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Mondial-2026

Les Requins et la nuit de Houston

28 juin 2026, 09:46

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Les Requins et la nuit de Houston

Petit Poucet de ce Mondial 2026, le Cap-Vert affrontera l'ogre argentin au stade des seizièmes de finale. Getty Images via AFP

Ils ont fini le match sans savoir s'ils continuaient. Le Cap-Vert, vendredi soir à Houston, n'a pas gagné. Il a tenu. Trois fois en autant de matches, les Requins bleus — Tubarões Azuis dans la langue de Cesária Évora — ont refusé de céder, contre l'Espagne, contre l'Uruguay, contre l'Arabie saoudite. Zéro but encaissé dans le dernier tiers. Une façon d'avancer qui ressemble moins à un projet qu'à un instinct de survie — et peut-être qu'on ne leur a pas demandé autre chose.

Ces choses-là arrivent, dans ce tournoi plus qu'ailleurs. Le groupe H n'était pas supposé livrer cette histoire-là. L'Uruguay de Bielsa, double champion du monde, éliminé sur une défaite 1-0 contre l'Espagne : on n'avait pas prévu de place pour un archipel de dix îles dispersées dans l'Atlantique, 600 000 habitants, sans championnat professionnel digne de ce nom. On n'avait pas prévu Vozinha.

Ce qu'on retient de ces trois semaines cap-verdiennes, ce n'est pas le spectacle. C'est autre chose, plus difficile à nommer. Une façon d'occuper l'espace, de ne jamais se laisser déborder mentalement même quand le ballon circule chez l'adversaire depuis trop longtemps. Semedo qui s'échappe sur le côté gauche et force Al Owais à se coucher. Des joueurs rassemblés en cercle autour d'un téléphone portable, attendant le résultat de Guadalajara comme on attend un verdict. Puis la libération. Les joueurs cap-verdiens sont tombés à genoux.

L'épopée est déjà là, dans ces trois nuls. Le 4 juillet à Miami, ils joueront contre Messi sans avoir l'air de savoir que c'est impossible. C'est leur force, probablement.

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