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Nomination
Allan Marimootoo : de l’animation en hôtellerie au conservatoire François-Mitterand
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Allan Marimootoo : de l’animation en hôtellerie au conservatoire François-Mitterand
■ Allan Marimootoo s’apprête à jouer une nouvelle partition au conservatoire François-Mitterand. Photo : Aline Groëme-Harmon
Il est le président à temps partiel du conservatoire François-Mitterand. La nomination d’Allan Marimootoo à ce poste a été annoncée à l’issue de la réunion du Conseil des ministres du 1er août. En attendant de prendre ses fonctions, le musicien, responsable de groupe d’animation, d’un studio, d’une salle polyvalente, sans oublier ses activités dans le secteur de la construction et de l’immobilier, prépare la sortie de son autobiographie.
Voilà de nouvelles gammes qu’Allan Marimootoo s’apprête à pratiquer. Sa nomination comme président à temps partiel du conservatoire François-Mitterand a été annoncée le 1er août. Il se dit «extrêmement reconnaissant». Ajoutant être sûr «d’y apporter son aide, au moins ses conseils».
Sa nomination s’explique t-elle par des affinités politiques ? Le musicien affirme qu’il ne joue pas cette partition-là. «Je n’ai aucune affinité politique. C’est pourquoi je remercie vraiment le gouvernement. On a cette perception concernant les nominations. Je l’avais moi-même jusqu’à ce que cela m’arrive. Il y a beaucoup de personnes valables. J’espère que cela leur arrivera aussi.»
Pourquoi prêter l’oreille à ceux qui mettent en opposition le monde de l’animation musicale dans l’hôtellerie et l’univers plus «classique» du conservatoire de musique ? C’est ne pas entendre qu’il ne faut pas cloisonner les dif- férents types de musique, ex- plique Allan Marimootoo. «Il faut accepter que le monde bouge et bouger avec.» Le plus important étant de «choisir de la bonne fréquence». Et faire taire «les musiques qui tournent en rond».
Allan Marimootoo n’a pas de doute. Il s’estime «bien placé pour guider dans le bon sens». Musicien chevronné, il précise avec fierté qu’il joue de plusieurs instruments : clavier, guitare, batterie, saxophone. Son CV éloquent démarre avec l’année 1970 – Allan Marimootoo avait 13 ans à l’époque – quand il tient une guitare dans le groupe Kanasuc du regretté Serge Lebrasse. La même année, il passe dans le groupe de Karl Brasse. Avant de devenir responsable de son groupe, Les Boucanniers, à partir de 1979.
Cela fait plus de 45 ans de carrière qu’Allan Marimootoo retrace dans une autobiographie à paraître le mois prochain. De rêve et réalité, l’évolution de l’hôtellerie mauricienne vue par Allan Marimootoo revient sur un parcours émaillé de rencontres. On y verra les nombreuses personnalités croisées, de Michael Jackson – photo à l’appui – à Nelson Mandela. En passant par une rencontre marquante avec la figure spirituelle qu’est Amma.
En 1990, Allan Marimootoo crée la société Musipro Co Ltd, qui se dote d’un studio d’enregistrement. En plus d’être musicien, Allan Marimootoo a formé des talents qui ont tracé leur voie, notamment sur des bateaux de croisières. Lui-même a connu l’ailleurs. «J’ai un passeport suisse de- puis 30 ans», confie-t-il. Son épouse vient de la Répu- blique helvétique. Certains lui diraient : pourquoi avoir choisi de rester à Maurice ? «J’aurais été bien en Suisse, mais j’ai toujours aimé Maurice. Ma maman était ici. J’aime ce côté familial qu’il y a ici.»
Paradoxalement, Allan Marimootoo se décrit comme quelqu’un qui ne va pas aux fêtes d’anniversaires. «Avec la quantité de gens que je connais, si je devais aller aux anniversaires… Même pour le Nouvel an, je ne vais pas voir ma famille parce que je considère que pour voir ma famille, c’est tous les jours le Nouvel an.» Par contre, nuance-t-il, «si quelqu’un est malade, je peux aller le voir tous les jours».
Cette ligne de conduite, il l’a suivie aussi dans le domaine professionnel, dit-il. «Être un musicien, c’est comme pratiquer un sport de haut niveau.» Avec l’hygiène de vie stricte que cela sous-entend. «Quand on a fini la prestation à l’hôtel et qu’on a une famille, il faut ren- trer à la maison, il faut planifier, progresser. Pourquoi ne pas voir plus grand ?» Il l’affirme : la «mentalité» qui veut qu’une fois le travail à l’hôtel terminé, les musiciens restent sur place pour en profiter, très peu pour lui. «Je ne suis pas un grand philosophe. Mais tout ce que j’ai réussi est arrivé par la force de la discipline. Je fais beaucoup de la méditation. J’ai toujours encou- ragé des artistes à faire du tai-chi, à pratiquer un sport.» Ces choix font dire à Allan Marimootoo qu’il était «mal vu dans le circuit hôtelier». Sa récompense, c’est que «la plupart des amis qui ont suivi mes conseils sont toujours vivants».
Il a aussi gardé ses activités dans le domaine de la construction et de l’immobilier. «Ernest Wiehe était aussi un architecte. Il m’a toujours dit (NdlR, en référence à la construction) : continue, n’arrête pas ce travail-là. Dans mon livre, il y aura la photo d’Ernest Wiehe, qui était témoin de mon mariage, signant le document.» Depuis 2014, Allan Marimootoo tient aussi le Domaine IZI, à Bambous, une salle polyvalente pour mariages et autres soirées. Ce sera l’adresse où il présenta bientôt son autobiographie.
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