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«Le tourisme devrait renouer avec une croissance à deux chiffres l?année prochaine»

17 décembre 2006, 00:00

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<B> Vous venez de boucler le «sales meeting» annuel du groupe. Quel était l?état d?esprit de ceux qui y ont participé ? </B>

Nous sommes tous très satisfaits de l?année 2006 et confiants et optimistes pour 2007. Le sales meeting est une activité annuelle importante pour Beachcomber. Tous ceux qui ont la responsabilité de commercialiser les hôtels sur les différents marchés à l?étranger et à Maurice de même que les directeurs d?hôtels, se rencontrent pour analyser les divers volets de la stratégie commerciale, tant pour Maurice que pour les Seychelles. Nous évaluons nos réalisations par rapport aux objectifs fixés, analysons les tendances et définissons nos nouveaux objectifs. Nous finalisons, après débat, la stratégie commerciale pour 2007-2008.

<B> Quel constat avez-vous fait de l?année 2006 ? </B>

L?année avait bien démarré, avec une croissance de 17 % pour le mois de janvier-février. Déjà en décembre 2005, le pays avait réalisé une importante augmentation dans les arrivées par rapport à décembre 2004, laissant entrevoir une belle croissance pour l?année 2006. Mais le chikungunya est venu jouer les trouble- fêtes sur le marché français, qui est le plus important pour Maurice et pour Beachcomber.

<B> Quel a été le vrai impact du chikungunya ? </B>

Nous avons eu trois mois difficiles. Globalement, les autorités et les acteurs du secteur touristique ont su gérer la situation, bien délicate en raison de la proximité géographique de l?île de la Réunion qui est sévèrement touchée. La communication autour du chikungunya a bénéficié d?un réel effort, à travers des initiatives concrètes, pour rassurer les professionnels du voyage en France. Cet objectif a été largement atteint, même si nous ne sommes pas encore au niveau de l?avant chikungunya. Les trois derniers mois montrent une nette reprise de la croissance des arrivées touristiques tous marchés confondus, et permettent au pays d?afficher une croissance cumulée de 3,6 % de janvier à octobre 2006.

<B> Comment s?en porte Beachcomber ? </B>

Pour la même période (de janvier à octobre 2006), Beachcomber Hotels a enregistré une augmentation de 9,5 % dans ses arrivées lui permettant de boucler son année financière avec des remplissages satisfaisants, à savoir, une moyenne de 70 %. Dans l?ensemble, nous avons eu une très bonne année, avec une croissance dans les profits supérieure aux 10 % de l?année dernière.

<B> L?industrie est sur une courbe ascendante après longtemps. Elle s?achemine vers une croissance à deux chiffres. Comment l?expliquez-vous? </B>

Une conjonction de facteurs favorables y a contribué. La récente ouverture du ciel a rendu la destination beaucoup plus accessible. L?arrivée de nouveaux transporteurs a poussé les principales compagnies aériennes desservant Maurice à adopter une stratégie commerciale plus agressive, surtout en basse saison. Cette même tendance peut être observée dans le secteur hôtelier. L?arrivée de nouveaux entrants incite les groupes hôteliers à communiquer davantage pour créer la demande. Ces communications cumulées donnent une meilleure part de voix pour la destination mauricienne dans les médias internationaux.

<B> La contre-performance de certaines destinations concurrentes durant l?année y est peut-être aussi pour quelque chose ? </B>

Maurice a certainement bénéficié de la désaffection de certaines destinations par les touristes. Des pays comme le Mexique, la République Dominicaine et Cuba ont fait les frais de conditions défavorables. Le Mexique a souffert de prévisions d?une répétition du scénario climatique de l?année précédente qui était marquée par le passage de cyclones dévastateurs. La République Dominicaine et Cuba, commencent à souffrir d?une saturation et d?une baisse de qualité. L?Asie n?a toujours pas encore totalement récupéré du tsunami de 2004. Dans cette conjoncture, la politique plus ciblée adoptée par les autorités en matière de marketing de la destination, a eu un impact positif. Il y a eu une réelle écoute de leur part pour trouver les synergies nécessaires entre tous les partenaires de l?industrie en vue d?atteindre les objectifs communs. Des initiatives concrètes ont suivi.

<B> Beachcomber affiche un taux de remplissage supérieur à la moyenne nationale pour 2005-2006. Vos hôtels sont «fully booked» pour les fêtes. Votre recette... </B>

La conjoncture a été favorable à l?ensemble de la destination. Ajoutons à cela des facteurs propres à Beachcomber. Une amélioration constante de la qualité de nos hôtels en matière de confort, d?accueil et de service à travers des programmes de rénovation et de formation. Les récentes rénovations nous ont permis d?augmenter légèrement notre capacité d?accueil. Notre stratégie commerciale est conçue autour d?une politique tarifaire simplifiée et équilibrée afin de faciliter la tâche de nos réseaux de vente sur les différents marchés. Nous avons mieux planifié notre stratégie marketing, avec une part prépondérante accordée aux hôtels hauts de gamme. Une politique plus compétitive au niveau de l?aérien, conjuguée à des places d?avion accrues en saison de pointe, a fait toute la différence.

<B> Comment s?annonce 2007 sur le plan national ? </B>

Je ne peux faire de prévisions nationales. Cependant, en se basant sur le fait que le tourisme mauricien et Beachcomber (24 % des ressources humaines et 18 % de la capacité hôtelière) soient très liés, nous pouvons dire que les tendances de décembre et des trois premiers mois de 2007 sont très positives. Si elles se confirment, 2007 devrait être une bonne année. La destination pourrait renouer avec une croissance à deux chiffres dans les arrivées touristiques?

<B> Et pour Beachcomber ? </B>

Pour la période octobre-décembre 2006, nous allons vers une progression supérieure à celle de l?année dernière. La période des fêtes s?annonce très bonne. Nos prévisions d?arrivées touristiques pour octobre 2006-septembre 2007 sont excellentes sur tous les marchés, même si le marché français n?est pas encore revenu à son niveau d?avant chikungunya. Nous pensons être dans la bonne direction avec la stratégie de positionnement appropriée.

<B> Vos priorités en 2007 ? </B>

2007 verra le démarrage de nouveaux chantiers pour nous : un hôtel de 135 chambres sur l?île de Praslin, notre deuxième aux Seychelles, le Royal Palm- Marrakech au Maroc et la démolition-reconstruction de l?hôtel Trou-aux-Biches. 2007 sera consacré à améliorer la gestion des ventes, surtout en raison de la demande en forte croissance pour certains de nos hôtels. Nous approfondirons la communication avec nos partenaires, notamment par le biais du volet Business to Business du site web de Beachcomber, et avec nos clients, à travers le développement de la communication Business to Customer.

Auparavant, nous vendions nos chambres d?hôtel presque exclusivement à travers les professionnels du métier. Toute notre action commerciale consistait à les former et à les fidéliser à nos produits de sorte qu?ils puissent à leur tour convaincre le client Aujourd?hui, nous communiquons aussi avec le client. Nous faisons un meilleur branding des produits du groupe et une campagne de communication commerciale vigoureuse.

<B> En quoi consiste cette initiative de «branding ?» </B>

Nous avons adopté une nouvelle signature pour traduire l?esprit Beachcomber. La phrase Dream is a serious thing dit au client que nous prenons ses rêves de vacances inoubliables très au sérieux. Nous avons monté toute une campagne de communication autour de cette devise, avec un budget de Rs 400 m sur un an. Elle est l?aboutissement de trois ans de travail de compréhension de l?évolution des marchés et de la clientèle. La campagne nous permet d?asseoir notre image de marque globale et de donner une direction claire à ceux qui ont la responsabilité de vendre nos produits. A terme, ce branding permettra de pérenniser notre image de facilitation de rêve. Nous jetons là les bases pour notre expansion géographique.

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