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Luis de la Fuente (Espagne) et Lionel Scaloni (Argentine) : Deux parcours, un même rêve

19 juillet 2026, 16:30

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Luis de la Fuente (Espagne) et Lionel Scaloni (Argentine) : Deux parcours, un même rêve

Ils n’ont pas emprunté la même route pour arriver jusqu’ici. L’un a patiemment gravi tous les échelons de la Fédération espagnole jusqu’à devenir le gardien d’une philosophie de jeu vieille de plusieurs décennies. L’autre s’est vu confier les clés de l’Argentine dans un climat de scepticisme général avant de transformer un groupe en champions du monde. Deux trajectoires opposées, deux personnalités discrètes, mais un même objectif : inscrire leur nom au sommet du football mondial.

Ce dimanche soir, lorsque l’arbitre donnera le coup d’envoi de la finale entre l’Espagne et l’Argentine, les regards se tourneront naturellement vers Lionel Messi, Lamine Yamal ou Lautaro Martínez. Pourtant, derrière les vingt-deux acteurs présents sur la pelouse, deux hommes joueront eux aussi une partie d’échecs à ciel ouvert. Chaque changement, chaque ajustement tactique, chaque prise de risque pourrait rapprocher leur pays d’une nouvelle étoile.

Le bâtisseur et le rassembleur

Luis de la Fuente n’est pas arrivé au sommet par hasard. Son histoire est celle d’un homme qui a grandi avec la Roja. Bien avant de diriger la sélection A, il a façonné les équipes de jeunes, accompagné plusieurs générations de talents et participé à leur apprentissage du football espagnol. Beaucoup des joueurs qu’il entraîne aujourd’hui l’ont connu adolescents. Cette relation de confiance, construite au fil des années, constitue sans doute sa plus grande force.

Le sélectionneur espagnol n’a jamais cherché à révolutionner le jeu de son pays. Il a préféré en préserver l’essence tout en l’adaptant aux exigences du football moderne. Son Espagne garde le ballon, impose son rythme, presse haut et refuse de subir. «Nous avons retrouvé l’esprit de 2010», expliquait-il récemment. Une phrase qui résume parfaitement sa vision : respecter un héritage sans en devenir prisonnier.

Lionel Scaloni a suivi un chemin bien différent. Lorsqu’il est nommé sélectionneur de l’Argentine en 2018, rares sont ceux qui imaginent qu’il s’inscrira dans la durée. Ancien international au par - cours respectable mais sans grande expérience sur un banc, il est d’abord perçu comme une solution provisoire. Huit ans plus tard, son nom figure parmi les plus grands entraîneurs de l’histoire de l’Albiceleste.

Son plus grand mérite n’est peut-être pas d’avoir remporté des trophées. Il réside dans sa capacité à transformer une sélection dépendante de son génie en une équipe où chacun accepte de se mettre au service du collectif. Sous ses ordres, l’Argentine est devenue une famille autant qu’une équipe de football.

Les idées avant les ego

Les deux hommes partagent une qualité devenue rare dans le football moderne : ils préfèrent parler de leur groupe plutôt que d’eux-mêmes. Aucun ne recherche la lumière. Tous deux laissent volontiers leurs joueurs occuper le devant de la scène.

Leurs méthodes, en revanche, diffèrent sensiblement. Luis de la Fuente construit ses victoires sur la répétition, la maîtrise technique et le respect d’une identité de jeu clairement définie. Chez lui, le collectif naît de l’organisation.

Lionel Scaloni avance avec davantage de pragmatisme. Son équipe sait modifier son plan de jeu, défendre plus bas, attendre son adversaire ou accélérer brutalement lorsque l’occasion se présente. «Nous sommes à notre meilleur lorsque nous avons le dos au mur», confiait-il après la demi-finale remportée face à l’Angleterre. Une phrase qui résume parfaitement le caractère de son groupe.

Cette différence de philosophie se retrouve jusque dans leur manière de vivre les rencontres. De la Fuente reste mesuré, presque impassible, même lorsque son équipe domine. Scaloni laisse davantage transparaître ses émotions, échange constamment avec son staff et ajuste régulièrement son dispositif en fonction du scénario.

Pourtant, un point les rapproche plus que tout : leur confiance absolue envers leurs joueurs. Aucun des deux n’a bâti son succès sur une seule vedette. Si Messi demeure l’âme de l’Argentine et si Lamine Yamal illumine le jeu espagnol, les deux sélectionneurs savent qu’une Coupe du monde se gagne avant tout grâce à un collectif capable de répondre présent dans les moments décisifs.

Quatre-vingt-dix minutes pour entrer dans l’histoire

Les finales consacrent souvent les joueurs. Elles n’oublient jamais les entraîneurs.

Ce soir, Luis de la Fuente et Lionel Scaloni ne toucheront peutêtre le ballon qu’au moment de donner leurs consignes avant le coup d’envoi. Pourtant, tout ce qui se passera sur la pelouse portera leur empreinte. Les automatismes espagnols, la résilience argentine, les choix tactiques, les changements et même les discours prononcés dans les vestiaires raconteront des années de travail, de convictions et de patience.

Dans quelques heures, l’un rejoindra le cercle très fermé des sélectionneurs ayant remporté la Coupe du monde. L’autre repartira avec les regrets propres aux grandes finales.

Deux parcours différents.

Une même passion.

Un seul rêve : guider tout un peuple vers le toit du monde.

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