Publicité

“Il est temps de produire nos blocs américains”

14 juillet 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le bloc de construction américain fait timidement son apparition chez nous.

Il est pourtant 40 % moins cher que les blocs traditionnels. Nous avons interrogé Dharam Bhunjun, qui a réalisé une étude sur le bloc américain pour le compte du Mauritius Research Council.

<B> En quoi le bloc américain est-il différent du bloc traditionnel ?</B>

Il est en apparence identique au bloc traditionnel, excepté pour sa longueur (de 400 mm au lieu de 440 mm). Les deux blocs ont la même composition, bien que le modèle américain requière plus de ciment. La différence intervient au niveau de la force du bloc, de sa résistance à la compression et de son potentiel à soutenir des poids. La force du bloc traditionnel est de 3,5 megapascal, alors que celle du bloc américain varie entre 6 et 10 megapascal.

<B> Quels sont ses avantages ?</B>

Quand on construit une maison avec des blocs américains, on n’a pas besoin de coffrage pour couler le béton des colonnes ou pour le toit. Pour les colonnes, les blocs sont posés et le béton est coulé directement entre eux, sans risque de laisser des fissures. Pour le toit, les blocs sont posés sur des poutres. Avec le bloc américain, le crépissage est en outre optionnel car le bloc est lisse et il n’y a aucun risque de pénétration d’eau. Lors de l’étude réalisée pour le Mauritius Research Council, nous avons bâti une maison avec ces blocs et obtenu des résultats très satisfaisants. Nous avons démontré dans la pratique qu’avec les blocs américains, on pouvait économiser près de 50 % en terme de temps et 40 % en terme de coût. Ainsi, même si le bloc américain était vendu plus cher que le bloc traditionnel, en finalité, il reviendrait moins cher.

<B> Quel a été l’impact de votre étude sur le public ?</B>

Les autorités, tout comme le public, ont été séduits par le bloc américain. Lors de la présentation aux membres du gouvernement, le Premier ministre Paul Bérenger a dit beaucoup de bien de ce type de bloc et s’est demandé pourquoi on n’en produisait pas à Maurice. Le public a également pu constater de visu l’utilisation de ce bloc à Richelieu, pendant une quinzaine ouverte, et s’est montré très enthousiaste. Nous avons reçu des appels pendant plus de six mois venant de membres du public désireux de savoir où ils pouvaient se procurer ces matériaux de construction.

<B> Pourquoi ce type de bloc met-il alors autant de temps à s’implanter ?</B>

Il est malheureux qu’à Maurice, les grandes compagnies ne veulent pas se mettre à les produire. Sans doute ne veulent-ils pas investir davantage, du moment que les blocs traditionnels constituent un bon marché. Je suis persuadé que si une seule grande compagnie commençait à en produire, les autres suivraient. Ces blocs ont fait leur preuve à l’étranger et ils seraient vraiment avantageux pour les Mauriciens. Nous notons malgré tout qu’une petite compagnie a reçu une commande du gouvernement pour produire des blocs américains afin de construire plus de 400 maisons de la NHDC.

Publicité