartir d’un bon talon, libéré de son estomac.
VALUE FOR MONEY : Il faut compter entre 15 et 25 euros par plat (Rs 600 à Rs 1000). Nous sommes sortis du restaurant avec une note de quelque 150 euros (Rs 6 000), la peau du ventre tendue comme une ravanne chauffée au foyer, et prêts pour affronter la mission pour laquelle nous sommes venus à l’île soeur.
PROCHAINE VISITE : Dès qu’on retourne à St-Denis, c’est-à-dire dans pas longtemps! Mais promis, on vous épargnera, cette fois-ci, un autre papier sur cet excellent restaurant, même s’il va bientôt déménager pour aller sur le front de mer. Pas sûr que vous puissiez échapper aux «bouchons» (pas ceux de la route, ceux gratinés, dans le pain) par contre…
NOTE :7/10
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