Publicité
Sportlight
Madrid sous cloche
Par
Partager cet article
Sportlight
Madrid sous cloche
? © Javier Sorano, AFP
Le Metropolitano avait hérité, mercredi, d’un voisinage encombrant — Paris et le Bayern, vingt-quatre heures plus tôt, cette folie sans laisse devenue la signature des grandes nuits européennes — et il a vécu sa soirée un peu en retrait, comme on parle bas après le passage d’un orage. Atlético-Arsenal n’a pas tenté l’opéra. Simeone et Arteta ont préféré le football qui compte ses pas avant de courir, où la peur de perdre tient parfois lieu de stratégie.
Une heure durant, la rencontre a refusé de s’écrire. Arteta a posé son flegme insulaire sur la pelouse castillane, Simeone a tendu ses filets, et l’on a attendu. Ødegaard a manqué l’invitation de Gyökeres (15ᵉ), Madueke a frôlé le cadre (30ᵉ), avant que le pressing de Rice ne finisse par payer — penalty sans débat, transformé par le Suédois (44ᵉ). Mi-temps anglaise, prise comme on prend une rente.
Simeone, à la pause, a fait du Simeone. Sortir son fils Giuliano pour appeler Le Normand, c’est dire à voix haute ce qu’il ne dit jamais autrement : on ne joue pas pour être aimé. Llorente est remonté de quelques mètres, l’Atlético a retrouvé ses crocs, et le penalty a basculé de l’autre côté : volée de Llorente, main de Ben White, Alvarez en force (1-1, 56ᵉ).
Le match a alors vécu, enfin, le quart d’heure qu’on lui devait. Griezmann sur la barre (63ᵉ), Lookman repoussé par Raya (74ᵉ), et ce second penalty d’abord accordé aux Gunners puis retiré par Makkelie après recours à la VAR. La seconde période a été espagnole, la première avait été anglaise, et c’est ainsi que se construisent parfois ces doubles confrontations — par addition de mi-temps qui ne se ressemblent pas.
On est sorti de Madrid sans savoir grand-chose, sinon que personne n’a fait la différence. Mardi, à l’Emirates, peut-être privés d’Alvarez, les Colchoneros joueront leur revanche ; Arsenal, sa chance. Et c’est très bien comme ça.
Publicité
Publicité
Les plus récents