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Prévention du suicide
Le message de Befrienders Mauritius aux jeunes : «Vous n’êtes pas seuls»
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Prévention du suicide
Le message de Befrienders Mauritius aux jeunes : «Vous n’êtes pas seuls»
■ Sheila Cheekhoory, la présidente de Befrienders Mauritius.
Tu as sûrement dû entendre dire qu’un.e adolescent.e a commis le suicide. Peut-être le.la connaissais-tu personnellement et tu es désemparé.e. Tu as peut-être des idées noires et tu y penses aussi. Arrête-toi. Se suicider n’est pas la solution. À l’occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, célébrée le 10 septembre, Sheila Cheekhoory, présidente de Befrienders Mauritius, revient sur les difficultés rencontrées par les personnes en détresse et sur l’importance de l’écoute.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 720 000 personnes meurent chaque année par suicide dans le monde. Le suicide constitue la troisième cause de décès chez les 15-29 ans, tandis que 73 % des suicides surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Un appel au secours
Befrienders Mauritius reçoit actuellement entre 500 et 600 appels par mois, incluant des échanges sur WhatsApp et Messenger ainsi que les séances en face-à-face au centre. Pour Sheila Cheekhoory, ce volume témoigne de la diversité des situations de détresse auxquelles sont confrontées les personnes.
«Nous avons constaté qu’il existe de nombreuses causes», explique-t-elle. Parmi les facteurs évoqués figurent les problèmes de santé mentale, notamment la dépression, les troubles bipolaires, l’anxiété et la schizophrénie, mais aussi le manque de communication au sein des familles, particulièrement entre parents et enfants. Le harcèlement, la perte d’emploi, le chômage, les addictions au tabac, à l’alcool et aux drogues, la stigmatisation liée à l’orientation sexuelle, les séparations, les divorces et les deuils sont également cités. «C’est un phénomène multifactoriel», souligne la présidente Cheekhoory. Les personnes qui contactent Befrienders recherchent notamment un espace où elles peuvent exprimer leurs émotions négatives, dans l’anonymat, la confidentialité et sans jugement.
Des ressources suffisantes mais des coûts élevés
Face à cette demande, l’association poursuit ses actions de sensibilisation à travers le pays. Des interventions sont organisées dans les écoles, collèges, établissements polytechniques, universités, entreprises, usines, centres sociaux, mouvements scouts et centres pour femmes. «Nous avons suffisamment de membres en termes de ressources humaines», indique Sheila Cheekhoory. Toutefois, les frais de transport et les honoraires des psychologues entraînent des dépenses supérieures au budget prévu. Malgré ces contraintes, l’association affirme accepter toutes les demandes de sensibilisation à la prévention du suicide et par rapport à la santé mentale.
Briser le silence autour de la santé mentale
Pour cette Journée mondiale de la prévention du suicide, Sheila Cheekhoory insiste sur la nécessité de renforcer la prévention, notamment dans les établissements scolaires. Elle appelle les autorités éducatives à mettre en place des règles claires contre le harcèlement, une surveillance active et des systèmes de signalement confidentiels. L’apprentissage socio-émotionnel, l’empathie et la résolution des conflits doivent également être davantage intégrés. «Il est essentiel de parler ouvertement de la santé mentale, car beaucoup de personnes souffrent en silence à cause de la stigmatisation et de la peur», affirme-t-elle. «Brisons le tabou, parlons honnêtement et écoutons avec attention.»
Le sociologue Nirbhay Ramkhelawon estime, lui aussi, qu’il faut davantage de sensibilisation, particulièrement auprès des jeunes. Selon lui, le suicide ne doit pas être considéré uniquement comme un problème individuel mais aussi comme un problème social. Il plaide pour davantage de conversations au sein des familles, des écoles et des communautés, ainsi que pour la création d’espaces de partage permettant aux personnes en difficulté de s’exprimer sans crainte d’être jugées. «Il faut davantage d’empathie, de soutien social et de solutions aux problèmes», soutientil, tout en appelant à mieux comprendre les situations vécues par les personnes à risque.
Befrienders Mauritius rappelle son message pour 2026 : «Vous n’êtes pas seuls. Nous sommes là pour vous donner un soutien émotionnel. Vous pouvez parler en toute confidentialité, dans l’anonymat et sans jugement.» Le centre est ouvert tous les jours de 9 à 21 heures. Si tu as le cœur lourd, que tu broies du noir, que tu es triste, n’hésite pas à te tourner vers Befrienders Mauritius. Sa ligne d’écoute gratuite est accessible au 800 9393 depuis les lignes fixes, d’Emtel et de MyT. Ceux et celles souhaitant échanger par WhatsApp peuvent contacter l’organisation sur les 5 483 7233, 5 831 5551 ou 5 810 4317.
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