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El Niño

Épisode de plus en plus probable selon la WMO

7 juin 2026, 17:30

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Épisode de plus en plus probable selon la WMO

Un épisode El Niño est de plus en plus probable à l’échelle mondiale au cours des prochains mois. La dernière mise à jour de la WMO, publiée le 2 juin, indique que les conditions observées dans le Pacifique montrent des signes de renforcement. La probabilité d’un épisode El Niño entre juin et août prochain est estimée à environ 80 %, avec une persistance possible jusqu’en novembre dépassant 90 %. Le phénomène devrait atteindre au minimum une intensité modérée, voire forte, même si son évolution exacte reste encore incertaine. Ces prévisions reposent sur une synthèse de modèles climatiques internationaux et sur l’expertise des services météorologiques mondiaux, dans le cadre d’une collaboration entre la WMO et l’International Research Institute for Climate and Society.

Les observations récentes confirment cette tendance. Entre fin avril et mi-mai, les températures de surface de la mer dans le centre et l’est du Pacifique équatorial – zone de référence pour le suivi du phénomène – se rapprochaient des seuils El Niño. Cette évolution est alimentée par des anomalies chaudes sous la surface de l’océan tropical Pacifique, avec des températures dépassant de plus de 6 °C les normales saisonnières. Cette réserve de chaleur contribue au réchauffement de la surface. Parallèlement, l’indice d’oscillation australe, qui mesure la composante atmosphérique du phénomène, confirme des conditions compatibles avec le développement d’un El Niño.

El Niño et La Niña sont deux phases opposées de l’oscillation australe (ENSO), l’un des principaux systèmes climatiques naturels influençant le climat mondial. El Niño se caractérise par un réchauffement des eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Il survient généralement tous les deux à sept ans et dure de neuf à 12 mois. Le phénomène commence le plus souvent entre mars et juin, avant d’atteindre son pic entre novembre et février. Ses effets sur le climat mondial sont généralement plus marqués l’année suivante. Toutefois, son impact varie selon son intensité, sa durée et ses interactions avec d’autres systèmes climatiques, comme l’Indian Ocean Dipole, ce qui explique des effets différents selon les régions.

Même un épisode d’intensité modérée peut augmenter la probabilité d’événements climatiques extrêmes, tels que sécheresses, fortes pluies ou vagues de chaleur. La WMO précise par ailleurs que le terme «super El Niño» ne fait pas partie des classifications officielles. Enfin, s’il n’existe pas de preuve que le changement climatique augmente la fréquence des épisodes El Niño, un climat plus chaud peut en amplifier les effets. Dans ce contexte, la WMO a publié une mise à jour climatique saisonnière intégrant El Niño et d’autres facteurs majeurs, comme l’oscillation nord-atlantique, le mode annulaire austral et l’Indian Ocean Dipole, qui pourrait entrer en phase positive au moment du pic du phénomène.

Pour la période juin à août 2026, les prévisions indiquent des températures supérieures à la normale dans la quasi-totalité des régions du globe, augmentant les risques de stress thermique et favorisant les conditions de sécheresse dans les zones déjà vulnérables. Les régimes de pluie sont typiques d’un épisode El Niño, avec une probabilité accrue d’événements extrêmes, allant de fortes pluies et inondations dans certaines régions à des déficits pluviométriques dans d’autres.

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