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Maha Shivaratri
Ecroignard Fayence Socio Cultural Group : «Nos ‘kanwars’ sont soigneusement conservés et réutilisés d’année en année»
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Maha Shivaratri
Ecroignard Fayence Socio Cultural Group : «Nos ‘kanwars’ sont soigneusement conservés et réutilisés d’année en année»
Chaque année, le village d’Ecroignard donne l’exemple à l’occasion de la fête de Maha Shivaratri en plaçant la discipline, le respect et l’engagement collectif au centre du pèlerinage. Les pèlerins d’Ecroignard Fayence Socio Cultural Group se distinguent par leur rigueur et leur esprit de solidarité, des valeurs qui se reflètent pleinement dans les préparatifs en cours.
Dans une ambiance à la fois studieuse et conviviale, les préparatifs battent leur plein. Des feuilles de plastique sont étalées au sol, des morceaux de bois de pin s’assemblent, des ficelles se tendent. Les enfants observent attentivement, tiennent un morceau de bois ou passent les ciseaux. Les femmes découpent, décorent, organisent et préparent le thé pour ceux qui travaillent sans relâche. Ici, nul besoin de grandeur ou d’effet spectaculaire : le groupe fabrique de petits kanwars, légers, simples et soignés, mais profondément porteurs de foi et de discipline partagée. Une signature qui fait la réputation du groupe à travers l’île.

Chaque année , à l’approche de Maha Shivaratri, les membres d’Ecroignard Fayence Socio Cultural Group, anciennement Ecroignard Socio Cultural Group, se réunissent pour préparer ensemble le pèlerinage vers Grand-Bassin. Fondé en 2008, le groupe a commencé à fabriquer ses propres kanwars en 2010. Depuis, cette tradition rassemble hommes, femmes et enfants du village autour d’un projet commun. Au fil des années, différents modèles ont vu le jour : shravan kumar, trishul, swastika ou encore gada, chacun portant un symbole fort lié au Dieu Shiva. Pour 2026, le choix est particulièrement symbolique : le groupe a décidé de recréer le tout premier kanwar fabriqué à ses débuts, un véritable retour aux sources chargé de souvenirs et d’émotion.
Les membres se retrouvent en fin d’après-midi et parfois, tard dans la soirée pour les préparations. Malgré la fatigue, l’atmosphère reste chaleureuse, ponctuée de rires, de souvenirs partagés, de conseils et de petites anecdotes. Les matériaux utilisés demeurent simples : bois de pin, ficelle, plastique, papiers décoratifs et petites lumières. Tout est pensé pour que le kanwar reste léger et pratique à porter durant la longue marche vers Grand-Bassin.


Pour Viki Fokeerchand, assistant trésorier, la fabrication du kanwar va bien au-delà du simple travail manuel. À ses côtés, son fils, Shivam Fokeerchand, observe, participe et apprend. Fier de lui transmettre chaque étape, il insiste sur l’importance de la transmission aux générations futures. «Si nous ne leur montrons pas aujourd’hui, ils ne sauront ni comment faire ni comment respecter la discipline demain», expliquet-il. Chaque geste est porteur d’enseignement : équilibrer la structure, décorer sans alourdir, travailler avec patience et surtout, comprendre la véritable signification du kanwar dans le cadre de Maha Shivaratri. Autour de la structure, la présence des femmes est particulièrement marquante. Manisha Ramparsad Hurloll raconte qu’elles se réunissent quotidiennement depuis plus de deux semaines pour participer à la décoration, découper les feuilles de plastique et préparer les ornements, mais aussi cuisiner pour ceux qui œuvrent sur place.
Que deviennent les «kanwars» après le pèlerinage ?
«Après le Maha Shivaratri, les décorations sont enlevées, et la structure est nettoyée, plastifiée et rangée à l’abri. La plupart des kanwars sont conçus pour être réutilisés les années suivantes», explique Mayoor Sobron, secrétaire du groupe. L’an dernier, le kanwar du groupe mettait en avant une image du Dieu Shiva. Une petite statue placée à l’intérieur avait été offerte par Mayoor Sobron à chacun des membres. Certains l’ont installée à l’entrée de leur maison, d’autres dans leur coin prière, prolongeant ainsi la dimension spirituelle du kanwar bien après le pèlerinage.
Autour des adultes, les enfants ne restent jamais en retrait. Kritish Sohodeb, Kavya Fokeerchand, Yesha Devi Fokeerchand, Tanvi Ramkissoon et Arnav Ramkissoon participent activement : ils tiennent, observent et apprennent. La tradition se transmet ainsi presque naturellement. Pour les membres du groupe, le Maha Shivaratri est également l’occasion de rappeler l’importance de la discipline, de la prudence sur la route et du respect des règlements afin que le pèlerinage se déroule dans le calme et la sécurité.
Ils tiennent aussi à remercier les éboueurs, la police, le personnel de santé, les volontaires, la presse ainsi que toutes les familles et associations qui accueillent les pèlerins le long du parcours. Bientôt, ils prendront la route vers Grand-Bassin, leurs petits kanwars sur les épaules.

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