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Parlement
Ambiance : Silences, sourires et coups de griffe
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Parlement
Ambiance : Silences, sourires et coups de griffe
Ah, les joies de retrouver le Parlement au tout début d’un mois. On aurait pu croire que le huitième de l’année rimerait avec vacances parlementaires. Pour les junior ministers fraîchement assermentés, Anabelle Savabaddy et Tony Apollon, cravate à rayures rouges assortie à la bonne humeur du jour, août sonne plutôt comme une rentrée : un ministère à peine découvert, déjà à apprivoiser. Les deux anciens députés, qui s’affrontaient du regard depuis des bancs opposés, il n’y a pas si longtemps, ont troqué les piques pour la camaraderie de rang.
Combien de temps ce nouvel arrangement tiendra-t-il ? Entre le remaniement qui rôde et l’idée, régulièrement ressortie du tiroir, de supprimer purement et simplement le poste de junior minister au profit du retour des Parliamentary Private Secretaries, les sièges de l’Hémicycle risquent fort de continuer leur ballet. Et pourtant, en ce mardi gris, l’Assemblée nationale n’a jamais paru aussi éveillée.
À 11 h 45, le leader de l’opposition se lève pour poser sa Private Notice Question (PNQ) au Premier ministre (PM), sur la perquisition du 31 juillet 2026 au domicile de Gulshan Govind… Neuf minutes de réponse plus tard, l’Hémicycle montrera un visage qu’on ne lui connaît pas souvent : pas un téléphone en vue, pas un chuchotement de couloir, comme si les commérages habituels s’étaient d’eux-mêmes le temps de la PNQ.
Une centaine d’oreilles se tendent vers le perchoir pour ne rater aucune syllabe des questions supplémentaires que Joe Lesjongard s’apprête à décocher. Une dizaine – parfois délicates – s’enchaînent… Sourcils froncés côté banc ministériel, mélange à peine dissimulé de gravité et de cette excitation propre aux affaires qui touchent, cette fois, un membre du gouvernement, du moins jusqu’à hier. Parmi ses questions, Joe Lesjongard demande au PM s’il comptait donner des directives à la Financial Crimes Commission pour s’assurer que le maximum soit fait dans cette enquête. Au fond de l’Hémicycle, un murmure amusé fuse : «Direk FCC? Pa MSM sa.»
Adrien Duval, lui, choisit un angle plus tranchant. Il demande au PM s’il savait que l’ex-junior minister avait déjà un casier. «Je ne suis pas au courant de cette affaire», répond ce dernier. Le député bleu cite alors les détails, dealing in stolen property… Le PM réplique : «But you were the president of PMSD at the time.» Réponse du tac au tac : «C’est pour cette raison que le PMSD a refusé de lui donner un ticket. Elle est [alors] venue vers votre parti et vous lui avez donné une investiture.» Toutes ces questions visant la même inquiétude à peine voilée : qu’il n’y ait ni cover-up, ni traitement de faveur. La PNQ s’achève à 12 h 05, le PM insistant, dans une dernière réplique : «Nobody is above the law.»
Place à la Prime Minister’s Question Time. Et, là encore, Adrien Duval se fait remarquer : questions à rallonge, mal ficelées ; la speaker a dû le reprendre à plusieurs reprises, sans compter les rappels à l’ordre des bancs du gouvernement, jusqu’à l’Attorney General lui-même… Un peu plus tard, petit échange qui mérite qu’on s’y attarde sur la question du député Quirin sur la représentativité politique des délégations parlementaires mauriciennes à l’étranger. Le PM explique qu’il n’y avait à l’époque que deux personnes dans l’opposition, et qu’il les avait sollicitées : version que Joe Lesjongard, de son banc, semble contester d’un hochement de tête négatif, sans que Navin Ramgoolam ne change de discours pour autant.
Autre moment cocasse : Adrien Duval évoque plusieurs ministères où des désaccords auraient éclaté entre ministres et leur junior ministers, citant le Tourisme et l’Égalité des genres. Petit clin d’œil de collègues, le ministre Arvin Boolell lance un «Fabrice, Fabrice», comme pour taquiner son junior, ce dernier répliquant aussitôt, comme pour prouver que chez eux, au moins, tout allait pour le mieux dans le meilleur des ministères. Dernier sursaut de tension, aussi bref que vif : Joanna Bérenger se lève pour soulever un point of order, que la speaker écartera d’un «pas maintenant, plus tard». De son banc, Paul Bérenger ne peut s’empêcher de lâcher un «Quoi, l’année prochaine ?»…
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