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Le syndicat pose son diagnostic : Personnel à bout de souffle
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Le syndicat pose son diagnostic : Personnel à bout de souffle
■ Le syndicat des employés du ministère de la Santé face à la presse, hier. Ils dénoncent l’absence de dialogue, entre autres.
Deux jours après que le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a évoqué la présence de «brebis galeuses» dans le système de santé, le personnel refuse de laisser tout le troupeau porter le chapeau. Lors d’une conférence de presse hier, le président de la Ministry of Health Employees Union, Seetohul Amarjeet, lui a répondu. Il reconnaît que certains employés ne donnent pas satisfaction, mais souligne que ce phénomène existe dans tous les secteurs.
Selon lui, des procédures disciplinaires sont déjà prévues pour sanctionner les personnes qui ne respectent pas leurs obligations. Le directeur de l’hôpital peut prendre des mesures en consultation avec le département des ressources humaines. En cas de contestation, le dossier est transmis au ministère pour décision.
Ces employés représentent une infime minorité du personnel, estime Seetohul Amarjeet. Il ajoute que les mettre en avant donne au public l’impression que l’ensemble du système de santé ne fonctionne pas. Il considère ces déclarations comme une diversion, alors que le secteur fait face à des problèmes plus urgents.
Un personnel épuisé
Le syndicaliste rappelle que la santé est un service essentiel, qui fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Les employés se relaient jour et nuit afin d’assurer la prise en charge des patients. Le manque de personnel figure parmi les principales difficultés. Il cite l’exemple des équipes de nuit, où une seule personne qualifiée peut être appelée à gérer une salle de 20 à 25 patients. Cette situation entraîne une importante fatigue et expose les employés au burn-out.
«On a les bâtiments, mais le bâtiment ne fait pas le travail. C’est la ressource humaine qui fait le travail», poursuit Seetohul Amarjeet. Le syndicat avait déjà proposé des solutions au ministère, notamment la mise en place de formations pour les aides-soignants. Le président de la Ministry of Health Employees Union cite le programme de Licensed Practical Nurse, équivalent à celui d’Auxiliary Nurse et reconnu à l’international. Ces employés pourraient ainsi venir en soutien aux infirmiers et contribuer à réduire la pression dans les hôpitaux.
Selon Seetohul Amarjeet, le ministère en place depuis près de deux ans ne prête pas suffisamment attention aux préoccupations du syndicat. Il déplore l’absence de dialogue et affirme que les décisions sont souvent prises de manière unilatérale. Une lettre avait été envoyée au ministère il y a environ deux ans afin de réclamer des négociations, mais aucune réponse n’aurait été obtenue jusqu’à présent.
Problèmes de sécurité et d’organisation
Le syndicat dénonce également le manque d’orientation des patients à leur arrivée à l’hôpital. Beaucoup ne savent pas vers quel service se diriger ni à qui demander de l’aide. Les bureaux de customer care existent toujours, mais ne disposent pas, selon lui, d’un personnel suffisamment formé. Cette situation peut provoquer des tensions et favoriser des actes de violence. Seetohul Amarjeet réclame donc la présence de professionnels dans ces services.
La sécurité dans les établissements hospitaliers constitue un autre sujet de préoccupation. Les hôpitaux accueillent quotidiennement des patients aux profils variés, notamment des détenus, des récidivistes, des personnes sous l’influence de l’alcool ou souffrant de troubles psychiatriques. Des affrontements liés à des règlements de comptes se produiraient parfois aux abords des établissements.
Le syndicat estime que certains agents de sécurité, âgés de plus de 60 ans, ne sont pas toujours en mesure de faire face à des situations violentes. Il dénonce également le manque de formation de certains d’entre eux. «On ne peut pas mettre un uniforme sur une personne et en faire un agent de sécurité», soutient-il, réclamant davantage de professionnalisme et une présence policière accrue dans les hôpitaux, à l’instar de l’aéroport.
L’«e-health» toujours attendu
Les dossiers médicaux égarés sont également pointés du doigt. Pour le syndicat, la mise en œuvre du système e-health doit être accélérée. Ce dispositif permettrait de faciliter l’accès aux informations médicales et de réduire le temps d’attente des patients.
De son côté, le président de la Federation of Public Sectors and Other Unions, Vijaye Bundhun, a commenté les critiques du Premier ministre sur la lourdeur administrative. Selon lui, en acceptant ce constat, le ministre de la Santé reconnaît indirectement que son administration ne fonctionne pas correctement.
Il rappelle le rôle joué par les fonctionnaires durant la pandémie de Covid-19 et estime qu’il ne faut pas jeter le blâme sur l’ensemble du personnel. Il appelle à mieux valoriser les employés possédant plusieurs décennies d’expérience et critique l’influence excessive des conseillers dans la gestion des ministères.
Vijaye Bundhun dénonce enfin l’absence d’avancées concernant les salaires, le Pay Research Bureau, les pensions et la compensation réclamée par les employés âgés de plus de 50 ans. Il prévient que, sans mesures correctives, la fonction publique risque de ne plus attirer, alors que plusieurs secteurs, notamment la police, font déjà face à un manque de personnel.
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