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19 ans après Hiroshima
Il s’appelle Yoshinori Sakai. C’est lui qui allume la flamme olympique lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo. C’est un athlète de 19 ans, né le 6 août 1945, à Hiroshima, le jour où le bombardier Enola Gay y a lâché la première bombe atomique. Dix-neuf ans que le Japon a capitulé. Les morts se comptaient alors par centaines de milliers, Tokyo était détruite. L’empereur Hirohito, qui proclame les Jeux ouverts, le sait mieux que quiconque : il est sur le trône depuis 1926. Il l’était donc lorsqu’en 1936 Tokyo avait été choisie pour les Jeux de 1940, puis s’en était vu retirer l’organisation pour cause de guerre. C’est ce passé que le Japon veut faire oublier en 1964. Le pays n’est plus belliqueux, il s’est reconstruit, il est debout. Il dépense sans compter : deux milliards de dollars, une somme colossale pour l’époque, et une organisation irréprochable, dont les premières retransmissions en Mondovision assurent la publicité. Démonstration convaincante. Manque toutefois l’émotion.
Le public est calme, poli, respectueux, discipliné. Il apparaît froid aux yeux des Européens, qui pour la première fois viennent chercher les médailles en Asie. Des siècles de traditions ne peuvent s’effacer si facilement.
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