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Coupe de la canne

Le manque de main-d’œuvre inquiète les planteurs

7 juin 2026, 17:00

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Le manque de main-d’œuvre inquiète les planteurs

■ À deux semaines du début de la campagne sucrière, la situation de la main-d’œuvre reste préoccupante.

La campagne sucrière 2026 s’étendra du 22 juin à la mi-décembre, avec la mise en opération progressive des principales usines du pays. La récolte est estimée à environ 2,37 millions de tonnes de cannes, pour une production attendue de 225 000 tonnes de sucre, malgré des conditions climatiques marquées par une sécheresse persistante. Cette longue période de coupe et les volumes à récolter mettent en évidence la forte dépendance du secteur à la main-d’œuvre.

Dans ce contexte de tension sur le marché du travail, marqué par un manque de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs de l’économie mauricienne, dont l’agro-industrie, une plateforme en ligne dédiée au recrutement de travailleurs originaires de l’Inde a été lancée le 18 mai par l’Economic Development Board. Accessible via business.edbmauritius.org, elle permet aux employeurs de soumettre leurs demandes en ligne, de suivre les différentes étapes du processus et d’assurer la sélection des candidats jusqu’à la délivrance des permis de travail. Mise en place dans le cadre d’un accord signé en 2023 entre Maurice et l’Inde, cette plateforme vise à rendre le recrutement plus rapide, plus transparent et plus structuré. Les premiers travailleurs recrutés via ce système sont déjà arrivés à Maurice.

D’ailleurs, les agriculteurs ayant besoin de main-d’œuvre étrangère ont été invités par la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA), en janvier, à remplir des formulaires de recensement selon leur activité, notamment pour la canne à sucre, les cultures vivrières ou encore l’élevage. De même, ceux souhaitant recruter et fournir des travailleurs étrangers au secteur agricole ont également été appelés à soumettre leurs informations via un formulaire dédié. Cette démarche s’inscrit dans un processus de collecte de données visant à mieux structurer les besoins en main-d’œuvre du secteur agricole.

La MCIA a également lancé une série de consultations avec les planteurs afin de les informer des modalités d’accès à la maind’œuvre étrangère et combler le déficit saisonnier. Il avait été annoncé en janvier qu’un millier de travailleurs étrangers étaient attendus dans un premier temps, sur un objectif global de 2 500, avec un hébergement prévu dans des infrastructures conformes aux normes internationales situées à Richelieu.

Sur le terrain, toutefois, la situation de la main-d’œuvre reste une préoccupation majeure pour les planteurs. Selon Salil Roy, président de la Planters Reform Association, la situation dans le secteur sucrier demeure inchangée à l’approche de la nouvelle campagne. «Depuis les campagnes de 2024 et 2025, et alors que nous sommes déjà à deux semaines de celle de 2026, la situation reste la même… Il y a toujours un problème de manque de main-d’œuvre qu’il faut résoudre», affirme-t-il.

Il ajoute que les planteurs se concentrent sur la production et estime que les solutions actuellement mises en avant, notamment à travers des dispositifs numériques, sont «trop techniques». Salil Roy appelle ainsi les autorités à importer des travailleurs étrangers en fonction des besoins réels du secteur afin d’assurer la disponibilité de la main-d’œuvre nécessaire à la récolte.

Selon les données de Statistics Mauritius, la production de canne à sucre a augmenté de 5,7 % en 2025 pour atteindre 2 321 704 tonnes, contre 2 195 802 tonnes en 2024. Le rendement moyen s’est amélioré, passant de 63,17 à 68,68 tonnes par hectare, tandis que la superficie récoltée a légèrement diminué de 34 759 à 33 805 hectares. En revanche, la production de sucre a reculé de 2,3 %, passant de 225 547 tonnes à 220 305 tonnes, en raison notamment d’une baisse du taux moyen d’extraction, passé de 10,28 % à 9,49 %.

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