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Diagnostic tardif

Sucheeta Ramen s’accroche à la vie malgré un cancer avancé

22 juillet 2026, 13:00

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Sucheeta Ramen s’accroche à la vie malgré un cancer avancé

Perdre 12 kilos en quelques mois, souffrir d’une hypertension incontrôlable, voir son état de santé se détériorer sans comprendre pourquoi… Pour Sucheeta Ramen (photo), connue sous le surnom de «Titos», le parcours vers le diagnostic a été long et éprouvant. Aujourd’hui atteinte d’un cancer du rein métastasé aux poumons et au cerveau, elle livre un témoignage bouleversant sur son combat contre une maladie arrivée à un stade avancé.

Tout commence en 2020, en pleine pandémie de Covid-19. Elle explique avoir constaté une perte de poids brutale et une tension artérielle anormalement élevée. «Je perdais du poids sans arrêt. Ma tension montait jusqu’à 18, 19, parfois 20. C’était devenu mon quotidien», raconte-t-elle. Des examens révèlent un problème de thyroïde, mais selon elle, malgré de nombreuses consultations, la cause réelle de son état n’est pas identifiée.

En décembre 2023, une bosse apparaît sur son front. Une IRM met en évidence une tumeur cérébrale. «Quand ils ont trouvé la tumeur, les délais étaient très longs. Mon état continuait à s’aggraver pendant que j’attendais les résultats.» Plusieurs facteurs médicaux, notamment son hypertension et son déséquilibre thyroïdien, compliquent la possibilité d’une intervention chirurgicale. Elle raconte que les médecins lui auraient expliqué qu’une ablation crânienne de 14 cm serait nécessaire, remplacés par une plaque en titane. «Ma famille était terrifiée par cette opération», ajoutant que son dossier est transféré vers un autre établissement.

Face à la complexité de son cas, le ministère de la Santé finance finalement son transfert en septembre 2024 vers un hôpital spécialisé à Bangalore, en Inde. Les examens révèlent alors un diagnostic beaucoup plus grave. «Les médecins ont découvert que la tumeur provenait en réalité d’un cancer des reins qui s’était propagé à mes poumons et à mon cerveau», explique Sucheeta.

Les spécialistes indiens lui proposent alors une immunothérapie. Toutefois, elle rentre à Maurice avant la fin du traitement et affirme que cette prise en charge n’a pas pu être assurée localement comme prévu. «Mon traitement est resté inachevé. Aujourd’hui encore, je vis avec cette situation.» À son retour à Maurice, des médecins lui auraient demandé quelle «opération fancy, fancy» elle avait subie en Inde, estimant que cela ne correspondait pas à une prise en charge normale.

Ils lui annoncent alors sans ambages que son état est désespéré et que ses mois, voire ses jours, sont comptés. Sucheeta avoue que cela l’a profondément blessée alors qu’elle ne cherchait qu’à poursuivre le protocole initié à Bangalore. En janvier 2025, les médecins lui confirment que son cancer est à un stade très avancé. «Ils m’ont dit qu’il fallait rester réaliste et que je pouvais partir à n’importe quel moment», relate-t-elle avec émotion.

Au-delà de la souffrance physique, c’est un lourd fardeau financier que porte sa famille. Selon Sucheeta, une séance d’immunothérapie coûte entre Rs 150 000 et Rs 200 000 dans le secteur privé à Maurice. Elle indique avoir suivi environ six à sept séances, tandis que ses médicaments de chimiothérapie coûtent près de Rs 22 000 par mois. «Sans ma famille, mes amis et les collectes de fonds, je n’aurais jamais pu continuer à me soigner», souligne-t-elle. Malgré le pronostic défavorable, Sucheeta poursuit son traitement quotidien et refuse de perdre espoir. «Je continue à me battre tant que j’en ai la force.»

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